CdL - Monaco apprend ses leçons

Prématurément éliminé de la Coupe de la Ligue par Reims, Monaco doit se concentrer sur son réel objectif et continuer d'apprendre à devenir une équipe haut de gamme.

Le match de mercredi soir à Auguste Delaune est plein d’enseignement, même s’il ne s’agissait que d’un seizième de finale d’une coupe bradée par la plupart des «gros» clubs. Et puisque Monaco est désormais du standing de ceux qui sacrifient les matchs moins huppés pour se concentrer sur ce qui importe vraiment, leur élimination est tout ce qu’il y a de plus logique. Face à une équipe de Reims qui, toutes compétitions confondues, pose des problèmes aux grosses écuries, le club de la Principauté a montré les limites d’une équipe avec de grands noms qui n’en reste pas moins en construction. 

 Pourquoi Ranieri fait-il tourner ? 

L’AS Monaco, qui ne joue pas encore l’Europe, a tout de même fait tourner son effectif pour «permettre à ceux qui ne jouent pas beaucoup de pouvoir jouer», dixit Ranieri. Mais le football est toujours un monde plus impitoyable que ça où le sentimentalisme n’a pas vraiment sa place. Il faut donc lire entre les lignes et comprendre que cette Coupe de la Ligue dérange le technicien italien dans la quête débutée en août dernier. Cette conclusion est confirmée par les propos de l’ancien coach de Chelsea qui dès le coup de sifflet final, a rappelé où se trouvaient les priorités: «Ce n'est pas grave, la priorité c'est le championnat et se qualifier pour la Ligue des champions. Ce sera un très grand choc dimanche à Lille. Je commence déjà à penser à l'équipe qui jouera.» Tout est dit. L’équipe bis concoctée prouve une chose, la profondeur de banc de Monaco n’est pas celle d’un champion. Cette fois, personne n’en voudra au club français, le coefficient UEFA ne rentrant pas en ligne de compte, l’intérêt national en est donc bien gardé. Mais tout de même, une équipe comme celle du Rocher n’est-elle pas capable d’assumer plusieurs tableaux ? Les joueurs comme Moutinho, Carvalho, Abidal, ou encore Falcao (suspendu face à Reims) sont habitués à disputer les fameux matchs tous les trois jours, non ? 

 Les limites d’une équipe en construction

Si l’on se réfère à ce qui ressemble le plus à la situation actuelle de Monaco, c’est à dire celle de Paris voilà une à deux saisons, les choses s’éclaircissent. Les grands joueurs font les grandes équipes, mais ce n’est pas tout. Au delà de ça, la cohésion, la solidarité, les automatismes, l’anticipation, l’expérience sont tout autant de paramètres à prendre en compte pour arriver au résultat escompté par tant d’investissements. Le leader parisien en est l’illustration parfaite. Pas plus tard que la saison dernière, la clique d’Ibrahimovic, Thiago Silva, Lavezzi et Thiago Motta avait perdu des points sur les terrains éparses de la France d’en bas. Celle de Reims, de Valenciennes et de Sochaux par exemple, et pas (toujours) par suffisance d’ailleurs. Le PSG montrait parfois des limites dans le jeu, dans la volonté et dans la création tant il est parfois difficile de jouer sur plusieurs tableaux et face à des équipes survoltées de se confronter à un géant. Aujourd’hui, Paris ne perd plus ces points qu’il laissait par ci par là car le temps et le travail font les choses de pair. Le tour de Monaco viendra.

Un effectif jeune à l’école des champions

Claudio Ranieri ne veut pas brûler les étapes, mais il veut aller plus vite que le rétro-planning de son président russe. L’excellent début de championnat des Monégasques, à un niveau où on ne les attendait pas si vite, a ouvert des horizons presque inespérés. Le titre, dès la première année, c’est jouable ? Là où plusieurs observateurs avisés répondaient oui, il ne faut pas se laisser emporter par la folie du début et raisonner selon ce que l’histoire a montré. A l’année 0 (en Ligue 1 et sous l’ère Rybolovlev), l’équipe composée de joueurs expérimentés et de jeunes talents est en phase d’apprentissage. Les anciens tirent les plus jeunes vers le haut niveau. S’ils en ont incontestablement le potentiel, les Ferreira-carrasco, Ocampos, Fabinho et autres Kondogbia ou James manquent de match référence contre les grandes équipes. Monaco ne passera pas devant le PSG cette saison, Claudio Ranieri ne prendra d’ailleurs pas le risque de laisser de l’énergie ailleurs qu’en championnat et il ne dispose pas d’un banc assurance tout risque non plus, la preuve en est. Faire jouer son équipe type sur tous les tableaux et dès le début des compétitions ne serait pas raisonnable et pourrait entraver l’avenir. Celui d’une équipe destinée à briller en France et sur la scène européenne. Patience, c’est pour bientôt.