La Ligue Europa trompe l’œil italien

Pays le plus représenté dans le tableau final de la Ligue Europa, l'Italie ne doit pourtant pas y voir le symbole d'une renaissance de son football national.

Avec 5 clubs (la Roma, la Fiorentia, le Napoli, le Torino et l'Inter Milan) qualifiés pour les huitièmes de finale de la Ligue Europa, le football italien redore un peu son blason sur la scène européenne. Deux poids deux mesures doivent cependant s'appliquer au constat. Pour l'indice UEFA d'un pays qui ne fait que reculer depuis quelques années, les participations de ces 5 représentants transalpins, conjuguées à celle de la Juventus Turin en Ligue des champions, sont évidemment une excellente nouvelle. À y regarder de plus près, elles sont aussi la parfaite illustration d'un championnat à l'identité nationaliste qui s'effrite avec le temps. Si la Vieille Dame, avec 14 internationaux italiens sur ses 25 joueurs qualifiés en Ligue des champions, est exempte de tout reproche, le club des 5 de la petite Coupe d'Europe n'est absolument pas représentatif d'un football italien en résurrection. Dans leurs effectifs, ces équipes ne comportent que 12 joueurs de la Squadra Azzurra ; une statistique famélique lorsqu'on la met en corrélation avec les résultats très décevants de l'équipe nationale d'Italie sur la scène internationale. 

Le choc Fiorentina-Roma, symbole de la pauvreté nationale 

Selon le Corrierre Dello Sport, qui relève l'incongruité, Antonio Conte, le sélectionneur de l'équipe d'Italie, n'était concerné que par 21% des joueurs figurant sur les terrains des huitièmes de finale de la Ligue Europa. Une catastrophe en chiffre quand, en plus, la Roma et la Fiorentina, 2e et 5e de la Serie A, s'affrontaient directement. Au sein de deux des meilleures formations de son championnat, seuls deux internationaux, De Rossi et Florenzi, étaient titulaires. Au final, quatre joueurs de l'équipe nationale participeront au choc, puisque Aquilani et Astori, remplaçants au coup d'envoi, ont tout de même foulé la pelouse du stade Artemio-Franchi. 

Ses statistiques, peu surprenantes au regard de la récente évolution du football transalpin, ne sont autres que le symbole de l'ouverture de la Serie A aux joueurs étrangers qui garnissent désormais les rangs des meilleures écuries. Autres conclusions qui en découlent, l'affaiblissement du championnat, l'omnipotence de la Juventus Turin et le déclin général du niveau de l'équipe nationale. En comparaison aux autres nations représentées en Ligue Europa, l'Italie possède bien le plus faible ratio. Ainsi, les Ukrainiens étaient représentés avec 63% de joueurs internationaux, 54% pour les Turcs ou encore 36% pour les Anglais. 

Fort heureusement pour l'Italie, la Juventus Turin maintien le cap. Seule au monde depuis plusieurs saison, la Vieille Dame ne fera pas illusion indéfiniment... 

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