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Casillas, Balotelli, Ronaldo, au pays du football, ils ont raté leur Coupe du monde

Difficile de faire un onze des flops du Mondial sans inclure Iker Casillas. Le portier espagnol a symbolisé à lui seul le déclin de sa sélection. Sans Diego Lopez pour le motiver, « San Iker » a pris sept buts en trois matches et s’éloigne de la canonisation, tout en sentant le vent du boulet pour la suite de sa carrière. Il se murmure d’ailleurs que le Real Madrid a acté son départ pour 2015. La fin d’une époque.

Notre onze se signale par des cartons rouges obtenus de manière très stupide. On peut arguer qu’une faute est toujours stupide, mais quand on voit les prestations de Pepe et d’Alex Song, on se dit qu’un palier a forcément été franchi. Après une faute sur Müller qui en a un peu rajouté, Pepe, le défenseur portugais est allé dire d’un peu trop près ses vérités à l’attaquant allemand. L’arbitre a immédiatement expulsé le joueur du Real Madrid (dès la 37e minute), qui n’a pas mis son équipe dans les meilleures conditions pour la suite de la rencontre et de la compétition.

Même son de cloche du côté de Song qui a sonné le glas des espérances camerounaises avec un geste largement parodié sur les réseaux sociaux. Alors que sa formation est menée et sous pression Croate, le milieu du Barça a quitté le pré dès la 40éme minute de jeu, avec un coup de coude volontaire à Mario Mandzukic sous  les yeux de l’arbitre. Song cristallise tout ce qu’on a pu reprocher à un Cameroun qui n’a jamais été au niveau lors de ce Mondial. Un peu comme son coéquipier Benoît Assou-Ekoto, qui s’est offert, en prime, une algarade avec son  coéquipier Benjamin Moukandjo avec un coup de tête administré à son collègue lors du match catastrophique du Cameroun contre la Croatie (0-4), Assou-Ekoto a même poursuivi Moukandjo dans les vestiaires après la rencontre. De quoi montrer les fissures au sein du groupe des Lions Indomptables en Mondovision et les accentuer…  Sur le terrain, Assou-Ekoto a été quelconque, comme ses coéquipiers.

Mais certains joueurs ne peuvent même pas se cacher derrière un coup de sang pour justifier leur déchéance. On pense notamment à Gérard Piqué et Andrea Barzagli. Le défenseur catalan a été la risée du premier match de son équipe face aux Pays-Bas, match au cours duquel sa défense s’est inclinée à 5 reprises. L’Espagne ne s’en relèvera pas. Andrea Barzagli n’est pas en reste, lui qui s’est montré fantomatique avec l’Italie face au Costa-Rica et à l’Uruguay et qui a traversé ces rencontres comme une âme en peine.

Avant le Mondial, des bruits couraient sur le fait que le Barça ne voulait plus payer le salaire mirobolant de Xavi et que ce dernier se dirigeait tout droit vers le Qatar, cimetière notoire des footballeurs. On a compris pourquoi dès la première sortie espagnole face aux Pays-Bas… Le Xavi qui savait quoi faire d’un ballon avant de le recevoir n’est plus. Le milieu catalan n’a plus les jambes ni l’inspiration et ne semble plus en mesure de faire les métronomes. Le Qatar, finalement, semble une destination logique pour lui.

Autre déception et de taille, celle occasionnée par les performances de Cristiano Ronaldo. S’il a paru trop seul face à l’Allemagne avec l’expulsion de Pepe et des coéquipiers pas au diapason, la suite de la compétition n’a pas consolidé cette thèse. Arrivé en Coupe du monde auréolé du Ballon d’Or et avec la Ligue des champions sous le bras, Cr7 semblait, malgré des blessures récurrentes, dans les meilleures dispositions pour entériner son statut de meilleur joueur du monde. Ce fut loin d’être le cas, alors que Messi enchaîne les buts et porte l’Argentine.

Une passe décisive pour Sturridge face à l’Italie, un but contre l’Uruguay, Wayne Rooney s’est bien mieux débrouillé que la plupart de nos flops. Mais l’ensemble de sa performance lors de cette Coupe du monde laisse un goût d’inachevé, un goût forcément amer. Rooney finalement, est atteint du même mal que Ronaldo : il n’arrive pas à reproduire en équipe nationale les mêmes prestations qu’en club. Ratant des opportunités constituant le tournant des matchs de l’Angleterre, Rooney s’est offert un statut de bouc émissaire quasi exclusif du côté des fans anglais, en souffrant au passage de la comparaison avec Suarez.

L’Espagne attendait énormément de Diego Costa. En manque de joueurs pouvant s’imposer en 9 pur et peser sur les défenses adverses (même si d’aucuns vous diront qu’Alvaro Negredo aurait pu s’acquitter de ce rôle), la Roja voyait en Diego Costa, qui a remporté la Liga et est parvenu en finale de la C1 avec l’Atlético Madrid après une saison pleine, un joueur capable d’offrir une alternative tactique, une ouverture de plus pour les champions du monde. Tout ce qu’il a donné à sa nouvelle nation, c’est un pénalty fictif lors du désastre face aux Pays-Bas. Jamais en phase avec ses coéquipiers, faisant preuve d’un grand manque de finition, c’est l’une des grosses déceptions de cette Coupe du monde.

À l’instar de Costa, Mario Balotelli a lui aussi déçu. En plus de son d’inspiration et d’implication patent, l’attaquant italien a tenu tête à son sélectionneur lors de la défaite face à l’Uruguay, provoquant ainsi son remplacement précoce. L’Italie est lasse d’attendre un sursaut de qualité de son attaquant chéri. D’enfant prodige à enfant gâté, pour Balotelli, le processus de décomposition est lancé.

 

 


Entraîneur : Cesare Prandelli

On peut reprocher au coach une équipe qui s‘est effondrée après une première prestation pourtant réussie, le fait de ne pas avoir touché à Daniel De Rossi malgré sa maladie, le fait de ne pas être parvenu à juguler Mario Balotelli et à en tirer le meilleur, une défense aux abois, un coaching quelconque avec une doublette Immobile-Balotelli en attaque dénuée de repères et qui ne s’est jamais trouvée.


Eux aussi ont déçu, voici le banc de notre onze des flops :
Gerrard, Veloso, Forlan, Özil, Höwedes, Y.Touré, Kovacic