EdF - Evra :"Je n'y vais pas pour faire un safari"

Patrice Evra, agacé et contrarié par le scepticisme général entourant l'équipe de France, n'a pas la langue dans sa poche. En conférence de presse, le défenseur latéral gauche des Bleus, a indiqué qu'ils ne partaient pas en Afrique du Sud pour faire un safari.
Patrice Evra, appréciez-vous ce stage en montagne ?
J’ai froid et je n’aime pas ça. J’ai déjà fait du ski et des randonnées avec les raclettes (sic). C’est pas mal mais ce n’est pas mon environnement. Mais ce n’est pas la question. L’important, c’est ce groupe, peu importe où il est. Ne serait-ce qu’être à table ensemble permet de le souder. Il faut qu’on apprenne à se connaître un peu mieux, en faisant l’effort d’aller vers l’autre. C’est le mot d’ordre de ce stage très important pour réussir la suite. La Coupe du monde a déjà commencé.

Sentez-vous un groupe solidaire ?
Je le pense, oui. Mais il y a plusieurs façons d’être solidaire. Ce stage doit servir chacun à faire sortir son énergie, sa personnalité, son caractère… tout ce qui va nous permettre de gagner cette Coupe du monde. On a un super groupe mais ça ne suffit pas. Il faut avoir des bons copains et être en même temps capable de se dire quand les choses ne vont pas.

Etes-vous confiant sur la participation de William Gallas ?
J’ai parlé avec lui et il se sent bien. Pour moi, il sera là. Je ne peux pas imaginer le contraire. On ne sait pas ce qu’il peut se passer mais, une chose est sûr, il ne trichera pas. S’il ne peut pas participer à Coupe du monde, il n’ira pas blessé et préfèrera laisser sa place à quelqu’un.

Sentez-vous un désamour des Français ?
On parle de qui ? Des supporters ? Parce que, personnellement, j’affirme qu’aucun joueur international n’a envie de rencontrer l’équipe de France. Qu’un supporter me dise qu’on est nul après un match, pas de problème. Mais moi, je crois en cette équipe et je vais à cette Coupe du monde pour la gagner, pas pour faire un safari. Sinon, je reste chez moi. On n’est pas une grosse équipe mais on a des grosses individualités. Il est temps que ces individualités se transforment en grosse équipe, qui battra toutes les autres.



Comment réussir cette métamorphose ?
C’est une volonté ! Celle de croire en soi et de s’entraider. On n’est pas un groupe dans lequel certains se disent : « Il ne fait pas ça alors que je ne le fais pas ». Mais il va falloir faire plus pour l’autre. On est comme une famille. Il faut régler les problèmes dès qu’ils se présentent. Celui qui ne respecte pas ça, que ce soit un jeune ou un cadre, il faut qu’il soit remis en place.

Que pensez-vous de la nomination de Laurent Blanc ?
Cette question est une preuve d'incompétence. Ça confirme que tout le monde croit qu'on va faire un safari. Car le présent, c'est la Coupe du monde. Dans ces cas là, parlez-moi du nouveau magasinier, du nouveau masseur et du nouveau cuistot… Les gens qui nous parlent de ce problème ne respectent pas la Coupe du monde.

Quand vous parlez d’incompétence, visez-vous le président de la FFF Jean-Pierre Escalettes ?
Il a ses raisons mais je ne suis pas d’accord avec le fait de parler de ça. On oublie l’objectif principal. On va à cette Coupe du monde avec Raymond Domenech, stop ! Le reste, c’est le futur et je préfère vivre le présent au jour le jour. Le joueur qui pense au futur sélectionneur plutôt qu’à la Coupe du monde, il n’a rien à faire là.

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