À un mois du choc contre le PSG, le Real Madrid a de nombreux problèmes à résoudre

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Le Real Madrid, qui a complètement décroché en Liga, est à un mois de défier le PSG dans un match duquel sa saison sera tributaire. Analyse.

Il y a quelque chose de pourri au royaume de Madrid. Etre ou ne pas être à la hauteur de ses ambitions cette saison, cette question taraude les officiels merengue alors que le choc face à Paris en 8es de finale de Ligue des champions, le seul match qui peut encore sauver le club blanc d'une saison éclairée au néant, se rapproche à pas de géant.

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Il est temps de se pencher sur les multiples raisons qui font que le Real Madrid est actuellement au bourd du gouffre, alors qu'il avait débuté la saison dans les confortables oripeaux d'un champion d'Espagne et d'un double champion d'Europe.

Un groupe plus faible

La saison dernière, le Real avait tout : des soldats, des vétérans expérimentés, des jeunes prometteurs, une équipe A pleine de stars et toujours occupée à "performer" de manière optimale sous peine de voir les joueurs de la "B" surgir dans son rétroviseur. Mais depuis, le mercato d'été est passé par là. Un mercato très mal géré par Zidane. Les James, Pepe, Danilo et Morata qui pouvaient surgir du banc à tout moment la saison dernière sont partis sous d'autres cieux sans être remplacés. Le Real est donc moins armé. Si la qualité est toujours au rendez-vous, ou du moins, le potentiel, l'expérience manque pour un Real qui a souvent recours à son banc cette saison. Un banc moins fourni en qualité comme en quantité.

Un trio du milieu moins influent

Kroos-Modric-Casemiro... Les trois gemmes du diamant de Zidane la saison dernière n'y arrivent plus cette saison. Casemiro a tendance à tenter de débouler dans la surface adverse en essayant d'être le "spare man" de l'attaque, mais cela a tendance à déséquilibrer le Real. Les stats de Kroos et de Modric montrent moins de passes réussies et plus de passes latérales ou vers l'arrière que la saison dernière. On ne peut pas imputer entièrement l'indigence ludique madrilène aux milieux, mais on peut constater qu'ils sont moins influents cette saison, incontestablement.

Une infirmerie qui tourne à plein régime

Le Real claudique saison après saison et ses joueurs font constamment la navette entre le terrain d'entraînement et l'infirmerie. Une constante établie malgré l'arrivée de plusieurs physios qui se sont succédés à Valdebebas. Les tournées estivales indéfiniment extensibles et éreintantes, la multiplicité des défis et des compétitions... Le banc des accusés, comme celui de l'infrmerie du club, est bien rempli. Cette saison, un Nacho, au mieux remplaçant en défense centrale lors de l'exercice précédent, a déjà joué à tous les postes de la défense. Zidane a même dû puiser chez les jeunes, comme dans une équipe de milieu de tableau d'un championnat inférieur, pour aligner des onze complets cette saison. Inacceptable dans un club d'une telle envergure.

Marcelo au banc des accusés

On l'a cité plus haut, Zidane a souvent dû jouer les MacGyver de l'extrême en faisant par exemple du jeune Achraf Hakimi, 18 ans, un titulaire à part entière sur le flanc droit de la défense. Mais l'autre côté de l'arrière-garde merengue est encore plus inquiétant avec un Marcelo qui a fêté ses onze ans à Madrid et qui accuse bien son âge. Après le nul à Vigo, où il était clairement coupable, un constat s'imposait. 40% des buts concédés par le Real Madrid (6 de 16) en championnat étaient venus du côté gauche avec Marcelo sur le terrain. C'est un gros déséquilibre à résoudre en urgence et un constat qui s'observe aussi dans le jeu quand on le voit monter en attaque mais pas toujours redescendre. Même les joueurs du Celta en avaient parlé en zone mixte au terme de la rencontre. Marcelo a été meilleur face à Villarreal, mais cela ne masque pas ses déficiences cette saison. D'ailleurs, en parlant de déficiences...

Zinedine Zidane Real Madrid Villarreal

Une attaque patraque

Les performances individuelles n'arrivent pas cette saison à cacher la misère du collectif. De quoi accréditer la thèse d'un problème physique endémique et qui impacte tout le groupe.... Ou d'un système tactique qui ne parvient pas à tirer la quintessence d'un groupe qui est parvenu à tout conquérir la saison dernière. C'est surtout le fiévreux front offensif qui laisse perplexe. Le Real parvient malgré tout à se procurer des occasions malgré un manque de fluidité prégnant dans ses offensives, mais la finition laisse grandement à désirer. La finition et la prise de décision. Cristiano Ronaldo (qui de nouveau a gâché trois bonnes contre-attaques face à Villarreal samedi) et surtout Karim Benzema sont responsables de ce marasme (Les stats de Ronaldo sont parmi les pires de tous les attaquants du Top 5 européen), mais il faut noter que le Real n'a pas investi pour remplacer les joueurs à vocation offensive partis l'été dernier, et ne semble pas prêt à le faire cet hiver. D'ailleurs...

Zizou rime avec zizanie

Armé de son bilan parfait jusqu'ici, qu'il a brandi à de multiples reprises comme un bouclier contre les ingérences présidentielles potentielles (voire probables, nous parlons bien du Real Madrid et de sa structure particulière), Zidane et sa politique ont de moins en moins de défenseurs au sein de la capitale espagnole. Le tacticien français a toujours prôné la fidélité outrancière à ses hommes, tandis que sa direction a légitimement cherché des renforts hivernaux pour remédier aux nombreux problèmes d'effectif et de performances de l'équipe. Cette posture n'est pas tenable sur la durée et Zidane pourrait bien couler avec ses idées comme l'orchestre du Titanic avant la fin du mois de janvier. À la différence que les musiciens du navire continuaient à jouer, ce qui n'est pas vraiment le cas de l'équipe de Zidane. Ce qui nous permet d'enchaîner avec...

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Une tactique catastrophique

On l'a vu face à Villarreal et au Celta avec un scénario qui a tendance à se répéter cette saison. Le Real presse bien d'emblée et évolue très haut, mais quand l'équipe adverse parvient à absorber ce pressing en alignant deux joueurs sur chaque flanc et en suivant les runs de Ronaldo quand il essaie de décrocher, le Real n'a plus de réponse et a surtout du mal à jouer sans ballon. Un problème de replacement patent pour une équipe déjà fragile mentalement. Le Real prend beaucoup de buts en contre et ne parvient pas à faire fructifier sa domination pourtant bien présente. Le Real a également du mal à occuper l'espace entre le milieu et l'attaque car il ne dispose pas de la précision qui était sienne la saison dernière dans les petits espaces. Cet espace était utilisé comme plateforme de lancement par un Isco ou un Modric et les passes précises et rapides qui s'en suivaient émaillaient les blocs adverses qui étaient obligés de faire faute pour parvienir à suivre le rythme. Ce n'est plus le cas sur l'exercice actuel. Et quand les attaquants décrochent trop pour venir chercher les ballons dans cet espace et que les latéraux ne parviennent pas à passer le premier défenseur pour centrer dans les meilleures conditions possibles, ce n'est plus qu'une question de temps, car la défense adverse a déjà gagné.

 

 

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