La team des Jordan d'Aston Villa : un échec et maintenant ?

Arrivés tous les trois de Ligue 1 la saison dernière, les Jordan Ayew, Amavi et Veretout n'ont guère su tirer leur épingle du jeu en Premier League. Ont-ils un futur dans ce cha...

Que retenir de la saison 2015-2016 d'Aston Villa si ce n'est qu'elle ressemble à un fiasco complet et à tous les niveaux. Champion d'Europe en 1982, ce club de Birmingham a connu une douloureuse descente aux enfers et aucun des leviers activés par ses dirigeants n'a pu enrayer cette mauvaise spirale. L'entraineur français Rémi Garde, sur le banc de l'équipe entre décembre et mars dernier, a été entrainé dans cette chute. Il s'est trouvé au mauvais endroit et au mauvais moment et c'est aussi le cas de trois joueurs débarqués de Ligue 1 lors du précédent du mercato. Ayew, Amavi et Veretout, les trois Jordan qui étaient censés faire vibrer le Villa Park, ont tous connu une campagne compliquée. Aujourd'hui, leur avenir personnel est au moins aussi indécis et inquiétant que celui de leur club. 

Pas au niveau de la Premier League ?

Pourtant, tout avait bien commencé avec cette première rencontre de Premier League contre Bournemouth en août dernier où les trois Jordan étaient titulaires et que Villa avait gagné grâce à l'un des autres francophones, le Béninois Rudy Gestede. Au sortir de ce match, ils étaient alors loin de se douter que cette victoire serait seulement l'une des trois qu'ils allaient pouvoir savourer en l'espace de huit mois. Difficile d'avoir pire comme scénario pour une première saison dans un championnat étranger. Le trident d'anciens de L1 n'a pas pu compter sur le facteur chance, mais ce n'est pas la seule explication à leur faillite, aussi bien individuelle que collective.

Comme d'autres anciens joueurs issus de l'Hexagone et ayant choisi ces derniers temps d'émigrer vers le Royaume (Cabella, Tabanou, Thauvin, Rivière, Gueye et Gradel), les Jordan n'ont simplement pas fait assez pour pouvoir s'imposer dans ce qui est considéré comme le championnat le plus relevé de l'Europe. Ou n'en avaient-ils simplement pas les capacités ? À leur décharge, il y avait, certes, de nombreuses circonstances atténuantes mais cet échec relance le débat de la qualité de la Ligue 1 et du réel potentiel de ceux qui s'y illustrent. Même s'il existe -et encore heureux- des exemples contraires (avec André Ayew et Dimitri Payet), un bon joueur du championnat français est souvent moyen lorsqu'il traverse la manche. Ce qui était suffisant à un niveau donné ne l'est plus à l'étage au-dessus.

Reculer pour mieux rebondir ?

Bien sûr, tout n'est pas à jeter dans ce que Ayew, Amavi et Veretout ont réalisé cette année. Le premier nommé a, par exemple, marqué des buts importants qui ont rapporté des points aux siens (contre West-Ham et Newcastle). Il s'est aussi fait remarquer lors du match contre Swansea en ouvrant la marque, avant que son frère André n'offre la victoire aux Gallois. Concernant Amavi, ses débuts étaient encourageants et il a eu le malheur de se blesser gravement en novembre dernier. Depuis, il n'est plus apparu sur le terrain et l'on peut imaginer qu'il aurait été utile à sa formation, lui qui avait délivré trois passes décisives avant d'être victime du mauvais sort. Concernant l'ancien nantais, il a soufflé le chaud et le froid. Malgré la confiance que lui ont manifesté les trois coaches qui se sont succédés sur le banc de l'équipe, il a été rarement étincelant. Son rendement a oscillé entre le moyen et le très moyen.

En résumé, il n'y a pas grand-chose à garder de ce que les trois Jordan ont pu montrer durant cette expérience sous les couleurs des Villans. La question qui se pose maintenant : auront-ils une seconde chance de montrer leur valeur en Premier League ou devront-ils accompagner leur équipe en Championship ? Un retour par la case Ligue 1 n'est pas à écarter et ne semble pas être la plus mauvaise des solutions. Côté Villa, il y a fort à parier qu'on réfléchira à deux fois avant d'investir autant d'argent sur un joueur de Ligue 1. Après Newcastle, c'est au tour d'Aston Villa de regretter son obsession sur l'hexagone...