Déjà suivi par de grands clubs, Moussa Diaby (PSG) n'oublie pas ses racines

Buteur en Youth League face Bâle mardi, Moussa Diaby attire les regards de plusieurs grands clubs européens. Portrait d'un titi parisien.

Voilà un an que Carles Romagosa a pris la tête du volet sportif du centre de formation du Paris Saint-Germain, pendant que Jean-François Pien s'occupe de l'administratif depuis juin dernier. L'Espagnol, qui travaille en collaboration avec Unai Emery et Patrick Kluivert, s'attèle à aider les éducateurs parisiens à faire éclore les prochains Adrien Rabiot, Alphonse Areola ou Presnel Kimpembe, issus de la formation du PSG et appelé en équipe de France ces dernières semaines. 

Youth League, Moussa Diaby (PSG) : "Je me suis inspiré de Zlatan"

Si Jonathan Ikoné, Jean-Kevin Augustin, Lorenzo Callegari ou encore Alec Georgen côtoient déjà l'équipe professionnelle, la pépinière parisienne possède d'autres joueurs programmés pour atteindre ce niveau dans le futur. C'est le cas de Moussa Diaby. À 17 ans, l'aillier gauche a été mis en lumière cette semaine par son but en Youth League à Bâle (3-2), suivi d'une célébration "inspirée de Zlatan Ibrahimovic".

Observé par quelques grosses écuries européennes (Manchester City, Arsenal, la Juventus...), le Parisien de naissance commence à se faire remarquer depuis deux ans, en U17, puis en U19 depuis août. "C'est à cet âge là qu'il fallait qu'il montre son potentiel, comme il est petit, il fallait attendre un peu", explique-t-on dans son entourage. Car sa petite taille ne lui a pas permis d'être au-dessus dans les catégories d'âge inférieures, où Moussa Diaby a côtoyé la DH en U17, pendant que ses coéquipiers évoluaient à la plus haute échelle nationale tous les week-end. "David Bechkoura (son entraîneur en U17), lui a donné beaucoup de confiance et ça a eu l'effet d'un déclic. Mais c'est un gamin qui aime le foot, vous pouvez lui demander d'aller jouer au plus bas échelon avec ses potes, il ira." Aujourd'hui stagiaire pro avec le club de la capitale jusqu'en 2019, il est prévu qu'il signe un contrat pro l'été prochain. C'est en tout cas le sens des discussions actuelles que mènent ses conseillers avec Olivier Létang, le directeur sportif du club.

"À 17 ans, il a rempli le stock de crampons de notre club"

Arrivé au PSG à 13 ans, après avoir écumé les terrains du stade Ladoumègue sous le maillot de L'espérance Paris 19e, Moussa Diaby reste attaché à ses racines. Lors de sa première saison au Camp des Loges, le gamin a continué à jouer avec le club du nord est parisien. "Je m'entraînais la semaine avec le PSG, et je revenais jouer le week-end avec mes potes de Pantin", nous confie-t-il après avoir longtemps hésité à nous offrir quelques mots : "Je n'aime pas trop qu'on parle de moi, j'aime rester discret."

Dans la formation du jeune joueur, deux hommes ont eu une importance capitale, dont son frère, surnommé "boubou" qui a joué jusqu'en DH au Blanc-Mesnil. "C'est lui qui a expliqué à mes parents que le PSG voulait me faire venir au début. Ils ne connaissent pas bien le football, mais moi je n'ai pas eu d'hésitation, je voulais y aller", explique l'attaquant et Losseny Sy, son formateur devenu "un autre frère" au fil du temps, avec qui le PSG a eu les premiers contacts quand le jeune joueur a été détecté : "Moussa est un garçon très discret, relaie celui qui est son conseillé. Mais à 17 ans, il fait des choses hors du terrain que peu font. Depuis qu'il a signé au PSG, il a ramené au moins 25 paires de crampons aux jeunes de l'espérance et je ne compte plus les sacs avec des équipements du club." Ce que confirme Morad Djeddi, président de l'Espérance 19e : "Nos équipes ne jouent pas beaucoup sur pelouse, donc on a un petit stock de crampons pour nos joueurs quand ça arrive, comme la plupart n'ont pas les moyens d'avoir des équipements de ce niveau." Il n'est d'ailleurs pas rare de croiser Moussa Diaby le week-end à Pantin, occupé à regarder les rencontres de ses anciens coéquipiers. 

A cette époque, celui qui se qualifie comme "un attaquant qui aime percuter" et qui prend Antoine Griezmann comme exemple, fait de grosses différences sur le terrain : "Je me rapelle d'une finale au Stade de France en poussin, se souvient Morad Djeddi. On jouait contre le "Solitaire", le rival du 19e, il y avait d'ailleurs Antoine Bernede avec eux (aujourd'hui professionnel au PSG). On perdait 4-1 à la mi-temps, Moussa met quatre buts en deuxième et on gagne 6-4." Après un tournoi à Saint-Denis la même année, où l'aillier termine meilleur joueur, le Paris FC lui fait la cour . "J'ai tout de suite calmé les ardeurs du club, reprend le président de l'Espérance 19e. Le club est venu parler à Moussa sur le parking pour avoir le numéro de son père, ça ne se fait pas. Le PSG a été beaucoup plus "normal" dans son approche."

Quelques années plus tard, Moussa Diaby n'évolue pas encore avec la CFA parisienne, mais aspire à franchir un nouveau palier bientôt. "Mon but, c'est de pouvoir monter en CFA cette année pour jouer face à des mecs plus costauds que moi, détaille-t-il. J'espère signer mon contrat en fin de saison, il n'y a qu'Antoine (Bernede) qui l'a fait dans ma génération (99). C'est ma première année en U19, je pense que mon niveau est bon mais je peux encore l'améliorer avec le nouveau coach (Hervé Guégan) et Carles (Romagosa)."` Appelé en équipe de France U18, Moussa Diaby est mis en lumière par l'exposition médiatique de la Youth League. Et profite d'une dernière année en commun avec ses potes du centre de formation. "On s'est connu depuis la pré-formation et la plupart sont en fin de contrat en juin prochain, explique l'attaquant. Le club va devoir prendre des décisions en fin d'année, ça sera dur de voir partir des potes." Moussa devra lui poursuivre sa route vers le monde professionnel.