REPORTAGE - Une journée au centre de formation de l’AJ Auxerre

Goal.com s'est immiscé au cœur de l'AJ Auxerre. Entre interviews et diaporama, découvrez la vie quotidienne d'un centre de formation ultra-performant.

Auxerre. Jour d’entraînement. Dans la grisaille frigide de l’automne, une partie de la cité bourguignonne bouillonne. Le calme apparent d’un Stade de l’Abbé-Deschamps silencieux, en matinée, camoufle un bourdonnement. Quelques centaines de mètres plus loin, une autre vie s’étale. Les terrains se succèdent et précèdent l’immensité d’un bâtiment clinquant. Une croix de malte, bleue et blanche, est arborée sur le ton brique d’une façade soignée, type britannique. Accolées, d’imposantes baies vitrées exposent la photographie d’un soir. Une image de victoire. Une vitrine. C’était en mai dernier, lorsque l’AJ Auxerre décrocha la septième Coupe Gambardella de son Histoire.

Aujourd’hui, et depuis quelques années, elle renvoie l’image d’une écurie secouée, engluée dans les contrariétés, prisonnière de son passé, parfois, et rongée par l’anxiété d’une période trouble. Ce vacarme n’est pourtant qu’une surface pour un club plongé dans la répétition de ses gammes. Sa singularité, la formation, est un héritage lourd parce qu’elle reste une sorte d’idéal, la recette choyée d’une renommée. Elle ne s’est pas évaporée, mais elle a été rénovée, peaufinée, simplement dépoussiérée pour grandir avec son temps. Goal vous propose une immersion au cœur d’un modèle de formation, l’exploration d’une conception, et l’observation de ces générations qui courent après leur rêve.

Le nouveau centre, un bijou

Personne n’a oublié l’authentique pyramide et sa marée de champions. Cantona, les frères Boli, Charbonnier, Diomède, Cissé, Mexès, Kapo, Kaboul ou Sagna, pour ne citer qu’eux, ont tous assouvi l’appétit d’une carrière dans ce théâtre d’une (autre) époque, bourré de charme et reconnaissable entre mille. Aujourd’hui réhabilitée, elle fait face à la magnificence d’un espace flambant neuf, de l’autre côté de la route, pour loger et scolariser 59 adolescents sur les 95 présents dans les catégories de jeunes.

La rénovation a coûté dix millions d’euros répartis entre le club, la ville, le département et la région. Et la simple énumération des sources d’inspiration - Barcelone, Arsenal, ou le centre technique de Clairefontaine - plante le décor. Mathieu Meli, responsable adjoint du recrutement du Centre, nous ouvre les portes pour nous présenter les lieux. La politesse des occupants interpelle. Les ‘bonjours’ courtois se multiplient, dans la réserve pour les uns, un peu plus d’aplomb pour quelques autres. Le doux parfum d’une histoire glorieuse est facile à humer, entre grandes Unes de journaux encadrées ou conseils avisés des éducateurs, tous formés à Auxerre.

Le pôle technique du bâtiment se situe à l'étage. Le bureau de Jean-Marc Nobilo, le directeur du centre, et un open space laissent place à une vue plongeante sur tous les terrains. Deux synthétiques, deux terrains de matches et deux autres d’entraînement composent un espace de quinze hectares d’infrastructures avec les bâtiments. Toutes les pelouses sont sectionnées par catégories d’âge. Elles sont visibles à l’œil nu, mais sont aussi disséquées par un système de vidéo pour analyser les performances. Juste derrière, un auditorium de 80 places est à disposition pour revisionner les matches. Ce qui guettait l’évolution des footballeurs professionnels s’applique donc aujourd’hui à des adolescents, couvés de la tête au pied par la technologie.

Les résultats scolaires constituent l’autre axe majeur du programme. C’est une voie de secours indispensable. Celle des désillusions pour les recalés, le pont d’une autre vie. Quarante-deux élèves et vingt-huit professeurs rythment le quotidien d’une quinzaine de salles de classe. L’école est privée, les enseignants vacataires sont salariés du club. Et les résultats sont là : 85% taux de réussite au bac. Dans ces cheminements scolaires forcément atypiques, la rigueur transpire. Elle est présente dans tous les recoins, matérialisée par un règlement comme un vieux serpent de mer pour les derniers incorrigibles téméraires. Les cracks de demain ne perçoivent peut-être pas la scolarité comme le point le plus attrayant, mais c’est un signal apaisant pour leurs parents.

Ces actions parallèles sont rythmées par un quotidien très structuré. Les chambres, avec vue sur les terrains, toujours, sont conçues pour penser football. Le confort est total, le décor relaxant, mais les fioritures (comme la télé) n’ont pas leur place, et les couettes de lits, imprimées aux couleurs du club, consolident l’attachement. Tous les outils nécessaires à un apprenti footballeur renforcent le jonglage permanent entre le football  et l’école. Les instants de détente sont partagés dans une salle de vie et une pièce abritant un grand écran. C’est la prime aux soirées foot. Mais la réflexion reste reine, là aussi, avec la consigne d’analyser les matches de la prestigieuse Ligue des champions ; analyses ensuite vérifiées par les formateurs et débattues lors de séances collectives.

En bas, les vestiaires des plus jeunes n’ont rien d’insignifiant mais ceux des catégories supérieures gagnent en standing, dans une logique constante de progression considérée. Récupération, rééducation, réathlétisation, toutes les salles de soin sont hautement équipées. Après la musculation et les tables de massage, l’espace de balnéothérapie affiche sa splendeur. Et tous ces itinéraires sont réglés comme du papier à musique. Vingt heures de cours par semaine, deux entraînements par jours. Les pensionnaires sont munis de badges pour rentrer dans leurs chambres et manger dans la salle de restauration. Une heure bafouée n’est jamais sans suite…  À 22h30, c’est l’extinction des feux. Ou la sanction.

Dans la gestion de ces jeunes adolescents, le management consiste souvent à savoir alterner entre le bâton et la carotte. Le règlement intérieur est précis et chaque contrevenant se voit privé de ballon, l'une des sanctions les plus dures pour ceux qui le dévore des yeux à chaque instant. Savoir motiver ces jeunes est aussi indispensable. L'AJA possède trois bâtiments qui ont suivi les évolutions de confort. Le nouveau centre de formation se mérite et seuls les U19 (et quelques U17) ont le droit à ce privilège. Avant, il faut faire ses preuves, sur et en dehors du terrain.

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La détection, œil et relations

Détecter et négocier restent les deux phases principales d’un recrutement. Dans le paysage du foot pro, elles sont banalisées par l’exposition, les qualités, et la situation des acteurs. Mais pour un jeune, l’affaire n’est pas plus aisée, surtout dans une institution en Ligue 2. Lorsqu’elle était dans l’élite, l’AJA comptait 17 observateurs pour sillonner les routes du pays. Depuis la relégation, 4 recruteurs, seulement, s’adonnent à cette mission pour la Bourgogne et l’Ile-de-France. Paris et ses alentours soulignent le faible vivier régional : 95 % des jeunes du centre proviennent de la région parisienne.

Il y a les clubs partenaires, ensuite, qui sont une autre source de décèlement. En Ile-de-France, Brétigny est l’exemple le plus parlant. Ce club de l’Essonne a permis à l’AJA de mettre la main sur quelques talents notables, comme l’international Espoir Paul-Georges Ntep - vendu à Rennes, depuis - le défenseur Jean-Charles Castelletto, ou le gardien Donovan Leon. Le club reçoit des retours fréquents pour instaurer des essais, l’étape déterminante pour ces garçons amenés à se greffer à une promotion. Ntep, par exemple, était arrivé à 17 ans, après avoir échoué dans de nombreux clubs.

Les critères pour les choix ont évolué depuis quelques années. Le talent n’est plus la caractéristique dominante, des attributs liés à l’attitude sont beaucoup plus scrutés. Un joueur mis à l'essai récemment n'a pas été conservé car il était ingérable. Le comportement, donc, indispensable pour un cadre collectif, mais aussi la personnalité, sont jaugés très rapidement. Comment surmonter un obstacle ? Franchir un cap ? Analyser, combattre et renverser une situation mal engagée ? Ces vertus de sport sont éternelles, mais elles se sont étiolées à l’aune du talent. Peut-être parce qu’il est plus rare. Pas plus noble.

La négociation, enfin, doit envoyer un signal fort. À Auxerre, toutes les journées de détection sont des points de rencontre pour les familles, qui ne sont jamais laissées en plan. Le climat est volontairement familial, direct, sans prétention. La qualité des infrastructures, les perspectives du sportif et les résultats scolaires sont des atouts alléchants, comme l’importance de la proximité, qui justifie le privilège à la région parisienne. "95% des jeunes de 13 ans (ou plus) éloignés à plus de 300 km de chez eux ne réussissent pas à devenir pro", souligne Mathieu Meli, qui s'appuie sur une étude de la FFF. Jean-Marc Nobilo, le directeur du centre, rappelle un argumentaire très précis. "Aujourd’hui, je pense que la relation de négociations avec les parents se base sur les infrastructures et les résultats scolaires pour prendre l’AJA comme un club tremplin."

Intelligence, ouverture et culture club

Pendant des décennies, Auxerre a savamment cultivé l’image d’un pionnier de la formation. Les chiffres l'attestent : avec 114 joueurs professionnels formés en 30 ans, l’AJA propulse presque 5 joueurs par an dans l’univers du professionnalisme, contre 2 en moyenne pour les autres académies de l’Hexagone. Mais elle n’a pu occulter une concurrence beaucoup plus intense, dans le nombre et les moyens, surtout. Les rivaux historiques, Sochaux, Lens, ou Nantes, ont été rejoint par Rennes, Montpellier, ou des écuries plus puissantes comme Lyon ou Monaco. Le PSG, lui, est seul dans sa niche et peut presque tout rafler s’il le décide. Une iniquité unanimement constatée.  

Dans ce contexte, le moindre particularisme devient un atout. À Auxerre, l’intelligence est au cœur du nouveau programme, pour le jeu et le reste. Les matches filmés passent à l’autopsie une fois par semaine dans l'auditorium. Plus que l’évaluation, l’auto-évaluation est l’objectif d’une démarche ludique visant à favoriser la lucidité des pensionnaires sur leurs propres performances. Le recul et la réflexion sont dans tous les discours. Le jeu devant le "je". Une (r)évolution récente.

En dehors des terrains, aussi, l’éveil à la curiosité est latent. À la sortie des salles de classe, des thèmes sont proposés dans les couloirs pour toutes sortes de références culturelles ou médiatiques. La peinture, le cinéma, ou de grands évènements sportifs sont au menu. Les interrogations sont instaurées mais pas notées. Et l’ouverture vers d’autres disciplines va aussi dans ce sens. Des représentants de la Fédération Française de Lutte et les frères Guénot sont venus apporter leurs conseils et favoriser l’échange. Le bienfait est autant social que technique. Il construit l’homme et développe une aptitude, une gestuelle, un simple réflexe.

Et puis il y a les exemples, évidemment, pour perfectionner les gestes. Si les grandes stars planétaires restent d’ultimes références pour la vidéo, d’autres anciens pensionnaires, comme Yaya Sanogo, sont contemplés sur un fait précis. Pour l’attaquant d’Arsenal, c’est l’amorti de la poitrine. Cette démarche accentue une culture club déjà très palpable, dans la décoration, les passages fréquents des joueurs de l’équipe pro pour les repas de midi, et l’identité des formateurs.

Du centre au groupe professionnel

Pour résumer le cheminement d’un bon parcours, Jean-Marc Nobilo a fixé une méthodologie très simple, basée sur le système d’ascenseur. "Toutes les trois semaines, les meilleurs d’une catégorie montent d’un cran avec la catégorie du dessus. Nous basons cela sur le principe de la motivation, du mérite, et de la performance. Ensuite, toutes les quatre ou cinq semaines, les meilleurs du club sont pris en charge par le staff. Il faut être le meilleur." Formateur reconnu, l’ancien entraîneur du Havre est arrivé en 2013 avec son expérience dans le domaine. Ses enjeux sont clairement énoncés. Former des joueurs professionnels constitue "l’objectif numéro 1", devant les "objectifs de compétitions" (saisons des catégories de jeunes, Gambardella), et "la revente de ces jeunes joueurs".

Le cas de Thierry Ambrose, pépite partie en fin de contrat à Manchester City, est un spectre qui plane : "Ambrose, c’est le très mauvais exemple qu’il ne faudra plus réitérer à l’AJA. Le dossier a été très mal géré. Un dossier mal géré, c’est une perte d’argent", lâche Nobilo, tranchant, avant de souligner le contraste de cet échec avec le cas du jeune Samed Kilic. "L’une de nos plus grandes valeurs actuelles, Kilic, a été reçu l’année dernière à une année de la fin de son contrat. On a reçu parents, agent, le président s’est attelé à la tâche, je me suis attelé à la tâche, et en décembre c’était signé. Nous n’avons pas attendu les trois derniers mois. Et aujourd’hui c’est un garçon qui fait un début de saison très correct."

Le constat est véridique. Samed Kilic est l’archétype d’une réussite pour une transition vers l’équipe première. Etendard de la génération gagnante en Gambardella, le jeune milieu offensif a rempilé à un an de la fin de son bail avant de fondre dans le groupe professionnel, mais son accompagnement pour entrer dans le grand bain reste très pointilleux. Sur cette dernière ligne droite, c’est un peu au cas par cas. Kilic a quitté le bercail pour une vie plus indépendante en appartement, quand son coéquipier de promotion, le gardien Xavier Lenogue, a préféré rester au centre après avoir intégré l’équipe première. Ces pépites précoces ont toutes l’obligation de continuer à manger au restaurant du centre pour leur première année en pro.

Jean-Marc Nobilo insiste sur les concepts d’anticipation et d’intégration progressive. Le premier point détermine les situations contractuelles, le deuxième est capital pour le sportif. "Aujourd’hui j’ai mis en place, au niveau de la formation, ce que j’appelle une commission de réflexion de haut niveau. Nous parlons des joueurs quasi continuellement. Nous sommes mi-octobre, et il y a une semaine, des joueurs ont été identifié ‘fort potentiel’. Et si on ne les maîtrise pas complètement administrativement, le lendemain, un mail est envoyé à la direction. On fait un métier d’anticipation", répète t-il. "Cela fait partie de notre rôle d’identifier les potentiels. Il y a une planification d’intégration dans le temps. Trois mois, six mois… Et lors de notre dernière réunion en avril 2014, nous avions proposé six-sept garçons, que le coach Vannuchi a intégrés dans le groupe pro. Tous les lundis, il y a un rapport écrit des joueurs pro sur les joueurs mis à disposition. Il y a un échange permanent. Une relation technique permanente. Et une relation permanente avec la direction. C’est une obligation, pour éviter les mauvais cas…"

Les pros sont impressionnés

Au printemps dernier, Jean-Luc Vannuchi a posé ses valises à Auxerre pour une périlleuse mission maintien dans le sprint final. Après avoir rempli cette part du contrat, ce jeune technicien perçoit le nouveau centre comme une aubaine. Avec un zeste de nuance, pour resituer les choses... "C’est un outil ‘surdimensionné’, merveilleux, mais il met les jeunes dans le confort. Ils sont habitués aux très bonnes conditions de travail. Tant mieux pour eux, pour les éducateurs. Cela va nous permettre de continuer ce qui a toujours été bien fait ici, la formation."

Comme Jean-Marc Nobilo, Jean-Luc Vannuchi savait où il mettait les pieds."Il y a eu une période lors de laquelle l’AJA a fourni beaucoup d’internationaux. Elle a réussi à vivre, à s’épanouir et à grandir grâce à cette formation. Le club a été précurseur dans ce domaine. Il faut continuer le travail qui a été entrepris. Il y a eu une petite baisse de régime à un moment donné. On est pour ce genre de travail, on ouvre les portes à ceux qui le méritent." La passerelle est toutefois bien peuplée. Le recrutement estival a été pléthorique (quatre jours arrivés le dernier jour du mercato) et les places sont chères dans les listes réduites de la rude Ligue 2. "Trop de pros ? Oui et non, je suis très content d’avoir cet effectif car tout le monde joue, et on a besoin de tout le monde. On est ravi d’avoir ces possibilités. C’est vrai que dans l’aspect post-formation, cela peut mettre un frein. Mais cette saison est une saison de transition pour eux. On doit vivre de cette formation, sportivement comme économiquement.  Pour cette saison, Jean-Marc nous a proposé une liste de joueurs qu’il voyait intégrer le groupe professionnel. On se réunit toutes les 4 à 6 semaines pour faire un point sur ces joueurs-là. Si c’est suffisant, ils restent avec nous. Sinon, ils repartent à la formation avec Jean-Marc, qui nous les rebooste et les fait remonter lorsqu’il pense que c’est nécessaire."

D’une transparence peu commune, le technicien se montre beaucoup moins flegmatique lorsqu’il aborde les attitudes. "Quand je vois le match de l’équipe de France Espoirs contre la Suède, il y a parfois de la suffisance pour ces jeunes générations. Dans mon groupe, au niveau humain, il n’y a pas de soucis, mais certains ont des ‘pseudo-statuts’. Ils devraient bosser deux fois plus aux entraînements. Il faut user du bâton et de la carotte, mais c’est parfois usant." Quelques susceptibilités froissées n’effraient pas l’entraîneur de l’AJA. "Ils le prennent mal, mais ce n’est pas un problème. Je reçois aussi mon capitaine, Sébastien Puygrenier, pour faire un point. Ce que je dis en conférence de presse, ils le savent avant."

Samed Kilic n’est pas vraiment visé. Pour lui, tout est allé très vite. Le petit meneur de jeu a rejoint le club il y a quatre ans avant un passage ponctuel à Clairefontaine. Malgré la chute sportive de l’équipe pro, il a conservé l’image d’une grande académie. "J’ai signé à l’AJA à 12 ans. Quand j’avais 12 ans, Auxerre était un grand club, et il y a eu la Ligue des champions… J’ai ensuite fait deux ans à Clairefontaine et quand je suis revenu, Auxerre était en Ligue 2. Mais pour moi le club a toujours eu un grand centre de formation." La marche est-elle si haute ? "Physiquement, ça change vraiment, ce n’est pas pareil du tout. Il faut voir plus vite… Mais ça dépend aussi des matches, de l’adversaire. Tactiquement, c’est plus organisé en pro."

Le jeune homme, dix-huit printemps, personnifie le nouveau projet du club. Intelligent dans ses déplacements, polyvalent, mature, collectif et créatif, Kilic marque déjà des points. "Samed, c’est le talent. Un bon joueur peut jouer n’importe où, et Samed, c’est un bon joueur. Il est apte à faire jouer les autres et capable de bonifier l’équipe", confirme Jean-Luc Vannuchi.

L’intéressé, au tempérament pourtant réservé, n’hésite pas à envoyer un message fort aux générations qui suivent. Une humble façon de transmettre le flambeau."Quand on voit un centre de formation comme ça, ça veut dire qu’on fait confiance aux jeunes. C’est un investissement. Il y a un confort. Il y a tout !" Mais avant de passer le plus gratifiant des échelons, ces espoirs devront boucler la boucle. En écrivant une histoire, pourquoi pas, comme la Gambardella des aînés dans l’atmosphère étouffante d’une équipe première menacée par la relégation. "On en parlait de temps en temps entre nous, car c’est le rêve de tout le monde de passer pro. Mais la Gambardella, c’est quelque chose d’autre. Quand on en parlait, on essayait de ne plus penser à rien. Et c’est comme ça qu’on a gagné... " C’est une genèse merveilleuse, mais la plus belle des victoires n’est peut-être pas là. À l’époque, Samed Kilic avait signé son premier contrat, mais il faisait encore le grand écart avec le monde professionnel. Aujourd’hui, il est entièrement passé de l’autre côté de la barrière. Dans le camp de la lumière. Le camp de ces joueurs que l’on érige en grand. Le camp de ces joueurs qui ont une carrière.

Jean-Charles Danrée (twitter) et Johann Crochet (twitter) à Auxerre.