EdF - Le Graet: "Objectif quart de finale"

Le président de la FFF, Noël Le Graët s'est exprimé au sujet de l'équipe de France à quelques jours du lancement de l'Euro 2012.
Comment se passe la préparation des Bleus ?

On a essayé de ne pas être trop loin de Paris, avec Clairefontaine et Le Touquet. C'est un stage agréable, dans de bonnes conditions, relativement court vu la fin du Championnat, mais les autres pays sont aussi en difficulté. Il ne faut pas faire de dépenses inutiles. On avait un budget global à ne pas dépasser, Marino Faccioli l'a bien géré. On a été quasi invités au Touquet, on a essayé de faire quelque chose avec des comptes présentables.

Quel regard portez-vous sur les deux derniers matches amicaux ?

On les a gagnés, c'est déjà bien, avec cinq buts marqués. Le premier (3-2 contre l'Islande, ndlr), on n'avait pas si mal joué, même en première mi-temps. On prend deux buts en contre, c'était un peu inquiétant à la mi-temps, puis on a gagné, très bien. La volonté était de faire jouer ceux de l'étranger, mais Laurent Blanc a modifié en 2e mi-temps pour obtenir un résultat et il a bien fait car on est quand même jugé sur les résultats, même si ce n'est pas toujours l'objectif en préparation, mais c'est bon pour la confiance. Hier (jeudi contre la Serbie, 2-0, ndlr), on a très bien joué pendant une heure. Le début du match était très fort, on a bien contrôlé, la défense n'a pas été mise en difficulté, c'était agréable, surtout quand on joue à une touche de balle. Comme tout le monde, j'aime bien ce genre de spectacle.

Etes-vous rassuré par le niveau technique ?

C'est un des meilleurs niveaux techniques d'Europe. Quand ça prend bien, c'est agréable à l'oeil et efficace. Techniquement, si on a la chance d'avoir tous nos joueurs sur pied, c'est une très bonne équipe, à condition que collectivement on ait envie de jouer ensemble.

Les primes promises aux joueurs sont-elles encore trop élevées ?

Pour eux, c'est 10-15% de moins que souhaité, pour moi c'est 10-15% de plus que ce que je souhaitais. Je suis favorable aux primes. Il leur est interdit de faire de la pub pour des concurrents de nos sponsors, alors c'est logique de leur donner un peu de l'autre côté. Je peux comprendre ceux qui sont choqués. Malouda m'a dit : "Président, vous avez oublié un zéro ?" (rires). On n'est pas dans les mêmes proportions que dans certains clubs comme Chelsea où toutes les primes sont multipliées par deux, par trois quand ils gagnent.

Comment trouvez-vous Ribéry ?
Son but à Valenciennes paraît anecdotique, mais ça l'a transformé. Il avait un blocage, ça faisait trois ans qu'il n'avait pas marqué en équipe de France. Quand il a marqué, c'était un gamin à la fin du match, comme s'il avait mis le but du siècle. Si on pouvait le voir toujours comme ça, souriant, pas traumatisé par un dribble raté... Malheureusement, il n'a pas bien réussi en Bleu ces derniers temps, alors qu'au Bayern, il est formidable. Je pense qu'on va voir un grand Ribéry. J'ai dit aux joueurs à Clairefontaine le premier jour : s'ils n'arrivent pas à être un peu insouciants, à sourire et à déconner entre eux, ça ne va pas coller pendant trois semaines, je les connais tellement ! Ribéry a besoin de chahuter pour être bien dans sa peau. C'est un homme pétri de qualités, mais il a besoin de liberté. Il est très heureux d'être là. Un grand Ribéry sur le côté gauche, ça peut être pas mal.

Les Bleus vous parlent-ils de l'avenir incertain de Laurent Blanc ?

Non, c'est totalement hors sujet. C'est convenu entre nous tous : chacun son métier. Si on fait un bon Euro, je le reçois, je lui fais une proposition.

L'image des Bleus est-elle rétablie ?

Nos sponsors sont ravis. Il y a un an, on interrogeait nos sponsors, ils répondaient : "Oui, bon..." Là, ils les trouvent disponibles. On a ouvert au public les entraînements plus que d'habitude, la majorité des joueurs est sensibilisée, a compris le fonctionnement fédéral.

L'objectif des Bleus a-t-il évolué ?

On est tous : "objectif quart de finale"