Agacé mais persévérant, Ronaldo symbolise un Portugal laborieux

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Malgré un dénouement heureux, Cristiano Ronaldo a encore déçu jeudi soir contre la Pologne (1-1, 5-3 t.a.b.). Mais pourquoi la star madrilène peine-t-elle autant ?

Ce qu’il y a de bien avec Cristiano Ronaldo, c’est que ses prouesses sont aussi parlantes que ses mimiques. Que l’on apprécie ou pas son jeu, l’attaquant du Real a un langage corporel qui traduit tous ses états d’âme. C’est un personnage. Ce jeudi soir face à la Pologne, comme si souvent avec le maillot de sa nation, CR7 avait le masque, encore. Moue des mauvais jours, expression crispée, bras ballants et tirs forcés. Voici, en quelques termes, comment nous pourrions résumer sa soirée...

Tactiquement, Fernando Santos a pourtant instauré un 4-4-2 losange qui sied à ses qualités. Son rôle d’électron libre devant, aux côtés d’un Nani tout aussi mobile, peut lui permettre d’avaler les espaces. Mais la configuration proposée par la Pologne - un bloc très compact - et surtout les propres déplacements de Ronaldo, n’ont jamais permis au Madrilène de trouver la faille. Constamment attiré par l’axe, CR7 s’est engouffré dans un entonnoir pour s’agacer, au fil des minutes, et surjouer alors que le jeu réclamait d’autres choix.

Des miettes à se mettre sous la dent...

Quelque part, il est difficile de savoir quel scénario le frustre le plus. Dans les rencontres de la phase de poules, à l’exception d’un match décousu face à la Hongrie (3-3), Ronaldo, bien que malheureux, avait le pied assez chaud pour multiplier les frappes (10 par match). Depuis deux matches, le Portugais doit ramasser des miettes sur le front de l’attaque, comme pour assumer le jeu restrictif de cette Selecção. Jeudi soir, ses actions dangereuses se sont comptées sur les doigts d’une main. Un coup franc dans le mur (21e), une frappe trop écrasée après un bon travail de Nani (28e), un autre tir forcé (66e), et surtout une reprise du gauche manquée sur une ouverture venue de l’arrière (86e). C'est à peu près tout.

Il y a les chiffres, accablants pour certains. Ceux de son match illustrent son casse-tête. Mais la statistique de ses tirs dans le tournoi est encore plus significative. Sur ses 10 dernières tentatives avec le Portugal, CR7 compte 5 tirs hors cadres, 3 contrés, et 2 arrêts (seulement) du gardien adverse. Malgré cela, le natif de Madère s’est accroché jusqu’au bout, comme contre la Croatie, pour terminer le travail aux tirs aux buts et envoyer le Portugal en demi-finale.

Dans ce moment asphyxiant, c’est lui, avec le spectre d’un penalty manqué contre l’Autriche, qui s’est présenté en premier pour mettre les siens sur les bons rails. Et avant cela, malgré cette sensation d’égarement toute la partie, il n’avait pas été responsable de tous les maux portugais. Il pourra toujours clamer que l’expression collective de cette Selecção ne le met pas en valeur. C’est une autre réalité. Et il pourra rappeler, aussi, que sa ténacité est finalement récompensée. C’est peut-être cela, être le visage de son équipe. Lui ressembler jusqu’au bout…

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