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Féminines - C. Abily : "L'OL, une locomotive pour le foot féminin"

Exclusivité
Par Jean-Charles Danrée

Camille Abily est une footballeuse épanouie. Tête d'affiche d'une génération dorée du football féminin, la meneuse de jeu de l'Olympique Lyonnais a compilé les titres et les succès depuis le début de sa carrière. Cette joueuse technique et brillante a eu la gentillesse de nous livrer son regard sur l'actualité. De l'hégémonie lyonnaise à l'image des Bleues, en passant par les aventures de l'équipe de France masculine, Camille Abily n'a esquivé aucune question. Confidences.

Camille Abily, comment vous sentez-vous physiquement à trois jours d'un déplacement en Suède comptant pour les quarts de finale retour de la Ligue des Champions ?
Je me sens bien. Le fait d'avoir gagné 5-0 contre Malmö au match aller nous permet de récupérer beaucoup plus vite psychologiquement, donc ça aide. Et personnellement, je n'ai pas joué ce week-end, on a joué en Coupe de France mais j'étais laissée au repos, donc cela m'a permis de récupérer et d'être en forme pour jeudi.

Comment l'équipe aborde t-elle cette seconde manche ? Etes-vous déjà focalisées sur les demi-finales ?
Non, même si c'est vrai qu'on a fait un grand pas vers la qualification. Le score ne reflète pas vraiment le match aller. On a été efficaces, elles un peu moins. Donc on sait que ça ne sera pas forcément facile, il faut quand même faire attention pour ne pas se faire surprendre dès le début du match parce qu'on sait qu'en football ça peut aller très vite.

L'Olympique Lyonnais affirme depuis plusieurs années sa suprématie en France, mais également sur la scène européenne. Comment expliquez-vous un tel succès ? Peut-on qualifier l'OL de club ambassadeur du foot féminin ?
Oui, bien-sûr. C'est vrai que ça fait plusieurs années que le président Aulas a investi chez les féminines, mais quand je dis investi, ce n'est pas seulement recruter des grandes joueuses, c'est aussi mettre des structures et des gens compétents dans les différents domaines de la section féminine. Forcément, on est une locomotive pour le football féminin français.

"Finir ma carrière à Lyon ne me dérangerait vraiment pas"

Vous avez multiplié les expériences, avec notamment un séjour aux Etats-Unis. Où voyez-vous votre avenir ? Pensez-vous à terminer votre carrière à Lyon ?
Pour le moment je me sens très bien à Lyon. J'ai d'ailleurs prolongé mon contrat pour deux années supplémentaires. C'est un des meilleurs clubs d'Europe, voire du monde. J'ai eu une expérience à l'étranger qui était très enrichissante. Après la fin de mon contrat, pourquoi pas tenter une expérience ailleurs, mais finir ma carrière à Lyon ne me dérangerait vraiment pas.

On vous sent épanouie dans un rôle de numéro 10. Appréciez-vous que l'on vous confie les clés du jeu ?
C'est vrai que depuis toute jeune, j'ai toujours été formée comme milieue axiale. Parfois dans un rôle un peu plus défensif, et d'autres fois dans un poste plus offensif. J'aime être plus haut sur le terrain pour pouvoir être plus proche du but. J'apprécie le fait de pouvoir toucher beaucoup de ballons losque le jeu passe par moi, donc j'essaye de proposer toujours des solutions pour pouvoir aider l'équipe.

L'équipe de France féminine a créé une certaine effervescence ces dernières années. Ressentez-vous une évolution des mentalités, un changement des regards ?
Au début c'était vraiment de la découverte. Ce n'était pas beaucoup connu donc les gens étaient agréablement surpris du niveau. Mais maintenant que les gens connaissent, ils sont plus exigents mais c'est tout à fait normal aussi puisqu'on leur a montré, notamment en 2011, un beau football. Et depuis quelques temps on est peut-être un peu moins performantes, donc c'est à nous de retrouver nos principes.

Comment avez-vous vécu, à l'intérieur du groupe, ces dernières grandes compétiions internationales avec les Bleues ?
Au Mondial en 2011, on a fini quatrièmes, c'était la première fois et c'était une expérience super. On avait atteint les demi-finales, et même si on espère toujours faire mieux, c'était déjà un très bon résultat. Par contre, aux Jeux Olympiques, terminer à nouveau quatrièmes alors qu'on avait vraiment la possibilité de faire mieux, c'était un peu une désillusion, surtout que l'on avait battu le Japon en match amical avant le début de la compétition et là ce sont eux qui nous ont battu. Donc c'est un peu rageant car nous avons eu la sensation de perdre contre une équipe qui n'est pas plus forte que nous.

Retrouvez demain la suite de notre interview exclusive. Camille Abily évoquera l'actualité des Bleus avec la choc au sommet contre l'Espagne...