Révélation au Portugal, Pierre Sagna s'accroche à ses rêves

Passé par Valenciennes qui ne lui a pas proposé de premier contrat professionnel, Pierre Sagna (25 ans) vient de réaliser une saison convaincante avec Moreirense en Liga NOS.

Si l'on a coutume de dire que tout vient à point à qui sait attendre, Pierre Sagna l'a bien compris. Au Portugal depuis déjà cinq ans, le latéral droit de Moreirense vient de réaliser une première saison réussie en Liga NOS. La confirmation que le travail finit toujours par payer même si certains échecs sont plus difficiles que d'autres à avaler.

Le Franco-sénégalais de 25 ans, latéral droit de formation, passé par Valenciennes, aurait aimé signer son premier contrat professionnel en France, mais le club nordiste en a décidé autrement. Une grosse déception pour celui qui s'imaginait déjà batailler pour gagner sa place dans l'élite. "Ça a été difficile parce que je pensais être prêt à signer pro là-bas. À l'époque, c'était Philippe Montanier l'entraîneur. Il jouait le maintien et m'avait dit que si le club restait en Ligue 1 on me ferait signer", explique-t-il. "Sagna était le capitaine de la CFA 2, il a fait monter l'équipe en CFA et il n'y avait personne au-dessus à part Rudy Mater. Le club m'a appelé et m'a dit que Pierre avait une super mentalité, que c'était un bosseur, mais qu'il devait partir pour couper le cordon. Au final, ils ont recruté Kenny Lala pour 500 000 euros au Paris FC. Je n'ai rien compris...", surenchérit son agent Joseph Mohan.

Le coup est rude pour Sagna, mais le joueur, qui n'a aucun lien de parenté avec Bacary, le latéral droit des Bleus, ne baisse pas les bras et file au Portugal. Rapidement, il devient l'un des latéraux les plus observés du pays, jusqu'à atteindre la première division avec Moreirense, 12e au terme de la saison. "Je pense avoir fait une bonne première saison en Super Liga. Les premiers matches ont été compliqués, le temps de m'adapter, mais globalement ça s'est bien passé", commente l'ancien Valenciennois, passé par Chaves où il a joué quatre saisons (2011-2015), d'abord en troisième division puis au second échelon. Quatre années qui lui ont permis de peaufiner sa technique et de gommer certains défauts.

"Au début, on parlait de moi comme d'un latéral offensif, qui ne savait pas défendre, se remémore-t-il. Aujourd'hui, on dit que je suis un latéral moderne qui essaye d'apporter offensivement tout en étant solide en défense. Sur ce point, je me suis vraiment amélioré." Le natif de Sarcelles, qui porte le numéro 95, en référence au département du Val-d’Oise, est fier du chemin parcouru, surtout que "financièrement, c'était très difficile au début", mais il a su s'accrocher malgré le départ de son ami Vincent Pullicino (aujourd'hui à Dijon, ndlr) après six mois seulement à Chaves. "On vivait dans le même appartement. C'était un soutien mutuel, concède-t-il. Mais c'était ce qu'il y avait de mieux pour lui et j'ai continué ma petite vie."

Un destin à la Aly Cissokho pour Pierre Sagna ?

Nommé plusieurs fois dans l'équipe-type de la saison au Portugal, Sagna s'est accroché à son rêve. Contre le FC Porto, le 25 septembre dernier, il a écœuré Yacine Brahimi, pourtant considéré comme l'un des meilleurs dribbleurs de la planète, offrant par la même occasion le but de l'égalisation (2-2). Une prestation de haute-volée qui a attiré le regard des recruteurs. "Mon ambition est de jouer le plus haut possible, je ne me fixe pas de limite. Chaque année, j'essaye de passer un palier et je bosse pour ça", rappelle-t-il.

"Si l'on fait le bilan de la génération 90-91 de Valenciennes, il n'y a que Isimat-Mirin qui est encore en haut (au PSV Eindhoven, ndlr). Il y en a beaucoup qui ont signé pro et que l'on ne voit plus. Pierre est un mec simple. À Chaves, et même à Moreirense, les gens on su l'apprécier", ajoute Joseph Mohan, très fier de son protégé et ambitieux pour ce dernier. 

"Disputer l'Europe est un objectif", tonne Sagna, qui a fait de Daniel Alvès sa référence au poste de latéral droit. "C'est le joueur en qui je vois l'excellence", ajoute-t-il, tout en sachant qu'avoir la même carrière que son idole s'annonce ardu. Mais une histoire à la Aly Cissokho, parti de Gueugnon au Portugal pour ensuite goûter à la Ligue des champions et revenir en France sous les couleurs de l'Olympique Lyonnais, a de quoi lui donner des idées. "Pourquoi pas moi ?", se dit-il. Un fabuleux destin qui passera forcément par un départ...