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Auteur d'une saison éblouissante, Franck Ribéry a l'occasion d'intégrer le gratin européen avec la finale de la Ligue des Champions contre Dortmund.

Barcelone. Premier mai. La scène de liesse d'un camp tranche radicalement avec le désarroi profond des rangs adverses. Le Bayern vient d'écraser Barcelone au Camp Nou (0-3, après un 4-0 à l'aller) ! Verdict inimaginable il y a quelques mois... Le Barça, ce grand Barça, qui affirme sa suprématie depuis des lustres, est à terre, la tête encrouée dans sa propre pelouse. Ce K.O. sonne comme une passation de pouvoir entre les deux géants européens. Dans les couloirs de l'antre catalane, Franck Ribéry, tout sourire, rejoint les médias pour livrer sa première impression. Un sentiment de devoir accompli, forcément. Mais pas d'exaltation démesurée. Le Français le sait, il revient de loin. Et la mission n'est pas terminée, pour voir encore plus haut...

Candidat pour le Ballon d'Or ?

Durant cette soirée de printemps qui a permis aux champions d'Allemagne d'envoyer un message fort à l'Europe du football, Franck Ribéry a donc fait preuve d'une maturité assez remarquable. Dans son attitude, d'abord, teintée d'une sérénité qu'il n'a pas toujours fait transparaître dans une carrière parfois mouvementée. Un flegme à l'image de ce Bayern, finalement. Tout en maîtrise. Lorsque le souriant Laurent Paganelli lui fait remarquer qu'en enchaînant les performances de ce niveau, une récompense aussi gratifiante que le Ballon d'Or serait tout à fait envisageable, le Français savoure, sourit, mais fait la part belle au collectif, encore. Et le refrain est le même dans les colonnes de l'Equipe. S'il ne cache pas son bien-être «On peut dire que c’est ma meilleure saison. Je suis heureux. Je suis épanoui.», l'ancien Marseillais répète à nouveau sa volonté de réaliser un sensationnel triplé championnat-Coupe-Ligue des Champions. «Là, je pense d’abord à gagner enfin la Ligue des champions puis la Coupe d’Allemagne. Si le Bayern gagne tout cette saison, il sera temps, alors, de voir ce qui peut se passer pour moi ensuite.Ce trophée fait rêver. C’est normal. Mais je ne pense pas qu’à ce Ballon d’Or»

C'est aussi ça, le nouveau Ribéry. Et il n'a pas pointé son nez du jour au lendemain. Lors du dernier championnat d'Europe des nations, au sein d'une équipe de France a nouveau montrée du doigt pour ses remous internes, Ribéry était franchement sorti du lot. En se concentrant sur le jeu, encore et toujours, sans s'éparpiller, cette fois, dans l'agitation des tourbillons médiatiques... Cette évolution présente une réelle analogie avec une embellie progressive et continue dans son rôle sur le terrain. L'international français le répète souvent, Jupp Heynckes a parfaitement su tirer le meilleur de son potentiel. La dimension tactique de l'ailier du Bayern prouve cette montée en puissance. Le natif de Boulogne-sur-Mer n'est plus qu'une machine à briser des reins après avoir mordu la ligne sur son flanc gauche. Son volume du jeu est devenu franchement impressionnant. Ribéry dribble, toujours - il est le joueur le plus performant en Europe dans ce domaine - déborde, percute, centre, repique, passe ou marque. On le savait. Mais le Français court toujours plus, se replace, presse, tacle, relance, et se (re)projette à cent à l'heure sur son côté. Un jeu total dans un football total, mix de prouesses techniques et d'engagement physique constants. L'exacte perception laissée par ce Bayern.

Alors statistiquement, les deux extraterrestres du circuit sont toujours sur une autre planète. Avec dix buts et quatorze passes décisives en Bundesliga, Ribéry et son "double-double" restent loin de Messi et ses quarante-six buts, ou de Ronaldo et ses trente-quatre réalisations. Les autres artilleurs d'Europe, les Ibrahimovic, Falcao, Cavani, Van Persie ou Lewandowski, ont également affolé les stats cette année. Et on peut même rajouter qu'avec quatre offrandes mais un seul petit but au compteur, l'international français est loin du graal en Ligue des Champions. Mais il reste le symbole d'un rouleau-compresseur qui a tout écrasé sur son passage. Et comme si cela ne suffisait pas, une merveille de but est apparue comme la cerise sur le gâteau, la semaine dernière. Une volée pure et limpide, du gauche, son mauvais pied, pour immortaliser une image qui devrait faire le tour du web et remplira, à coup sûr, la boîte à souvenirs. Franck Ribéry sait donc ce qu'il lui reste à faire pour couronner sa campagne. Il ne pense peut-être pas au Ballon d'Or, mais avec une nouvelle performance de haut vol en finale de la plus prestigieuse des compétitions, les acteurs du foot se chargeront certainement d'y penser pour lui... C'est le moment.

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