Du Leclerc Drive à la Ligue 2 : la nouvelle vie de Romain Basque (Quevilly-Rouen)

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Capitaine de QRM alors qu'il cumulait football et petit boulot il y a un an et demi, Romain Basque poursuit son petit bonhomme de chemin en Ligue 2.

On a coutume de dire que tout va très vite dans le football. Pour Romain Basque (22 ans), le dicton s'est confirmé ces derniers mois, propulsant le milieu de terrain de QRM du National à la Domino's Ligue 2. Un changement de vie pour celui qui cumulait encore entraînements et petit boulot au Leclerc Drive il y a un an et demi. "La saison dernière, plus les matches passaient, plus je me disais que c'était possible, raconte pour Goal l'ancien joueur du FC Rouen. Les gens ici me disent que j'ai totalement changé de vie. Je réponds que oui, forcément. Je me levais à 7h, j'allais travailler, puis j'enchainais avec les entraînements le soir. C'est quelque chose que je ne regrette pas parce que ça m'a forgé mentalement." Ses meilleurs amis, Emmanuel et Anthony, s'en souviennent bien et expliquent qu'avec la charge de travail, ce n'était pas simple pour lui. "C'était l'un des seuls qui bossait. Il rentrait le soir, il était rincé", précisent-ils, soutenus par leur ancien collocataire, bien décidé à ne pas faire machine arrière. 

Au Paris FC, Kerrouche a pris le bon wagon

"C'est important de savoir où tu ne veux pas retourner", explique Romain Basque. Je n'ai plus envie de passer par cette étape. Aujourd'hui, je suis fier d'être footballeur professionnel et de faire de ma passion un métier." Auteur de son premier doublé en Ligue 2 la semaine passée sur le terrain de Bourg-en-Bresse (3-5), celui que ses amis surnomment "Tirom" a même été promu capitaine par Manu Da Costa, son entraîneur. Un nouveau tournant dans sa jeune carrière. "C'est quelque chose d'important, mais ce n'est pas une fin en soi. Ce qui m'a le plus surpris, c'est qu'il me l'a donné à un moment où on était en difficulté", commente l'intéressé, presque gêné : "Aujourd'hui, je n'ai que 20 matches de Ligue 2 alors que dans le vestiaire il y a des joueurs qui ont presque toute une carrière à ce niveau. Je suis heureux d'avoir le brassard dans mon club formateur et dès que je dois prendre la parole, je le fais. Mais dans le vestiaire, je reste à ma place et les leaders sont ceux qui ont plus d'expérience."

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"J'ai envie de rester moi-même, tout simplement..."

Romain Basque va même plus loin et assure que pour lui "le capitaine reste Stan Oliveira". Il ajoute que si Oliveira devait récupérer le brassard, il ne le prendrait "pas mal du tout". Un discours en accord avec son caractère. "Il a la tête sur les épaules, il sait d'où il vient", rassure Anthony, qui peut compter sur le soutien de son ami presque chaque week-end à l'occasion des matches de son équipe, Saint-Nicolas d'Aliermont (R2), où Romain Basque a débuté. "Il reste discret, il ne se fait pas forcément voir. Il est là au bout du terrain, à regarder ses copains jouer", explique Loïc Beaucamp, le président du club. Ce à quoi le joueur de QRM répond : "J'ai envie de rester moi-même, tout simplement. Quand je vois des petits qui me demandent de signer des autographes, ça me dérange. Mes amis le savent bien. Je n'ai pas envie d'avoir cette étiquette de star. Je reste moi-même, ouvert à tout le monde. Et quand je vois le président, je ne change pas. Je suis un garçon qui a gardé ses valeurs même si j'ai signé pro."

Romain Basque Ligue 2 QRM

Dans ce club, où l'ancienne joueuse du PSG Océane Daniel (Fiorentina) a également évolué, Romain Basque prend conscience de son changement de statut. "Romain n'a pas l'habitude de ça, mais il prend conscience que dans la région il commence à être connu, confirment Emmanuel et Anthony. Il ne conçoit pas qu'on puisse vouloir prendre des photos avec lui. Il ne vient pas pour faire la vedette. C'est quelqu'un d'assez réservé qui n'est pas habitué à ça", ajoutent-ils, fiers de sa réussite. De son côté, Romain Basque n'a qu'un objectif en tête : "maintenir QRM en Ligue 2". Alors, quand bien même des clubs de l'élite le surveilleraient (Dijon, Angers), il n'entend pas se laisser distraire. "C'est encourageant d'avoir des intérêts de clubs de Ligue 1. Forcément, quand on est en Ligue 2, on a envie de goûter à l'élite. Mais aujourd'hui, je suis pleinement concentré sur la fin de saison avec mon club (18e, ndlr)." Une conclusion à son image. Sans enflammade, avec humilité, et toujours pour le bien du collectif.

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