Lucas Hernandez, un fils prodige à l'Atlético Madrid

Défenseur central comme son père, un ex-joueur de l'OM, Lucas, issu du centre de formation des Matelassiers, est l'un des plus sérieux espoirs du club madrilène.

En Espagne, où sa notoriété grandissante a déjà dépassé le cadre des divisions inférieures de l'Atlético de Madrid, on l'appelle simplement Lucas. La France pourrait bien découvrir prochainement son patronyme complet : Lucas Hernandez. Ce jeune défenseur central français (18 ans) est l'un des plus grands espoirs du club madrilène. D'ailleurs, il n'a pas échappé à la DTN qui l'a régulièrement appelé en U18 avant d'en faire un membre de la sélection U19. Lucas Hernandez a d'ailleurs été convoqué par le sélectionneur Patrick Gonfalone pour les trois matchs du premier tour qualificatif de l'Euro 2015, qui se déroulent du 5 au 14 octobre en Macédoine. La France y affrontera le pays hôte, le Liechtenstein et à la Bosnie.

Son nom de famille, très répandu, ne vous alertera pas, mais Lucas est le fils de Jean-François Hernandez, ancien défenseur central dans les années 1980-90 qui a porté les couleurs de Toulouse, Sochaux et l'OM en France avant de connaître une belle réussite en Espagne avec notamment une étape à... l'Atlético (2000-2001). C'est lors de son passage à Marseille (1995-1997) qu'ont vu le jour Lucas (14 février 1996) et Théo (6 octobre 1997). Ce dernier, latéral gauche de talent, est lui aussi un sérieux espoir des Matelassiers !

Toutefois, c'est sans les conseils de leur géniteur que les deux mômes ont tracé leur route. Après le divorce de leurs parents il y a une dizaine d'années, Lucas et Théo ont coupé les ponts avec leur père qui a disparu des radars. "Défenseur central, j'ai sans doute hérité ça de lui...", nous confie Lucas Hernandez dont l'accent rappelle plus le Doubs, où vit une grande partie de sa famille, que le sud de la France.

C'est lors d'un essai effectué par son frère que Lucas a tapé dans l'oeil des recruteurs de l'Atlético. Intégré aux équipes de jeunes dès l'âge de onze ans, le défenseur a souvent été surclassé. La saison dernière, Diego Simeone couche même son nom sur une feuille de match en première division. L'été dernier, "El Cholo" l'intègre avec quelques autres promesses de "la cantera" au stage d'avant-saison et il participe à un match amical. Désormais, s'il continue à évoluer avec la réserve (en segunda B le troisième échelon national) et avec les U19 lors des matchs de Youth League, c'est avec les pros qu'il s'entraîne quotidiennement aux côtés de Tiago, Griezmann et autre Koke.

"Je me sens super bien. Diego Simeone un entraîneur qui fait confiance aux jeunes", assure-t-il. Ses formateurs sont dithyrambiques à son sujet et voient en lui un futur international. Qualifié de leader naturel, Lucas Hernandez affiche toutes les qualités du défenseur moderne : sens de l'anticipation, rapide et habile relanceur. Lui prévient : "J'aime surtout les duels."

Celui qui cite comme modèles Sergio Ramos et Raphaël Varane (deux joueurs du Real Madrid !) devrait bientôt montrer le bout de ses crampons à l'étage au-dessus. C'est son objectif : "jouer quelques matchs et intégrer cette équipe dans les 2-3 prochaines années". Et la France dans tout ça ? "Dans ma tête, c'est l'Atlético mais pourquoi pas jouer un jour en Ligue 1 ?", avoue-t-il. A Marseille, sa ville de naissance où il conserve quelques attaches ? "Depuis tout petit, je suis supporter de l'OM. Je suis les résultats. On ne sait pas de quoi sera fait l'avenir, glisse-t-il. Mais j'aime bien Saint-Etienne aussi car Josuha Guilavogui m'en a beaucoup parlé quand il était ici."

En ce qui concerne la sélection, aucun doute en revanche. Son avenir s'écrira en bleu. "La sélection espagnole m'a approché en U17 mais je n'ai pas la double nationalité. De toute façon, c'est ma décision. Je veux jouer pour la France, affirme-t-il. En plus, on a une bonne génération."