Bilan moyen, aucun trophée, Klopp souffle le chaud et le froid à Liverpool

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Malgré un style de jeu spectaculaire, Jurgen Klopp n'a pas montré qu'il pouvait rendre à Liverpool son lustre d'antan. Les fans s'impatientent.

Samedi soir, en tombant à domicile contre West Bromwich Albion en 16es de finale de la FA Cup (2-3), Liverpool laissait très probablement filer sa dernière chance de remporter un trophée cette saison. En supposant que le parcours en Ligue des Champions ne débouche pas sur un sacre inattendu comme en 2005, les Reds s'apprêtent à enchainer une sixième année blanche consécutive. Il faut remonter aux années 70 pour trouver la trace d'une telle période de disette de la part des Merseysiders. En tant que manager de l'équipe, Jurgen Klopp endosse inévitablement une partie de la responsabilité de cet échec. Et ce n'est pas sans conséquence sur sa cote auprès des supporters de l'équipe.

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Cela fait deux ans et trois mois que Klopp est arrivé à Liverpool. En s'installant dans le Nord-Ouest de l'Angleterre, le coach allemand avait suscité beaucoup d'espoirs et d'enthousiasme chez les fans. Ce qui était parfaitement compréhensible au vu de son CV et du style avec lequel il fait évoluer ses équipes. Le temps a filé depuis et le constat qui s'impose c'est que son palmarès chez les Reds est encore vierge de tout titre. Sa crédibilité, bâtie essentiellement en Bundesliga, est en train de s'effilocher progressivement et tout Klopp qu'il est, il n'est pas sûr qu'il puisse résister longtemps au fait que son projet ne permet pas de dépoussiérer le musée du club.

En terme de résultats, il ne fait pas mieux que Rodgers

Klopp souffre donc de la comparaison avec ses prédécesseurs, y compris avec Brendan Rodgers. Le technicien nord-irlandais avait cédé sa place au bout de trois années passées au club et sans le moindre trophée. Mais son mérite est d'avoir manqué d'un rien la conquête du titre de champion en 2014. De plus, le pourcentage de victoires affiché par Klopp après 91 matches sur le banc de Liverpool n'est que très légèrement supérieur à celui affiché par l'actuel manager de Celtic au bout du même nombre de rencontres (53% contre 52%). Même s'il est difficile de comparer deux périodes bien distinctes, force est de reconnaitre que Liverpool n'a pas beaucoup avancé depuis 2015.

Dans son ancien club, le BVB, Klopp a remporté le championnat dès sa deuxième saison. À Liverpool, il ne peut toujours pas aspirer à le faire alors qu'il bouclera en octobre prochain sa troisième année au club. Et ce n'est pas faute d'avoir mis tous les moyens à sa disposition puisque sous sa houlette les quintuples champions d'Europe ont déboursé la bagatelle de 247M€. La plupart des renforts qu'il a demandés, il les a eus. Et au rayon des départs, il n'y a eu qu'une seule perte significative, à savoir celle de Philippe Coutinho.

Jurgen Klopp Philippe Coutinho Liverpool

Le tableau n'est pas si noir

Doit-on pour autant déduire que le choix de Klopp a été mauvais ? Probablement pas. D'abord, parce qu'il n'est pas responsable de tous les maux. Et aussi parce qu'avec lui, il y a beaucoup de domaines dans lequel les Reds ont progressé. Comme les performances de l'équipe face aux cinq meilleures équipes du championnat (Man United, Man City, Chelsea, Arsenal et Tottenham). Il n'y a que trois revers concédés en 25 matches joués, pour un taux de victoire de 40%. Les résultats face aux petits comptent aussi, mais ce chiffre-là met clairement en lumière la faculté qu'a cette formation à regarder les ténors du championnat droit dans les yeux. Ce qui a rarement été le cas depuis 2009, l'année du record de points de LFC en PL.

Le technicien allemand pourrait être blâmé pour ne pas avoir mené très loin ses troupes dans les Coupes nationales. Mais, ces compétitions figurent-elles comme des priorités pour les principaux cadors de PL ? Sont-elles compatibles avec le fait de disputer à la fois la Ligue des Champions et une place dans le Big Four ? Répondre par la négative ne serait pas incongru. D'aucuns relèveront qu'en donnant de l'importance à la Cup, Arsenal a su conquérir trois trophées en quatre ans, mais dans ce cas il faudra aussi souligner que cette période a aussi coïncidé avec la régression de l'équipe londonienne en championnat. Même avec des effectifs pléthoriques, il apparait nécessaire de se fixer des priorités. Klopp a semble-t-il choisi les siennes cette saison (élimination dès le 2e tour en League Cup et en FA Cup), en tirant notamment les leçons de sa première année à Anfield. Là où en voulant jouer la League Cup et la Ligue Europa à fond, il avait largement manqué la qualification en Champions League (8e).

Des signes évidents d'une progression

L'autre point qui plaide à la décharge de Klopp c'est qu'avec lui, Liverpool produit un football plus spectaculaire qu'auparavant, à défaut d'être plus efficace. Les supporters de l'équipe ne se sont ennuyé que rarement cette saison et la deuxième place au classement des attaques du championnat en est la preuve. Malheureusement, cela se fait parfois au détriment de la défense mais les 18 matches d'affilée sans défaite entre octobre et janvier (la plus longue série depuis 2008) démontrent aussi que les Reds savent également faire la part des choses et être constants sur la durée. 

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Roberto Firmino, Jürgen Klopp 05172016

Enfin, là où Klopp est à féliciter, c'est qu'il arrive à améliorer ses joueurs individuellement. On pense principalement à Roberto Firmino, devenu l'un des meilleurs attaquants d'Europe, à Mohamed Salah, qui brille beaucoup plus que lors de son premier passage en Angleterre, à Adam Lallana, devenu l'un des meilleurs joueurs anglais à son poste, ou aux latéraux Trent Alexander-Arnold et Alberto Moreno. Sur la table de la dissection, et avant de porter un jugement définitif sur le travail fait par l'entraineur, ces points-là ne peuvent être passés sous silence.

En somme, le séjour de Klopp sur les bords de la Mersey ne se passe pas de manière aussi idyllique que pressentie au début. Avec Brendan Rodgers, il est aussi le seul technicien de l'ère-PL à être resté plus d'un an à Liverpool sans rien gagner. Mais, tout n'est pas à jeter et il y a beaucoup de signes encourageants qui laissent penser que ça ne peut qu'aller en s'arrangeant. Même si un trophée récolté en douze ans c'est trop peu pour un club de cette envergure, il est parfois plus prudent de laisser un coach aller au bout de son projet plutôt que de tout chambouler de nouveau et sans aucune garantie que les jours glorieux soient de retour. 

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