Quel genre de coach est Zinedine Zidane ?

Alors que la fin de saison approche en Liga, joueurs, journalistes et supporters font l'éloge de Zinédine Zidane. Mais quel genre de coach est vraiment le Français ?

 

En course pour le titre jusqu’à la dernière journée avec le rival barcelonais, une finale de Ligue des champions. Sur le plan sportif, difficile de proposer meilleur bilan compte tenu des circonstances.

Ce premier constat, c’est celui de Zinedine Zidane entraîneur du Real Madrid. Le Français, nommé à la tête des Merengues le 4 janvier dernier, récupérait une équipe critiquée de toute part : jeu ennuyeux, pas favorite en championnat, placée en dessous d’un Bayern ou d’un Barcelone dans les paris pour le vainqueur de la Ligue des champions. 

Aujourd’hui, Madrid joue le titre, et ce jusqu’à la dernière journée, en concurrence avec le FC Barcelone, et en plus, il va disputer la finale de la la Ligue des champions. Pourtant, dans le jeu, le Real de Zidane n’est pas plus flamboyant que celui de Benitez, avec qui les joueurs étaient en confli ouvert.

Même s’il ne fait pas rêver, il en ressort nettement que l’envie y est. Car, non seulement, les joueurs expliquent tour à tour que l’ancien numéro 10 des Bleus leur donne de la confiance, mais en plus, cela se voit sur le terrain. Zinedine Zidane a tout simplement redonné une certaine vitalité à ses hommes, la conviction pour aller se battre. Et disposant d’un effectif de très grande qualité, Zidane peut espérer atteindre les sommets avec un collectif qui ne produit pas le plus beau football qui soit, mais qui joue ensemble.

Un passé qui plaide pour lui

Car, bien évidemment, l’ancien numéro 5 du Real dispose encore de son aura du footballeur génial qu’il fut. N’ayant arrêté sa carrière qu’en 2006, la quasi-totalité de son groupe a eu l’occasion de le voir évoluer sur un terrain, comme l’un des meilleurs joueurs de la planète. A l’image d’un Maradona (au début), ce statut de légende incombe une sorte de parole absolue. Le charisme donne les consignes à la place de l’homme. Les joueurs, fascinés, n’ont plus qu’à écouter et appliquer. Cependant, cette tactique a ses limites (à l’image d’un Maradona), et que ZZ se démarque sûrement par d’autres qualités.

Dis-moi qui t’as formé, je te dirais qui tu es

Adjoint d’Ancelotti en 2013-2014, Zizou a appris comment gérer une équipe à ses côtés. Comme son mentor, le Français sait que la psychologie fait partie intégrante du management (parler aux joueurs, ne pas les blâmer en public). Comme l’Italien, Zidane reste proche de ses hommes ou ne les critique jamais en conférence de presse. Le côté tactique en moins, il fait du Ancelotti. Et ça marche. Les Merengues ont une incroyable force psychologique depuis, procurée par l’homme qui occupe son banc. Le même qui, joueur au Mondial 2006, haranguait ses coéquipiers, comme le capitaine et meneur d’hommes qu’il était (déjà…). En résumé, il tire le maximum de ses joueurs, la qualité principale qui définit un grand coach pour certains. Comme pour son mentor, Carlo Ancelotti himself : "Zidane a tout ce qu’il faut pour être un grand entraîneur. Il possède du charisme et connaît bien le football. La réussite, c’est quoi ? Ce sont les résultats obtenus sur une saison et travailler dur pour tirer le meilleur des joueurs. Zidane va réussir car il a toutes les qualités nécessaires dans ce métier. Les joueurs vont tout donner pour lui et en échange, lui va extraire le meilleur de chacun d'eux", déclarait-il dans AS, un mois seulement après la nomination de l'ancien meneur de jeu. Comme un éclair de voyance et d'assurance, quant à l'entraîneur que l'on a façonné.

Une méthode qui s'en ressent d'ailleurs dans les déclaration d'après-match de ses joueurs, comme celle de Cristiano Ronaldo, la star de l'effectif madrilène : "Il fait du bon travail. Nous sommes heureux avec lui. Je l’admire en tant qu’entraîneur et tant qu’homme. Je souhaite qu’il continue à ce poste. Nous sommes toujours derrière Zizou. C’est une personne humble, qui sait écouter et qui nous aide", avait-il déclaré, après la qualification en finale de Ligue des champions.

Oui, mais comme il le répète lui-même, le Real Madrid n’a rien gagné pour l’instant. Quant à son parcours en C1, ses détracteurs parlent d’adversaire peu prestigieux. Soit, seuls un titre de Champion d’Espagne ou une victoire en Ligue des champions pourront couronner le management à la Zidane. Celui que l’on a vu les 6 premiers mois, en attente d’une possible évolution.