OL - Gomis, autopsie d'un divorce avorté

Embourbé dans une affaire sans fin, Bafetimbi Gomis ne sait toujours pas de quoi sera fait son avenir, entre Newcastle, Marseille ou même l’improbable retour à Lyon...

Jean Michel Aulas a affirmé vouloir « faire tomber les masques » concernant l’affaire Gomis. Au centre d’une tragicomédie, l’attaquant français se révèle être l’acteur principale d’une pièce à suspens dont l'histoire pourrait réserver bien des péripéties avant le dénouement.

A force de jouer les faux semblants et les doubles jeux, les protagonistes de l’affaire Gomis risquent bel et bien de se sentir dupé. A l’heure où chacun évoque un intérêt précis mais que rien ne s’acte, l’hypothèse d’une entourloupe se fait de plus en plus insistante. A qui la faute ? Dans quel intérêt ? 

Acte I : Le vilain petit Gomis

En résumé, depuis le début de l’été Jean Michel-Aulas est en dégraissage drastique de sa masse salariale. Une situation le contraignant à se séparer de ses gros salaires. Dans cette optique JMA aurait formulé à Gomis la nécessité qu’il quitte le navire dans l’intérêt du club. En considérant ainsi que Lisandro sera celui des deux attaquants qui restera parmi les gones. Si le président lyonnais assure qu’il n’y a là aucun différent avec l’homme et qu’il s’agit d’une contrainte purement financière, il serait intéressant de jeter un coup d’œil aux différences entre ses deux attaquants vedettes.  Alors que Lisandro perçoit un salaire mensuel brut de 330 000€/mois Gomis lui ne touche que 295 000€/mois soit une différence de 420 000€ sur une année pour JMA.

De plus les statistiques sportives des deux joueurs sont criantes avec un bien meilleur ratio de buts et de pourcentage de frappes cadrées de 16 ,2% pour Gomis contre 14,1% pour Lisandro. La seule différence allant dans le sens de l’argentin serait son âge de 30 ans qui réduirait sa valeur marchande face à un joueur de 28 ans, bien que disposant d’une meilleure aura auprès des grands clubs européens. En définitif, Bien que plus efficace et moins couteux, Gomis est poussé vers la porte en espérant qu’il sera vendu plus cher que Lisandro quand celui-ci dispose déjà de courtisans et que ce n’est pas le cas du français.

Jean-Michel Aulas ne s’est pas énormément exprimé sur les raisons de son choix, mais il semble évident  qu’un point épineux dans les rapports humains pourrait être à soulever à ce niveau. La un premier masque serait à baisser mais seul lui même en a le pouvoir.

Acte II : Newcastle dupé par Gomis

La décision est prise et aujourd’hui Lisandro reste et Gomis part, si le président affirme que les rapports avec Briand se passent à merveille concernant son départ, il ne manque pas de passer sous silence ce même dialogue avec Gomis. Les relations entre les deux hommes semblent s’envenimer au point que le joueur ne se présentera pas lors d’un rendez-vous prévu avec son président. A cette heure-ci il paraitrait que Newcastle se serait présenté à la barre et serait disposé à débourser une somme qui lui semble honorable avec  10 millions d’euros après négociations.

L’affaire semble ainsi conclue, les deux clubs sont d’accords, le joueur également, mais pourtant rien ne se fait et une nouvelle fois, les choses trainent. 800 000€ feraient obstacle à la signature, si personne ne sait de quel côté les exigences bloquent, il s’avère que Gomis qui jusque là n’était que victime de son propre destin jouerait également un double jeu avec les deux clubs.

En effet si ce dernier annonce des excuses publiques en anglais  auprès des supporters des Magpies via son Twitter "Merci de votre soutiens, la décision de vous rejoindre ne m’appartient pas, c’est plus compliqué »

 Son président à lui répondu mardi « Je vais vous faire une révélation je suis très déçu que les opérations avec Newcastle n'aient pas été conclues. Je suis très pessimiste pour la suite et je pense qu'il y a des gens qui vont être démasqués dans cette histoire."

C’est annoncé, un Scapin se cache dans cette histoire, s’il assure n’être pour rien il semblerait que ce double jeu ai pris place de tous les côtés.

A commencer par ce qui semblait être la victime, de son côté Bafé aussi porterait le masque du fourbe. Derrière ses apparences souvent sages et intègres, la panthère serait la seule entrave à ce transfert. Son agent et lui chercheraient, selon les rumeurs, à faire trainer le dossier en réclamant 1,5M€ à la signature, afin que, dos au mur, son club soit contraint de le brader en fin de mercato. Ce qui ferait de l’attaquant de 28 ans (depuis mardi) une proie accessible pour…Marseille !

Acte III : Marseille déjà  dans la danse ?

Du côté de la cannebière, Don Baup et Don Anigo ne cessent de répéter qu’ils attendent encore un ou plusieurs renforts, et le nom de Gomis a même été évoqué par le directeur sportif. Non pas qu’un départ de Gignac soit d’actualité, mais plutôt la possibilité d’aligner les deux internationaux sur le front de l’attaque marseillaise. Si l’intérêt de l’OM est lui révélé, But ! affirme que c’est bien le joueur qui retarde les négociations avec les Toons afin de pouvoir signer le contrat sur lequel il serait déjà d’accord avec Marseille !

De drôles de révélations qui semblent ne pas être au goût de Jean-Michel Aulas bien désolé et décidé à soutenir celui qui est toujours à cette heure son joueur.

« Je pense que certains clubs ont fait des propositions malhonnêtes. Et ce n'est pas rendre service à Bafé... Même si la situation est difficile, on l'aime tous au club et on respecte l'homme. Il a eu beaucoup de réussite ici. Mais le monde professionnel fait que, quand il y a eu promesses de resigner ou de quitter le club, il faut les respecter. On a encore eu le directeur général de Newcastle qui hésite sur l'envie formelle du joueur de rejoindre son club... »

Acte IV : Aulas se fâche

Joueur, le président l’est aussi, et à ce jeu de masque, il compte bien en garder un d’avance sur ses détraqueurs. Dans la continuité de sa tirade à la sortie du match contre le Grasshopper Zurich, le manitou lyonnais n’hésite pas à menacer l’ennemi qu’il s’est trouvé pour défendre son gagne-pain.

« J’ai déposé plainte pour déstabilisation de certains joueurs. Certains clubs ont fait des propositions malhonnêtes. Les choses se régleront devant la commission compétente. »

Saisir la LFP pour démasquer les malhonnêtes, en combat contre le monde et, bon seigneur, souhaitant venger Gomis et Newcastle, Jean Michel s’en prendra au fourbe de Montaigu qui courtise sa belle alors même que cette dernière a déjà un avenir tout tracé selon ses souhaits. JMA ne souhaite pas être berné et sent venir l’esbroufe. Marseille en veut à son joueur ou à son argent et rien de cela n’est à son goût.

Lucide ou naïf de son côté l’intéressé rêve de la méditerranée. Et pourtant, si le simple enjeu de Marseillais était de faire plier genou à la maison adverse. Marseille retarde l'échéance, fait baisser les prix et empêche Lyon d’encaisser sans même y toucher.  Gomis, dindon de la farce, Sganarelle de la pièce, seul et condamné à rester dans un club où il se sent chassé.

Acte V : Retour à la case départ ?

Pourtant à la sortie du même match contre Zurich, son président semblait se raviser et commence à penser que Bafé ne serait pas si gênant. A la vue du cruel manque d’inspiration offensive de ses hommes et notamment de Lisandro, JMA pourrait revoir ses plans et en s’assurant d’accéder à la Ligue des Champions et de toucher 28 millions, ce dernier pourrait maintenant voir d’un bon œil le maintien de la panthère chez les gones.

« Si les choses ne devaient pas évoluer, il faudra se poser la question s'il ne doit pas prolonger et rester à l'OL »

Un réel jeu de passe-passe où on ne sait plus à qui revient la légitimité, entre le revirement de choix sournois d’Aulas et ses menaces, la rivalité avec les marseillais déterminés à les faire céder, Newcastle "trop bon trop con "? et surtout le héros baladé mais pas naïf pour autant qui cherche à tirer son épingle du jeu sans penser à assurer ses arrières.

Après ses maintes péripéties, il y a fort à espérer que pour chaque personnage les masques vont tomber et le dénouement ne va plus tarder.