Avant Nice-Lyon - Benitez vs Lopes, duel d'infranchissables

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ZOOM - Nice-Lyon, ce dimanche (21h), mettra en scène Walter Benitez et Anthony Lopes, deux des gardiens les plus performants de Ligue 1.

S'il avait fallu vendre la Ligue 1 depuis le début de l'année civile, Lyon-PSG, dimanche dernier, aurait fait l'affaire, c'est clair. Pour son casting. Pour son suspense. Pour son scénario. Pour ses artistes. Mais aussi, vraiment, pour la signature laissée par les deux gardiens, Anthony Lopes et Alphonse Areola. Le Lyonnais, justement, enchaîne les prestations XXL depuis quelques semaines. Et il retrouvera une autre référence de la saison, Walter Benitez, que Patrick Vieira couche systématiquement sur ses feuilles de matches depuis la fin de l'été. Goal fait le match dans le match.

Leurs styles

"J'ai un jeu énormément basé sur l'énergie et l'explosivité". Anthony Lopes connait et fignole ses points forts sous la tutelle de Grégory Coupet qui, avant lui, a personnifié l'Olympique Lyonnais à son époque. Malgré sa taille relativement moyenne dans l'ère moderne du poste (1,85m), l'international portugais a une vivacité dans sa gestuelle qui lui confère un avantage dans plusieurs types de situation : ses réflexes lui permettent de briller sur sa ligne, bien-sûr, mais ses reprises d'appui très rapides sont tout aussi précieuses s'il est sollicité plusieurs fois sur la même action - le Stéphanois Wahbi Khazri peut le certifier. Des qualités très visibles auxquelles s'ajoute une attitude, aussi, qui ne peut ne pas plaire à tout le monde. Téméraire et déterminé dans ses sorties, le gardien lyonnais n'est pas du genre à subir. Un trait important pour le poste.

Il le partage évidemment avec Walter Benitez, bien que l'Argentin ne diffuse pas la même impression visuelle. Fort d'une envergure supérieure (1,91m), le dernier rempart de l'OGC Nice allie ses réflexes à une certaine sobriété, bien qu'il ait eu, lui aussi, les gants très chauds pour crever l'écran de façon spectaculaire à plusieurs reprises cette saison. Il est d'ailleurs amusant de noter que le match à Lyon, justement, constitue une ultime référence pour lui. Moins précis dans son jeu au pied que Lopes, Benitez est tout aussi remarquable sur sa ligne grâce à sa capacité à lire les trajectoires, son placement et une explosivité notable. Il dégage aussi beaucoup de sérénité sur les sorties aériennes ou dans sa manière de driver sa défense.

Leurs statistiques

C'est simple, dans les chiffres cette saison, Walter Benitez se place comme le meilleur élève du championnat à son poste. Dans ce match dans le match avec Anthony Lopes, il réussit la prouesse de devancer le Lyonnais dans quasiment tous les domaines, en dehors du pourcentage de relances réussies. Pour un total de matches comparable avec celui du Portugais, l'Argentin a rendu plus de clean-sheets - il a même battu le record de l'histoire de Nice dans cette catégorie précise -, et il présente surtout un meilleur pourcentage de tirs arrêtés.

PS Benitez-Lopes

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La cerise sur le gâteau concerne la réussite de Benitez dans l'exercice des penalties, où l'Argentin s'est déjà montré décisif à deux reprises et apparait comme le spécialiste de l'exercice aux côtés du Lillois Mike Maignan, ou du Girondin Benoît Costil. Enfin, rappelons que le nombre de buts encaissés découle aussi d'un contexte collectif. Lopes, à Lyon, a été beaucoup plus exposé dans une formation qui accepte le déséquilibre, là où l'OGC Nice de Patrick Vieira, malgré sa bonne tenue du ballon, se montre poreux défensivement

Leurs dynamiques

Les deux portiers traversent certainement la période la plus faste de leur carrière en termes de performances pures. Anthony Lopes est presque infranchissable depuis le début de l'année calendaire. Son enchaînement de prestations exceptionnelles a débuté dès la rentrée, lors d'un banal 32ème de finale de Coupe de France à Bourges où ses arrêts multiples avaient permis à l'OL de ne pas tomber dans le piège. La suite s'est faite dans un autre contexte, dans le derby face à Saint-Etienne (1-2) ou contre Paris, donc (2-1), deux équipes que Lyon n'aurait pas dompté sans lui. L'intéressé, qui n'a plus été convoqué par Fernando Santos depuis la Coupe du monde, a par ailleurs indiqué à OL TV qu'il avait mis sa carrière internationale "en stand-by". "Je veux profiter de ma famille, me concentrer sur mon rôle de père et sur l'Olympique Lyonnais. C'est une saison charnière pour mon évolution future. C'est une décision que j'ai prise après une discussion avec le sélectionneur à la suite de la Coupe du monde. Je suis très famille et de ne pas voir grandir mes enfants, c'est ce qui me manquait le plus. C'est mon choix propre"

Pour Walter Benitez, aussi, tous les feux sont au vert. L'Argentin avait perdu sa place de titulaire à l'arrivée de Patrick Vieira, mais ses premières apparitions cette saison, couplées aux contre-performances de Yoan Cardinale, ont complètement renversé la situation. Aujourd'hui conquis, Patrick Vieira verse même dans le mea-culpa quand il aborde son cas. "Quand je suis arrivé, j'ai choisi par rapport à ce que j'ai vu et par rapport à la philosophie que je voulais installer", a expliqué le technicien dans les colonnes de L'Equipe, pendant la période des fêtes. "J'ai donné l'opportunité à Cardi, ça a été compliqué et j'ai changé, mais je ne peux pas le regretter car c'était réfléchi. Il n'empêche, ce qu'est en train de faire Walter remet mon choix en cause. Les critiques que je peux recevoir aujourd'hui par rapport à ça, c'est normal. Que voulez-vous que je dise ? Walter est exceptionnel. Je suis vraiment content pour lui car il jouait l'an dernier et la plupart des mecs auraient voulu partir. Il ne l'a pas compris mais il l'a accepté, a bossé deux fois plus, et mérite. J'aimerais avoir beaucoup de joueurs comme lui, qui pensent à l'équipe et font des sacrifices". Ces mots sonnent comme un hommage à la hauteur de l'importance du portier niçois.

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