Décès Ebossé, "Ça devient comme de la haine"

Kamel Yelsi, coéquipier et ami d'Albert Ebossé, décédé samedi, a réagi aux évènements survenus à Tizi Ouzou.

On en sait plus sur les circonstances du dècès d'Albert Ebossé. Kamel Yelsi, un coéquipier de l'attaquant camerounais, décédé samedi en Algérie après avoir reçu un projectile sur la tête à l'issue d'un match de championnat entre la JS Kabylie et l'USM Alger, a témoigné au micro de France Info sur le déroulement du drame.

"En fait, il a reçu deux projectiles: le premier sur le poignet et le second sur la nuque. Albert n'a pas pu l'esquiver, il a été transporté directement à l'hôpital où ils ont fait tout ce qu'ils ont pu. Je ne sais pas quoi dire...", a précisé dans un premier temps l'ami et colocataire de l'attaquant.

"Ça me révolte. C'est le problème de l'Algérie on va dire. Dans pas mal de stades ils sont tellement passionés que cela fait peur. Ça devient comme de la haine. Alors les insultes qui fusent, à la limite, on peut faire abstraction. Mais les projectiles c'est plus des blocs que de simples cailloux. (...) Dans n'importe quel coin de rue on peut trouver de grosses pierres. Le problème c'est de savoir comment ils ont fait pour entrer avec ça dans le stade. Ce n'est pas structuré comme en France où chacun à sa place et son ticket. Les gens font le forcing pour entrer, c'est leur défouloir. Le plus triste c'est que ce sont nos propres supporters, qui sont censés nous aimer entre guillemets, qui font ça. C'est très grave. Je suis abattu. Limite, je préfère prendre ma valise et rentrer à Paris, dans ma famille, que de jouer au football et risquer ma vie pour un simple match."

Buteur lors la défaite de la Jeunesse Sportive Kabyle, dans son stade du 1er Novembre 1954 à Tizi Ouzou, face à l'USM Alger (1-2), Ebossé était âgé de 24 ans.