Ligue 1 - Paris accepte ses limites

Contre Reims, Paris a fait montre d’une criante impuissance et il en a été puni par une cinquième défaite cette saison. Une prestation qui renvoie les Franciliens à leurs doutes.
Pourtant, ils étaient prévenus. La défaite enregistrée contre Sochaux (2-3) il y a à peine deux semaines aurait dû inciter les protégés de Carlo Ancelotti de se présenter à Reims avec un visage plus séduisant. Ca n’a pas été le cas. Comme ce fut le cas en terre doubiste, le PSG a totalement déjoué du côté d’Auguste-Delaune (0-1). Sur une pelouse qui n’était, certes, pas dans un état idéal pour jouer au football, le leader de la Ligue 1 n’a pas trouvé les solutions pour faire valoir sa supériorité. Même à onze contre dix, il s’est montré incapable de prendre la mesure d’une valeureuse formation champenoise. Après la rencontre, de nombreux constats ont été tirés, comme celui livré par Leonardo. D’un calme presque impressionnant, le Brésilien a mis cette contre-performance sur le compte de l’incapacité de ses joueurs à se surpasser dans la difficulté. « On n’a pas été bâtis pour jouer ce genre de matches » a-t-il lancé comme explication. Bluffant.

« On peut ne pas être champions »

Montée à coups de millions, l’équipe du PSG ne serait donc pas capable pour autant de dominer des adversaires de bas de tableau de la Ligue 1. Une thèse difficilement concevable, mais sur laquelle le directeur sportif francilien a tenu à insister : « On a créé l’équipe pour jouer plus l’Europe que le championnat. Les conditions de jeu n’étaient pas trop pour nous. Comme le terrain, le fait de jouer tous les trois jours et face à une équipe ultra-défensive. Je crois que c’est un peu normal, et ce n’est pas la dernière fois ». Une analyse surprenante et dans laquelle il ne remet jamais en question l’investissement des joueurs. Carlo Ancelotti a abondé dans le même sens en conférence de presse lorsqu’il a lâché : « ce n’est pas un problème d’attitude. Sur un terrain pareil, il était difficile de pratiquer le moindre jeu offensif ». Le technicien italien a aussi assuré qu’il ne s’agissait pas « d’un problème physique » alors que sa formation est engagée dans un rythme infernal depuis le début de l’année.

La responsabilité des joueurs dans ce nouvel accroc en Ligue 1 serait donc relative. On a beau essayé, on n’arrive pas totalement à adhérer à ce genre de discours. Pourtant, Ancelotti s’y est accroché en confiant également qu’il n’était « pas en colère contre les joueurs » et qu’ « ils ont fait du bon travail ». Heureusement, que les intéressés, eux, ont pris la peine de faire leur propre autocritique. « On doit faire mieux que cela » a reconnu David Beckham, pendant que Salvatore Sirigu insistait sur le fait de « devoir trouver des solutions ». Rassurant ? A moitié seulement. Pour un club censé survoler le championnat et jouer les premiers rôles en Europe, il y avait lieu de s’attendre à un véritable rappel à l’ordre. Une piqure de rappel. Un peu comme celle qui s’est produite après la défaite face à Rennes (1-2) en hiver dernier, et dont le scénario ressemble comme deux gouttes d’eau à celui vécu hier en terre champenoise.

Les Parisiens ont-ils cédé à la méthode Coué ou cette politique d’autruche dont ils étaient de vrais adeptes par le passé ? Ou est-ce une façon comme une autre d’évacuer la pression extérieure à quelques jours d’un match capital en Ligue des Champions ? « Contre Valence, ça sera différent et on fera sûrement mieux » a promis Ancelotti. Leonardo, aussi, est probablement de cet avis, mais il ne s’attend pas forcément à un sursaut d’orgueil lors des prochaines sorties en championnat. « Ce type de rencontres, basé sur le combat et la souffrance, ne nous réussit pas. On peut ne pas être champions » a-t-il concédé. Pas sûr que ce genre de propos soit accueilli avec enthousiasme dans les hautes sphères du club. Envisager le pire n’est pas vraiment le genre de posture que le QSI attend au sortir des prestations totalement manquées. Si l’année dernière l’échec dans la conquête des titres n’avait provoqué aucune révolution, il y a fort à parier que ça ne sera pas du tout le cas en mai prochain.

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