ENTRETIEN - Florin Berenguer (Melbourne City) : "Une aventure humaine et sportive"

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EXCLU GOAL - L'ancien milieu de terrain de Sochaux (Ligue 2) a signé deux ans à Melbourne City et explique les raisons de son départ en Australie.

En fin de contrat avec Sochaux (L2), Florin Berenguer a décidé de quitter la France pour tenter l'aventure en Australie. Arrivé à Melbourne City à la fin du mois d'août, le milieu de terrain de 29 ans a repris l'entraînement avec ses nouveaux coéquipiers la semaine dernière. Pour Goal, il donne les raisons qui l'ont poussé à relever ce challenge et se montre enthousiaste à l'idée d'évoluer dans le championnat australien où jouent d'autres "Frenchies" comme Éric Bauthéac.

Comment se passent vos premiers jours en Australie ?

Florin Berenguer : Tout se passe très bien. Je viens de participer à ma première semaine d'entraînement. Le niveau est bon, je suis agréablement surpris. Il y a de l'intensité, des duels, mais d'un point de vue technique ça joue bien au ballon, ça relance propre de derrière. Il y a de bons joueurs. Dans l'équipe, je suis le seul français, mais ce n'est pas plus mal. Pour l'apprentissage de l'Anglais, ça va peut-être me permettre d'accélérer.

Quand et comment ont été noués les premiers contacts avec Melbourne City ?

Ça s'est fait un peu sur le tard. Un scout du City Football Group m'a contacté et m'a mis en relation avec un autre basé à Manchester. Je parlais avec lui pour qu'il fasse le relais avec Melbourne City. J'ai eu le coach au téléphone. Ce n'était pas facile parce que je ne parle pas anglais couramment. En France, j'avais quelques propositions et il fallait que je me positionne parce qu'on arrivait en fin de mercato. C'était long, ça a mis du temps à se décanter. J'ai relancé Melbourne, on a fait le point. Ils m'ont fait une offre et on s'est mis d'accord. Après, tout s'est passé très vite. On a dû se mettre d'accord le mardi, le jeudi il fallait que je fasse ma demande de Visa. Je l'ai reçu le samedi et le dimanche on prenait les billets d'avion.

Avez-vous pris des renseignements sur l'Australie et son championnat auprès de joueurs français comme Éric Bauthéac (Brisbane Roar) ?

Je l'ai eu au téléphone au moment des premiers contacts. J'ai pu lui demander son ressenti sur la ville. Lui, il est à Brisbane et m'a dit que c'était un peu plus la Côte d'Azur pour la météo. À Melbourne, il fait tout de suite 12-15 degrés de plus à cette période. On a aussi parlé du championnat et il m'a tout de suite dit que c'était difficile de comparer avec la France. Ce n'est pas du tout la même approche, ça ressemble plus au championnat anglais avec des joueurs box-to-box, assez physiques.


"Le personnel et les infrastructures valent une très belle Ligue 1"


Aller en Australie à 29 ans n'est pas un choix commun. On imagine que ça n'a pas été une décision facile...

Ce n'était pas ma priorité à la base. J'ai eu d'autres propositions, mais qui ne m'ont pas convaincu. Quand il y a eu cet appel de Melbourne, j'ai vraiment commencé à y réfléchir. J'en parlais de plus en plus. J'ai fait le point avec ma femme, et je n'avais que de bons retours de l'Australie. Là-bas, la mentalité des gens est assez exceptionnelle. Alors je me suis dit 'pourquoi ne pas profiter du foot pour vivre une aventure humaine, même pour mes enfants'. Ils vont pouvoir apprendre l'anglais et ça leur servira pour plus tard. En plus de ça, j'ai vraiment senti quelque chose de très professionnel à Melbourne. Pour moi, c'était la décision à prendre. Et je ne regrette pas du tout ce choix, parce que je pense que le personnel qui travaille au club, et les infrastructures valent une très, très belle Ligue 1.

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Florin Berenguer Sochaux

Cette idée d'aventure humaine semble importante à vos yeux...

Une aventure humaine, oui, mais c'est aussi une aventure sportive. En Ligue 2, je connaissais le niveau et presque tous les stades. Je commençais à être usé de ça, j'avais besoin de voir autre chose. En une semaine, j'ai déjà observé une autre manière de travailler et je ne pense pas que ce choix me fera défaut. Je pense même qu'il va me faire progresser. Je vais engranger de l'expérience qui pourrait me permettre de passer des paliers pour la suite. Ce n'est vraiment pas un choix de fin de carrière. 

Ne craignez-vous pas de sortir des radars des recruteurs, en France par exemple ?

Honnêtement, non. En tout cas, je ferai tout pour que ça n'arrive pas. Et puis, je n'ai que 29 ans. Je n'ai pas 35-36 ans. J'espère avoir encore de belles années devant moi.


"J'ai de gros challenges ici, à Melbourne"


Vous avez signé deux ans, cela signifie-t-il que vous partez dans l'idée de faire deux ans là-bas avant de revenir ?

Je ne vois pas ça comme ça. Dire que je vais faire mes deux ans, vivre mon aventure humaine et rentrer en France n'est pas l'objectif. Je ne suis fermé à rien. Si ça se passe bien, je pourrais très bien envisager de rester plus longtemps en Australie.

Le fait d'avoir intégré un groupe qui compte aussi New-York City FC peut-il vous ouvrir les portes de la MLS à l'avenir ?

Je ne me suis pas projeté aussi loin. Le championnat démarre le 20 octobre. Je vais me concentrer sur les semaines qui arrivent pour être à 100% à la reprise du championnat. J'ai déjà de gros challenges ici, à Melbourne. Il va falloir répondre présent. J'ai intégré un super groupe et je ne vois pas plus loin pour l'instant.

On ne peut pas évoquer la suite sans revenir brièvement sur votre départ de Sochaux. Comment cela s'est-il passé pour vous ?

Le coach en place (Peter Zeidler, ndlr) voulait me conserver, mais on ne savait pas s'il allait rester. On lisait que les Espagnols arrivaient, mais un mois avant la fin de la saison je n'avais toujours pas de nouvelles du club. Ils ont fini par me contacter. C'était pendant les vacances. Je suis allé rencontrer les Espagnols, ils m'ont fait une proposition, je ne le cache pas. Mais c'était un peu flou et au final, on n'a pas du tout parlé sportif. Le peu d'échanges qu'on a eus tournaient autour du contrat et du salaire. Ça n'a pas répondu à mes questions sur leurs objectifs et ce qu'ils voulaient faire. Du coup, j'ai pris la décision de ne pas accepter la prolongation et de voir ailleurs.

Vous en gardez de bons souvenirs quand même...

Oui, j'en garde de bons souvenirs. J'ai passé mes quatre dernières années à Sochaux et c'est une fierté d'avoir pu porter ce maillot à Bonal, sachant que j'ai été formé là-bas et que je n'avais pas réussi à sortir professionnel à l'époque. En revanche, quand je me suis engagé, Peugeot était encore là. Il y a eu du changement depuis, et aujourd'hui c'est plus difficile de se reconnaître dans les valeurs du club qu'on a connu par le passé. Mais à aucun moment je ne regrette mes années à Sochaux.

Propos recueillis par Benjamin Quarez

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