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Brésil - Soutenu par Ronaldinho, Rivaldo et Lucas Moura, le candidat d'extrême-droite Jair Bolsonaro remporte l'élection présidentielle

09:25 UTC+1 29/10/2018
Bolsonaro
Élu avec 55,13 % des voix, le dirigeant de 36 ans a pu compter lors de sa campagne sur de nombreux soutiens de la part des footballeurs brésiliens.

Plus de 30 ans après Socrates et le développement de la démocratie corinthienne, le football est de nouveau devenu un théâtre d'expression politique avec de nombreux joueurs mobilisés, cette fois-ci, pour une toute autre cause. Jair Bolsonaro, candidat d'extrême-droite, a été élu président du pays sud-américain avec  55,13 % des voix contre son adversaire de gauche, Fernando Haddad, qui défendait les idées de l'emblématique Lula, dans la tourmente judiciaire depuis plusieurs années. 

Alors que le Brésil n'a plus connu la dictature militaire depuis 1985, le virage sécuritaire désiré par celui qui se déclare supporter de Palmeiras et de Botafogo interpelle. Ses positions envers les minorités (femmes, noires et LGBT) n'ont pas empêché certains footballeurs de lui témoigner son soutien, à l'image de Ronaldinho sur les réseaux sociaux. "Pour un Brésil meilleur, je désire la paix, la sécurité et quelqu’un qui nous redonne de la joie. J’ai choisi de vivre au Brésil et je veux un Brésil meilleur pour tous", déclarait ainsi l'ancienne star du PSG et de Barcelone. Un message vivement apprécié par Bolsonaro. 

Afin de comprendre cette affection des professionnels du ballon rond envers celui qui est surnommé le "Donald Trump tropical", il faut se pencher du côté de la religion. Les évangélistes, qui ont soutenu Bolsonaro durant la campgne, comptent près de 44 millions de fidèles au pays auriverde, rassemblent de nombreux footballeurs. Ronnie n'est ainsi pas le seul à avoir dévoilé publiquement son affection pour l'ancien militaire. Tour à tour, Felipe Melo, Marcelo (Lyon), Rivaldo, Jadson, Carlos Alberto ou encore Lucas Moura ont indiqué leurs intentions en faveur de Bolsonaro.

À ce sujet, l'attaquant de Tottenham n'a pas hésité à répondre à certains détracteurs qui le critiquaient pour ses positions politiques. "S'il était vraiment raciste, il serait en prison. Je vous vois l'accuser gratuitement sans argument (...) Vous voulez faire quoi face aux bandits ? Il ne promeut pas la violence, il promeut la justice et le fait que les malfrats aient peur de la police."

Juninho :  "Nous venons d’en bas"

Cependant, le nouvel homme fort du Brésil compte quelques opposants dont Juninho, l'ancien milieu de terrain de l'Olympique lyonnais. Dans un entretien accordé à El Pais avant l'élection, l'expert des coups francs se disait interpellé voir choqué des choix politiques de ses compatriotes et anciens coéquipiers. "Je m’énerve quand je vois un ex-joueur de football voter pour l’extrême droite. Nous venons d’en bas, nous avons été élevés au sein du peuple. Comment l’oublier ? Comment être de ce côté ?"

Par rapport à Neymar, toujours considéré comme une idole vivante dans son pays, le message est plus incertain. Interrogé par la chaîne brésilienne Esporte Interativo, la star du Paris Saint-Germain a juste indiqué vouloir la situation du Brésil s'améliorer dans les mois à venir. "J’étais en train de regarder les résultats dans le vestiaire. J’espère que Dieu l’utilisera pour aider notre pays. J’espère que la volonté de Dieu sera faite."