Calciopoli : 9 ans après, les condamnations tombent

Après neuf ans d’enquêtes, la Cour de cassation vient de remettre son jugement sur les scandales des matches truqués en Italie. Beaucoup de protagonistes sont sauvés par la pres...

Après 9 ans de suspicions, six heures de débats cette nuit, et des dizaines d’interpellations, la Cour de cassation a enfin mis un terme à l’affaire du Calciopoli qui avait fait trembler l’Italie du football.

En 2006, le scandale avait secoué la Serie A. A l’époque, de nombreux dirigeants avaient été mêlés à une affaire de matches truqués de grande envergure, allant jusqu’à provoquer la relégation de la Juventus en Serie B. Finalement, le couperet est enfin tombé : les principaux accusés n’écoperont pas de peine de prison ferme et beaucoup éviteront même des condamnations grâce à la prescription des faits.

Lundi, Gabriele Mazzotta, le président de la Cour Suprême, déclarait vouloir tout faire afin de confirmer "l'existence d'un complot visant à influencer les résultats des matches, la désignation des arbitres et l'élection des sommets de la Ligue de football".

Deux arbitres innocentés, beaucoup de doutes pour les autres

Les deux arbitres Bertini et Dattilo, qui avaient renoncé à ce droit, ont été totalement blanchis après 9 années de guerre juridique. Gennaro Mazzei, responsable de l’attribution des matches auprès des arbitres, a également été disculpé. Pierluigi Pairetto, lui aussi responsable de l’attribution, a également été innocenté. Paolo Bergamo, son homologue, sera à nouveau jugé car il y a eu un vice de forme dans le procès.

Deux autres arbitres n’ont toutefois pas été lavés des soupçons qui pesaient sur eux : Massimo De Santis a vu sa condamnation confirmée et écope de dix mois de prison avec sursis.  "Je ressens une grande déception, je ne pense pas que ce soit de la justice. Je n’ai pas été bien respecté, je veux comprendre pourquoi je suis encore le seul arbitre impliqué dans l'association de malfaiteur", s’est-il insurgé après le verdict.  

Salvatore Racalbuto, qui avait échappé à toute condamnation en appel pour prescription, avait demandé au président de la Cour de cassation de renoncer à la prescription pour prouver son innocence. Sa demande a été rejetée, et la prescription confirmée, laissant planer le doute sur son rôle dans cette affaire.

La prescription sauve les dirigeants

Chez les dirigeants, les sanctions varient. Luciano Moggi, ancien directeur général de la Juventus, a été acquitté de ses deux fraudes sportives, mais échappe à l’accusation d’association de malfaiteur, couverte par la prescription.

"Le processus a été réalisé de façon anormale. Nous avons plaisanté pendant neuf ans. Il est regrettable que rien n’ait fonctionné", a déclaré Moggi, après la lecture du verdict de la Cour suprême. "Au cours des dernières années, il a été établi que le championnat et les tirages étaient réguliers. Les deux titres de Serie A? C’est le problème de la Juventus, pas le mien. Je suis heureux pour ceux qui ont été acquittés, et pour ceux qui étaient près de moi, moins heureux pour tout ce qui s’est passé. Je suis content, je pense que le problème est résolu", a conclu l’ancien dirigeant.

Antonio Giraudo, l'autre ancien dirigeant de la Juventus, a également échappé à la peine de 1 an et 8 mois dont il avait écopé en appel, pour prescription. Innocenzo Mazzini, ex-vice président de la Fédération de Football, passe aussi sous le coup de la prescription.

Finalement, la prescription n'innocente pas une grande partie des protagonistes du Calciopoli, mais laisse planer définitivement le doute sur cette affaire.