Le PSG et le Parc des Princes - 4 juin 1974 - Jean-Pierre Dogliani, première idole du Parc

Vendredi, le PSG disputera son 1000e match au Parc des Princes. Le stade qui l’a vu écrire les plus belles pages de son histoire. Retour, à travers 5 matchs, sur 43 ans de passion.

4 juin 1974, soir de montée en première division.

Battu quatre jours plus tôt à Valenciennes (1-2) en match aller des barrages d’accession à la D1, le Paris-SG est à un tournant de sa courte mais déjà riche histoire. Créé quelques mois plus tôt par le couturier parisien Daniel Hechter, un vrai passionné de foot célèbre aussi pour son cigare, le "nouveau" PSG est à 90 minutes (ou plus) de rejoindre l’élite du football français. Avant la rencontre, Just Fontaine, co-entraîneur des Bleus et Rouge avec Robert Vicot, montre à ses joueurs une photo du Parc des Princes vide avant de préciser : "Vous savez ce qu’il vous reste à faire pour le remplir !".

Ce soir-là, le tout-Paris du football est là, mais il ne reste plus grand monde. Seulement 19 511 spectateurs sont venus assister à l’exploit. Parmi eux, quelques nostalgiques des soirées européennes du grand Reims, d’anciens amoureux du Racing Club de Paris, ainsi que quelques jeunes supporters impatients de voir enfin un club parisien en première division.

Le scénario de la rencontre est à la hauteur de l’enjeu. François M’Pelé, le premier serial buteur du PSG, ouvre la marque pour Paris mais Valenciennes égalise peu avant la pause (1-1). Tout reste à faire pour les joueurs de Fontaine et Vicot, les Jacob-Delafon du football parisien. La deuxième période a débuté depuis seulement trois minutes quand le Polonais de Valenciennes Erwin Wilczek trompe Jacky Planchard (1-2). Les rêves de grandeur s’envolent, mais pas pour longtemps ! Jean-Pierre Dogliani, le capitaine parisien, égalise six minutes plus tard. A l’heure de jeu, l’espoir change même carrément de camp quand Michel Marella, l’ailier droit du PSG, se joue de Jean-Paul Escale le gardien de Valenciennes-Anzin, surnom du club nordique à l‘époque. Le tableau d’affichage horizontal du Parc, style réglette de Scrabble, indique 3 à 2 pour le club de la capitale. Le PSG est à un but de l’accession en D1.

Dogliani pour l’éternité

A un quart-d ‘heure de la fin de la rencontre, tandis que la tension est à son comble, les Valenciennois laissent filer Dogliani seul au but, le croyant au hors-jeu. "Dogli" ne laisse pas passer sa chance, il élimine Escale et marque le quatrième but parisien de la soirée. Un but synonyme de montée en première division. Les protestations des Valenciennois auprès de l’arbitre Monsieur Wurtz n’y feront rien. Paris s’impose 4 à 2. "On est en D1", entonne le public parsemé du Parc. Le Paris Saint-Germain vient d’écrire la première page de son histoire d’amour avec le Parc des Princes. Le regretté Jean-Pierre Dogliani en est sa première star. La nouvelle équipe dirigeante du Paris-SG exulte. Tout le monde embrasse tout le monde. L’émotion est trop forte pour Just Fontaine qui s’effondre sur la pelouse, victime d’un léger malaise cardiaque. La peur succède à la joie. Finalement rassurés sur l’état de santé de l’entraîneur parisien, les spectateurs savourent leur plaisir. Le Paris-SG monte en D1, il ne la quittera plus !

Le 4 juin 1974 à Paris (Parc des Princes)

PARIS-SG BAT VALENCIENNES : 4-2 (1-1)

19 511 spectateurs/Arbitre : M. Wurtz.

Buts : M’Pelé (35e), Dogliani (54e, 75e), Marella (61e) pour PSG. Neubert (39e), Wilczek (48e) pour VA.

PARIS-SG : Planchard – Quéré, Renaut, Léonetti, Cardiet – Laposte, Dogliani, Deloffre – Marella, Spiegler, M’Pelé. Entr. : J. Fontaine et Vicot.

VALENCIENNES : Escale – Joly, Coumba, Kuskowiak, Copin – Neubert, Vertraete – Jeskowiak, Zaremba, Wilczek, Six. Entr. : Destrumelle.