Englué dans la crise à Monaco, Thierry Henry peut-il la jouer comme Didier Deschamps ?

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(C)Getty Images
Le début de carrière d'entraîneur de Thierry Henry sur le Rocher éveille les souvenirs du cauchemar vécu par Didier Deschamps à ses débuts.

Quand le ciel s'assombrit, il faut parfois se rattacher à une étoile, un point de lumière, pour continuer à voir clair. Dimanche soir, Thierry Henry est devenu le premier entraineur de l’AS Monaco à ne gagner aucun de ses quatre premiers matches de Ligue 1 depuis Didier Deschamps il y a dix-sept ans. Dans le marasme actuel, le possible parallèle entre les deux champions du monde est un motif d'espoir.

Un apprentissage dans le dur

Lorsqu'ils se sont retrouvés sur le Rocher le mois dernier pour assister à un match de Ligue 1, Didier Deschamps et Thierry Henry, détendus et complices, n'auraient certainement pas imaginé la photographie de ce mois de novembre. Monaco était déjà en déliquescence, mais l'effectif monégasque, qui compte aujourd'hui une quinzaine de blessés, était un peu plus garni durant les dernières semaines de l'ère Jardim. De la même manière que son ancien capitaine, Thierry Henry apprend donc dans le dur pour ouvrir le premier vrai chapitre de sa deuxième vie.

Il faut peut-être rembobiner un peu le film de l'histoire du club, d'ailleurs, pour voir si cette comparaison a du sens. Didier Deschamps avait pris les commandes de l'AS Monaco en juillet 2001. Thierry Henry a été propulsé entraîneur en octobre 2018. Comme Henry, Deschamps faisait ses premiers pas sur un banc d'entraîneur. Comme Henry, il incarnait une ambition, une audace, pour ouvrir une page nouvelle après une grande conquête, dans ce qu'on peut considérer en football de haut niveau comme les périodes les plus dangereuses, souvent - Monaco avait été sacré champion de France au terme de la campagne 1999-2000, un peu plus d'un an avant la saison des doutes. Comme Henry, Deschamps a tout gagné dans sa carrière de joueur. Et comme Henry, donc, Deschamps n'a rien gagné lors des quatre premiers matches de sa carrière d'entraîneur. 

Thierry Henry Didier Deschamps

Pourtant, l'analogie n'est pas totale, non plus. L'environnement est le même, pas le contexte. Arrivé à l'intersaison, Didier Deschamps avait plus de latitude pour planifier son année, là où Thierry Henry a pris la succession de Leonardo Jardim quand l'ASM était déjà dans les bas-fonds du classement. Les cadres de l'époque (Shabani Nonda, Marcelo Gallardo ou encore Marco Simone) n'inquiétaient peut-être pas autant que ceux d'aujourd'hui, sportivement parlant. Sur le plan relationnel, c'était autre chose. La première année de Deschamps coach s'était déroulée sur fond de conflits, notamment avec l'Italien Marco Simone, qui avait publiquement exprimé son inimitié avec le sélectionneur des Bleus des années plus tard. En résumé, Thierry Henry croule sous les problèmes, mais son casse-tête est différent.

Vadim Vasilyev rappelle la comparaison

Malgré tout, il n'y a pas de hasard à ce que Didier Deschamps ait été interrogé sur la situation de son cadet, ce lundi, en conférence de presse. Le sélectionneur n'a pas mis les mains dans le cambouis, mais il n'a pas rien dit non plus, envoyant un signal à Thierry Henry. "Je n'ai pas de conseil à lui donner. Il subit la situation compliquée. Il est dans le dur. Ce n'est jamais évident de débuter comme ça. Il maîtrisera davantage ce genre de situations dans le futur. Il est plein de détermination et d'envie. Il faut qu'il aille au bout de ce qu'il a en tête. Il ne doit pas avoir le sourire ce matin... Bienvenue dans la sphère entraîneur, un métier très difficile. Le meilleur est à venir, c'est tout ce que je lui souhaite". En creux, Deschamps appelle à voir plus loin.

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PS Vadim

Vadim Vasilyev n'a pas dit autre chose, rappelant que Thierry Henry était tout sauf un pari pour du court terme. "Il y avait deux possibilités. Soit une personne d’expérience capable de booster l’équipe à court terme, soit du long terme", a expliqué le dirigeant russe à Nice-Matin. "Pour nous, Henry était le candidat parfait pour le long terme. On a discuté avec le président et on savait qu’il pouvait y avoir des moments difficiles au début. On était prêt à assumer ça. C’est normal. Il faut du temps pour mettre ses idées en place. Deschamps a fini 15e la première année...".

Didier Deschamps avait effectivement terminé à la quinzième place au terme de sa première année d'entraîneur, à quatre points du premier relégable, à une époque où le championnat de France se limitait encore à dix-huit écuries. Deux ans plus tard, il avait failli grimper sur le toit de l'Europe en menant une bande de jeunes loups affamés en finale de Ligue des champions. Bien-sûr, Thierry Henry n'en est pas là. Mais par les temps qui courent, le point de lumière brille plus que jamais.

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