En s'imposant face à Naples, la Juventus Turin a montré qu'elle avait encore faim

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La victoire de la Juventus Turin sur la pelouse de Naples est un signal fort envoyé à la concurrence, il faudra encore compter sur la Vieille Dame.

Les jugements sur la Juventus Turin version 2017-2018 se rejoignent souvent sur un point : l'équipe dirigée par Massimiliano Allegri ne possède pas autant de qualité individuelle que par le passé en raison des pertes de Leonardo Bonucci, qui a rejoint l'AC Milan, et de Daniel Alves, qui a pris la direction du PSG afin d'aider le club francilien à remporter la Ligue des champions. Vendredi soir au San Paolo, la Vieille Dame, qui comptait quatre points de retard sur Naples avant le coup d'envoi, était attendu au tournant. Et elle a répondu de la meilleure des manière en usant d'un caractère digne d'une sextuple championne d'Italie consécutive.

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Elle ne sera jamais l'équipe louée pour la qualité de son jeu, au contraire du Naples de Maurizio Sarri, leader invaincu avant la rencontre, mais la Juve a su jouer le match qu'elle voulait jouer. En privant son opposant d'espaces, opérant bas avec un pressing alternatif, elle a totalement annihilé le football de l'équipe locale. C'est propablement le Naples le plus stérile jusqu'ici qui a été vu vendredi et cela en revient surtout au pragmatisme de Massimiliano Allegri. En alignant Blaise Matuidi et Kwadwo Asamoah, le natif de Livourne a opté pour une grande densité physique, permettant à son équipe de gérer au mieux l'infernal rythme qu'impose en général Naples.

De plus, le travail de l'ombre effectué par Paulo Dybala sur Jorginho a été vital dans le but de réduire au maximum l'intensité proposée par les joueurs du San Paolo. Dans les colonnes de Marca, Xabi Alonso a reconnu que Jorginho était un élément clé : "Je m’identifie à son poste, il fait partie pour le moment des joueurs qui ne sont pas parmi les plus connus du circuit. Mais son implication permanente dans le jeu est remarquable. Il donne des alternatives à ses coéquipiers, il crée de la dynamique. Pour Naples, c'est parfait." Et le milieu de terrain n'a que rarement reçu le ballon dans des conditions optimales grâce au pressing constant de Dybala et, de fait, Naples n'a pu exercer sa domination dans le secteur du milieu de terrain. 

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Massimiliano Allegri Juventus coach

Si un adjectif caractérise la Juventus Turin, c'est le caractère. Une qualité qui n'a pas manqué à Douglas Costa, à l'origine du but inscrit par Gonzalo Higuain. En récupérant une mauvaise transmission d'Insigne près de sa surface, l'ancien ailier du Bayern Munich a su mener un contre de façon brillante, et s'est sacrifié durant le reste de la rencontre en occupant un rôle bien plus défensif que de coutume, parfois en tant que second latéral devant Insigne. "En première mi-temps, nous nous sommes bien comportés sous la pression et nous avons eu tendance à nous en libérer, tandis qu'en seconde période, nous avons réussi à ralentir les mouvements de Naples", a indiqué Massimiliano Allegri en conférence de presse après la rencontre. Dans la même lignée, Gianluigi Buffon a lui montré une grande satisfaction après ce qui pourrait être un véritable point d'inflexion dans la saison de la Juve : "Nous savons que dans certaines conditions, nous sommes encore "nous "- mais ce n'est pas facile de le faire tous les trois jours, car cela implique une énorme quantité d'énergie. Pourtant, nous sommes toujours là et c'est un gros signe." 

La Juventus Turin, à travers une grande discipline tactique et un ADN de la gagne permanent, est parvenue à faire déjouer Naples comme peu d'équipes ont su le faire ces dernières années. Massimiliano Allegri voulait priver Naples d'espaces en minimisant l'intensité des mouvements de l'équipe de Sarri et a su le réaliser. Sextuple championne d'Italie en titre, la Juventus Turin n'a jamais paniqué mentalement  en maîtrisant le rythme de la rencontre. La concurrence est prévenue : cette Vieille Dame a encore faim.

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