Entretien - Bayern Munich-PSG, Grace Geyoro : "Avec la défaite des garçons, le regard va se porter sur nous"

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EXCLU GOAL - Le PSG a encore espoir d'être champion d'Europe cette année. Les filles défient le Bayern Munich ce jeudi en quart de finale.

Elle vient de prolonger son contrat avec le Paris Saint-Germain jusqu'en 2021. À 19 ans, Grace Geyoro est la révélation féminine parisienne de la saison. La milieu de terrain aborde pourtant son cas avec beaucoup de recul et d'ambition. Pour tenter d'aller décrocher un titre de championne d'Europe avec le PSG. Dans cette quête, le club parisien se frotte au Bayern Munich ce jeudi en quart de finale. Avec un match aller en Allemagne.

Une éclosion en club et en sélection, un quart de finale de Ligue des champions, ça ressemble à une saison de rêve pour vous ?

Grace Geyoro : Je me sens bien en ce moment c'est vrai. Je ressens un peu de fatigue avec l'enchainement sélection-club, mais j'arrive à bien récupérer. Je ne m'attendais pas à vivre une année comme ça. Tout est allé très vite avec l'entraîneur (Patrice Lair, ndlr) qui m'a fait confiance. C'est comme ça que j'ai pu montrer mes qualités pour ensuite être appelée en équipe de France. C'est comme ça aussi que je peux être titulaire au PSG maintenant.

La saison aurait pu être encore plus belle, sans ces quatre points perdus administrativement à Albi...

On a pris un petit coup au moral quand c'est arrivé. C'est normal. D'ailleurs, on perd contre Montpellier juste après la décision de la fédération... Le plus dur, c'était de rebondir. On a su le faire. Maintenant, l'objectif va être cette Ligue des champions et la Coupe de France.

Qu'est-ce qui manque au club pour aller détrôner les lyonnaises ?

Un peu plus d'audace je pense. Ne pas avoir peur, juste jouer notre jeu. Lyon est une très grande équipe et on peut avoir peur quand on voit cette équipe. Mais c'est le danger. La victoire contre Lyon a fait beaucoup de bien dans les têtes. On n'est peut-être pas plus fortes, mais sur un match, on a montré qu'on avait le niveau. On peut le refaire.


"Jouer au Parc des Princes, c'est un rêve"


Vous allez jouer un quart de finale contre le Bayern Munich ce jeudi, à quel genre de match vous attendez-vous ?

Cela va être un match très serré je pense. C'est une belle affiche, avec toutes les conditions réunies pour être au top de notre forme. Le plus important, c'est d'aller marquer là-bas pour être bien pour le retour au Parc des Princes (29/03). On ne connait pas beaucoup cette équipe, on sait qu'il y a de très grandes joueuses.  

Justement, jouer ce match retour au Parc des Princes, c'est un plus ?

Ca me fait rêver de jouer là-bas. On a fait un shooting la semaine dernière, c'était déjà énorme. C'est l'un des plus beaux stades de France. On aimerait bien jouer tous les matches au Parc. Quand on voit les garçons, on se dit "pourquoi pas nous ?". On a envie de jouer dans ce genre de stade. Mais on commence à y arriver et ça montre l'évolution du football féminin au club. Déjà, on joue au Camp des Loges et plus à Charléty. C'est une évolution. 

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Grace Geroyo - PSG

Être championnes d'Europe, c'est vraiment possible ?

Bien sûr. Il faut y croire jusqu'au bout. Il faut se dire que nous aussi on est une grande équipe et que l'on peut avoir une place dans cette Ligue des champions.

Avec la défaite des garçons en 8es de finale, avez-vous le sentiment d'être plus regardées ? 

Il faut s'attendre à ce que les gens nous parlent de ça. Le regard va se porter un peu plus sur nous, surtout au club. Mais c'est un cas différent. Les garçons ont joué face au Barça, il ne faut pas l'oublier. Ils ont fait un super match aller, ils auraient pu faire mieux au retour. Nous, on verra dès le premier match comment ça va se passer.


"Je ne me suis jamais dit que ça allait trop vite pour moi"


Comment se sont passés les débuts en équipe de France ?

Très bien. On vient de terminer un tournoi aux Etats-Unis qu'on a remporté face à l'Allemagne, l'Angleterre et les Etats-Unis. Ce n'est pas rien, car ce sont trois grosses nations. On a abordé les matches avec beaucoup de sérieux. Le fait d'avoir gagner vient récompenser ce que l'on essaye de mettre en place en sélection. Personnellement, j'ai joué un peu en défense en sélection, je le fais moins en club. C'est un poste qui me plait, même si je préfère jouer milieu défensif. Si Olivier Echouafni m'a mis là, c'est qu'il pense que j'ai les qualités pour. 

Vous avez pu prendre des conseils auprès de Laura Georges, qui joue avec vous au PSG ?

J'ai parlé avec elle avant les matches. J'avais Wendy Renard aussi à côté de moi. Quand deux joueuses comme ça vous parlent beaucoup, vous êtes tout de suite plus à l'aise. J'ai aussi parlé avec Amandine Henry, qui est venu au PSG pendant deux mois. Elle m'a donné beaucoup de conseils sur mon jeu long et sur mon positionnement. C'est sur ça qu'on travaille aussi avec le coach. Voir plus loin. J'ai trop tendance à jouer avec celles qui sont à côté de moi.

On dit que vous êtes la force tranquille du groupe, ça vous décrit bien ?

On me dit souvent que je suis sereine sur le terrain, que je n'ai pas de pression. Je ne m'en rends pas forcement compte, c'est juste mon style de jeu. Je joue simple, je ne prends pas forcement de risque. C'est un défaut comme une qualité. J'ai de la pression, parce que je joue au PSG à 19 ans et c'est de la pression. Tout est allé très vite depuis que je suis arrivé de Châteauroux, mais je ne me suis jamais dit que ça allait trop vite. Au contraire. J'ai su saisir les opportunités que l'on m'a données. C'est une juste récompense. 

Propos recueillis par Loïc Tanzi

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