Ligue 1 - OM- PSG, rivalité bidon ?

L’OM et le PSG s’affronteront une nouvelle fois, dans une rencontre qui passe pour « le » classique historique du championnat français de football. Historique ? Pas tant que ça.
Contrairement au clasico Real-Barça ou aux autres grands chocs européens, le match entre Marseille et Paris-Saint-Germain n’a pas toujours constitué un choc, loin de là. Du début des seventies à la fin des années 80, ce n’était même pas une affiche. Les véritables rivaux de Marseille sont l'AS Saint-Etienne dans les années 70, Bordeaux dans les années 80 ou encore l'OGC Nice et le Nîmes Olympique avec lesquels ils se disputent la suprématie régionale.

Un Clasico artificiel, dopé à la télé

Il n’y a en effet pas si longtemps que ce type d’affrontement autant médiatisé, a commencé à déborder hors du stade et à se voir surchargé de symboles (pas uniquement liés au football, d’ailleurs). A l'étranger, les 'Clasico' relèvent d'oppositions centenaires entre des monstres du football, qui sont aussi exacerbées par des chocs culturels, parfois même politiques. Le fameux Real - Barça date de 1928, et les deux clubs comptent 52 titres nationaux à eux deux. En Argentine, le premier match Boca Juniors - River Plate remonte à 1913. Le patrimoine historique du Clasico français n'est en aucun point comparable à ce qui peut se faire dans les pays latins, où l'identité de club est bien plus présente.




Même sportivement, Il a fallu attendre 2010 pour que Marseille remporte sa 9e couronne nationale tandis que le Paris-SG espère conquérir le trophée cette saison, 18 ans après le dernier glané. Le contexte les voit encore, cette saison, éloignés au classement. Trois fois seulement depuis 40 ans, le duel entre les deux équipes a consacré le champion de France, ce qui s’avère quantité négligeable par rapport à tous les grands chocs en Europe, en Amérique Latine, ou même en Afrique.

Rivalité expresse

Tant d’engouement s’explique plutôt (en partie) par l’impact de la révolution télévisuelle qui a conduit à dramatiser les enjeux de certains matchs, afin d’attirer les spectateurs. Les duels OM-PSG n’ont ainsi guère d’écho au milieu des années 1980; ils ne prennent leur couleur flamboyante qu’à partir du rachat du PSG par Canal + en 1991. C’est à ce moment que s’impose sur le plan médiatique la lutte des deux équipes pour la suprématie, lutte dont la résonance est renforcée par les provocations et autres rebondissements qui jalonnent « l’ère Tapie ».

En effet, suite à la perte d'influence de Bordeaux sur le football français, Bernard Tapie, président de l'OM de 1986 à 1993, recherche un autre rival pour pimenter le championnat et avoir un adversaire de premier ordre. Il avoue qu'il entretient cette rivalité afin de motiver son équipe en tête du championnat, notamment lors de la course au titre en 19893. Pour le match décisif au Vélodrome le 5 mai 1989, les supporters parisiens sont interdits de déplacement. Et cette rivalité montée en épingle pour le meilleur et pour le pire. Oui, le pire, avec certain supporters « ultras » qui font de la défense du territoire - celui du stade et celui que représente le club - le principe-clef de la définition de leur identité. Déplacement agités, banderoles incendiaires , et incidents de toute sorte ont contribué à « iconiser » ce match, qui est désormais bien installé dans le paysage sportif et médiatique français.