Amiens, Prince-Désir Gouano : "Je voulais pointer du doigt la bêtise de cette personne"

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Dijon-Amiens avait été interrompu suite à des cris racistes ciblant Prince-Désir Gouano. Dans L'Equipe, le défenseur revient sur cet incident.

Si la rencontre entre Amiens et Dijon s'est soldée par un triste match nul (0-0) vendredi soir en ouverture de la 32ème journée de Ligue 1 à Gaston Gérard, c'est un tout autre évènement qui a marqué la rencontre. En effet, peu avant la 80ème minute, le match a été arrêté pendant quelques instant suite à des cris racistes provenant des tribunes à l'encontre de Prince Gouano, le capitaine d'Amiens. Un comportement inacceptable, malheureusement courant ces dernières semaines. Dans des propos accordés à L'Equipe, Gouano revient sur cet incident.

"On ne s'y attend pas"

"Chacun gère ses émotions comme il le peut. Avec plus de recul et tous les appels que j'ai reçus, je me rends compte que ma réaction est peu commune. Moi, je voulais pointer du doigt la bêtise de cette personne et dire que même si je pardonne et que je prône l'amour, je n'accepte pas le racisme. Je voulais que le monde entier sache pourquoi on a interrompu le match (durant six minutes)", a expliqué le capitaine d'Amiens au journal.

Dijon Amiens - Gouano

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Une situation qui évoque celle vécue par les joueurs de la Juventus à Cagliari il y a quelques semaines et qui avait défrayé la chronique en Italie. Un pays que Gouano connaît bien.

"J'ai pourtant beaucoup voyagé. Je suis allé en Italie (Juventus, Virtus Lanciano [D2], Atalanta). Beaucoup de monde m'en avait parlé avant que je m'y rende. Je n'étais jamais là quand des événements de ce genre se sont passés. J'entendais, je compatissais mais je ne l'ai pas vécu. Je me demandais comment je réagirais si ça m'arrivait. Il a fallu que je revienne en France pour le vivre. On ne peut pas s'y préparer, encore moins quand on est en France. En Italie, ça reste inacceptable mais on peut se dire : ''Ah oui, on me l'avait dit.'' Tu sais à peu près comment faire front mais là... l'ascenseur émotionnel est encore plus élevé. Je pense que c'est là qu'on subit le comportement de l'individu parce qu'on ne s'y attend pas", estime encore le joueur d'Amiens.

À noter que l'homme soupçonné d'avoir proféré ces cris racistes visant le défenseur amiennois vendredi a été placé dimanche sous le statut de témoin assisté, échappant ainsi à une mise en examen à ce stade de l'enquête. Les peines encourues sont respectivement d'un an d'emprisonnement, pouvant être assorties d'une interdiction de stade pour une durée de 5 ans. Pour rappel, le DFCO avait déposé une plainte et fermement condamné l'auteur de ces cris.

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