Goal Hall of Fame - Zinedine Zidane est tout simplement une légende

Intronisé dans le Goal Hall of Fame, le Français est une légende. Nous avons tenté d’expliquer pourquoi.

Il y avait une statue de 5 mètres de haut au Centre Pompidou à Paris, dont le titre était tout simplement « Coup de tête » et qui immortalisait la fameuse altercation entre Zidane et Materazzi à la 110e minute de la finale du Mondial 2006.

C’est vraiment la meilleure façon de décrire le joueur. La grâce et la beauté avec laquelle il a joué au football pendant des années ont rendu possible le fait de transcender le sport et d’être présent dans la culture française. Ses imperfections sont également mises en avant, elles qui le rendent si fascinant.

Ce final est un fantastique dénouement à sa carrière, mais l’incident en lui-même ne devrait pas suffire à définir un milieu de terrain majestueux qui a conduit une nation à son premier triomphe mondial tout en offrant à ses coéquipiers la possibilité de trouver de l’espace là où il n’y en avait pas, lui qui dansait entre les défenseurs avec sa fameuse roulette. L’influence qu’il a eue sur ceux qui l’ont vu jouer, ceux avec qui il a joué et ceux contre qui il a joué pèse bien plus lourd dans la balance qu’un moment de faiblesse isolé.

Zinedine Zidane a toujours été unique, depuis son plus jeune âge. Le plus jeune de 5 frères et sœurs aux parents algériens avait quelque chose de spécial quand il a commencé à donner des coups de pied dans le ballon à la Castellane.

Il a grandi en idolâtrant des joueurs de l’OM : Blaz Sliskovic et surtout Enzo Francescoli. Il ne savait pas encore qu’il allait tous les éclipser. Il a fait ses débuts en 1989 avec Cannes après avoir été découvert par l’ancien joueur Jean Varraud : « Il dribblait 1, 2, 3, 4, 5, 6 défenseurs. C’était sublime ».

Bien que manquant de puissance et encore à l’état brut, il aidera Cannes à atteindre sa meilleure position au classement du championnat dans son histoire récente lors de la saison 1990-91 (4e place). Un transfert à Bordeaux viendra le récompenser, lui qui fréquentait en même temps l’équipe de France U18, U19 et U20.

Le reste de l’Europe commencera à le découvrir grâce à une victoire en Intertoto en 1995 et à une belle épopée bordelaise en Coupe de l’UEFA en 1995-96. Zidane s’envolera ensuite vers la Juventus.

Le Français a eu un gros impact à son arrivée en Italie et était très populaire auprès des fans. Son élégance et son agilité technique allaient très bien au championnat le plus relevé de l’époque et Zidane a explosé.

Très important dans les deux titres de la Juve en 1996-97 et 1997-98, il avait remporté la Coupe Intercontinentale, mais pas la Champions League. En effet, les Bianconeri ont perdu en finale contre le Borussia Dortmund et le Real Madrid en 1997 et 1998.

Zidane a confessé que le fait de ne pas avoir remporté la Champions League avec la Juventus est l’un des plus grands regrets de sa carrière. Des regrets vite effacés par la victoire en Coupe du monde avec la France en 1998 à Paris. Son doublé en finale au Stade de France face au favori brésilien restera dans les annales.

1.5 millions de personnes se sont rassemblées sur les Champs-Elysées pour fêter leurs héros et Zidane a reçu une acclamation toute particulière pour le grand rôle qu’il a joué en finale. Ses origines nord-africaines lui ont permis de devenir un symbole du rassemblement.

Il l’a refait deux ans plus tard en permettant à la France de remporter l’Euro 2000, inscrivant des buts face à l’Espagne et au Portugal, avant un final époustouflant face à l’Italie.

Deux ans plus tard, il a rejoint le Real Madrid pour un transfert record, à l’époque, de 73M€. Un prix « bon marché » selon Florentino Pérez. Zidane, porte-étendard des Galactiques, a marqué une sublime volée en finale de la Ligue des champions 2002 face au Bayer Leverkusen.

Mais le vent allait tourner et le dernier trophée remporté par Zidane avec le Real est la Supercopa de 2003. Le projet de Pérez s’essoufflait et le Barça allait en profiter pou débuter une ère de dominance sous l’égide de Frank Rijkaard.

Au niveau international, Zidane, blessé n’a rien pu faire pour éviter l’élimination des Bleus lors du Mondial 2002. Il a été en revanche témoin de l’élimination précoce lors de l’Euro 2004 face au futur vainqueur grec. Zidane a eu le temps de montrer sa classe lors de la phase de groupes avec trois buts dont deux contre l’Angleterre.

Zizou en a profité pour annoncer sa retraite internationale, mais Raymond Domenech a su le convaincre de revenir sous les drapeaux en tant que capitaine en septembre 2005. « En France, tout le monde a réalisé que Dieu existe. Et il est de retour en équipe nationale. Il n’y a pas grand-chose d’autre à dire », avait affirmé à l’époque Thierry Henry.

Zidane avait annoncé que la saison 2005-2006 serait sa dernière en club et ses coéquipiers avaient porté des t-shirts commémoratifs lors de son dernier match. Parmi les 80,000 fans émus entassés au Santiago Bernabeu, certains tenaient une banderole où cette phrase était écrite : « Merci pour la magie ».

Mais de la magie, il y en avait encore un peu. Avant la rencontre opposant la France à l’Espagne lors du Mondial 2006, Marca avait titré : « Ce soir, nous mettons Zidane à la retraite ». Mais au lieu de cela, Zidane a trouvé une seconde jeunesse avec un but et une passe décisive pour éliminer la Roja. Il signa une autre passe décisive pour Henry face au Brésil en quarts, lors d’une prestation individuelle sublime, puis se chargea de marquer l’unique but de la demi-finale face au Portugal pour permettre à la France d’accéder à la finale.

La statue de bronze raconte la suite de l’histoire.

Après la fureur initiale, la France ne pouvait rester fâchée avec son fils prodigue. Il faut se souvenir des bonnes choses apportées par un grand joueur. « Tu es un virtuose, un génie du football», avait écrit Jacques Chirac dans une lettre ouverte à Zidane. C’est dur ne pas être d’accord.