Harry Kane, sur les traces de Gareth Bale ?

Comme Gareth Bale parti au Real Madrid, Harry Kane est en passe de devenir le nouveau héros de Tottenham, et celui-là, il est "homemade".

En Angleterre, tout le monde ne parle plus que de lui. "Le nouveau petit prince de Londres", "le joyau de la couronne" et autres superlatifs ronflants sont utilisés pour décrire ce talent en train d'éclore. Pourtant, il y a seulement quelques mois, ils étaient peu nombreux à connaître son nom, encore moins à miser une pièce sur lui.

Harry Kane a commencé à s'entraîner avec Arsenal et Watford alors qu'il était encore à l'école primaire. Mais aucun des deux clubs n'a donné suite. C'est finalement Tottenham qui a cru en lui et l'a recruté, notamment pour sa détermination et ses capacités techniques. En revanche, le club anglais doutait de son habilité à marquer des buts, c'est pourquoi il a été essayé à plusieurs postes et a fini par effectuer de nombreux prêts, dès l'âge de 17 ans. Que cela ne tienne, quelques années plus tard, il allait faire taire tout le monde. 

Harry Kane est l'enfant de Tottenham, la fierté des Spurs. C'est du moins ce que les supporters aiment chanter. Leur discours était pourtant bien différent l'été dernier. Logique puisque le jeune anglais n'a guère été impressionnant lors des ses divers prêts. A Millwall (2012), il marquait toutes les 230,43 minutes. A Norwich (2012-13), où il a été blessé, il n'a disputé que trois matches et n'a jamais inscrit le moindre but et à Leicester City (2013), il a fait trembler les filets à deux reprises en quinze matches. Rien de bien affolant, donc.

Cette saison, Harry Kane c'est 23 buts en 35 matches avec Tottenham, dont 5 lors de ses trois dernières rencontres. Impressionnant surtout qu'il a dû attendre le 9 novembre dernier pour connaître sa première titularisation en Premier League sous Mauricio Pochettino. L'exercice passé, il en avait marqués seulement trois. La chenille, transformée en chrysalide, est en train de donner naissance à un superbe papillon. Lorsque Tim Sherwood l'a lancé dans le grand bain la saison passée, il n'y avait pourtant aucune indication qu'il affolerait les compteurs aujourd'hui. Le minot n'a jamais vraiment été pris au sérieux.

ous l'aile de Pochettino, ce jeune anglais de 21 ans prend son envol. Comme il l'a déjà prouvé à l'Espanyol et à Southampton, le coach est fidèle à sa philosophie : il fait confiance aux jeunes et n'hésite pas à les propulser sur le devant de la scène. Parfois ça marche, d'autres fois non. Harry Kane, qui s'épanouit dans son système de jeu, n'a pas mis longtemps à lui rendre la confiance accordée. En quelques mois, il est passé d'un adolescent disgracieux, un peu maladroit, à un attaquant puissant et intimidant.

Le gamin des Spurs, modeste et travailleur, n'est pas seulement un buteur. Il ne rechigne jamais au travail, à l'effort et essaie toujours de se rendre disponible. Même s'il ne gagne pas tous les duels physiques, il ne recule jamais devant la difficulté. Désormais, ses adversaires le craignent et tremblent dès qu'il hérite du ballon près de la surface de réparation. Durant les 40 dernières saisons, un seul attaquant formé au club a terminé meilleur buteur des Spurs (Glenn Hoddle, 22 buts, en 1979-80). Leurs 10 meilleurs buteurs de tous les temps ont tous commencé leur carrière ailleurs. Alors forcément, à Tottenham, on fonde beaucoup d'espoirs en lui.

Après Gareth Bale, Harry Kane devient le héros White Hart Lane. Le nouveau chouchou. L'attaquant de 21 ans a un potentiel incroyable et cela n'a pas échappé au Real Madrid qui lorgne déjà sur lui. Il convient néanmoins d'attendre, de ne pas brûler les étapes et de confirmer dans le temps, avant d'affirmer que Tottenham a bien fait éclore un trésor, avant de suivre le chemin du Gallois.  Les jeunes ont besoin de temps, de patience et surtout pas d'une overdose de pression afin de ne pas se brûler les ailes.

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