De Bas Dost à Van Nistelrooy : Heerenveen, la fabrique à buteurs

Alors que Wolfsburg affronte l'Inter en Europa League ce soir, zoom sur le club qui a révélé le serial-buteur Bas Dost : Heerenveen, aux Pays-Bas.

Heerenveen, au Nord des Pays-Bas. Comme dans toutes les villes néerlandaises, on y croise des moulins réhabilités, beaucoup de constructions en brique, des canaux et son lot de passionnés de foot. Ici, on vibre pour le SC Heerenveen et on déteste autant Cambuur-Leeuwarden que Groningen, les deux rivaux frisons. Le SCH est un club historique sans l’être vraiment. Il a l’âge d’un club qui compte (94 ans) et le palmarès - une petit coupe nationale - d’un autre monté de toute pièce dans les années 2000.

Le club d’Heerenveen n’est pas le plus connu des Pays-Bas, ni le plus glorieux, et pourtant il a réussi à se bâtir une solide réputation de club dénicheur de talents. Avec son budget réduit (21 millions d’euros cette saison), le club n’a pas le choix, il doit se tourner vers son académie et vers un marché des transferts de seconde voire de troisième zone, à la fois pour remplir son centre de formation (en témoigne l’arrivée du talent islandais Albert Gudmundsson), mais aussi pour compléter son effectif. Le club compense ses ambitions limitées par une formidable boite à idées, lui permettant de régulièrement jouer l’Europa League. Sur les onze dernières saisons, il n’a raté la qualification européenne qu’à quatre reprises. Heerenveen est la preuve qu’une bonne stratégie vaut bien un carnet de chèques en blanc.

Parmi les plus grandes réussites au sein du club, beaucoup concernent le poste d’avant-centre. Dans son histoire moderne, le club a pu compter sur de nombreux numéros 9 de qualité. Pour cela, le club n’a fait que s’appuyer sur sa stratégie, en allant notamment récupérer des joueurs sortant de bonnes expériences dans des clubs réputés comme inférieurs : Huntelaar à Apeldoorn, Van Nistelrooy au FC Den Bosch ou encore Bas Dost à Almelo. Le club n’a pas que des recruteurs locaux et peut compter sur un solide réseau scandinave, développé au fil des années et des bons coups réalisés : Jon Dahl Tomasson à Køge, Afonso Alves à Malmö, Marcus Allbäck à Örgryte ou encore Alfred Finnbogason à Helsingborg (via Lokeren). 

Tous ces joueurs se sont révélés être des machines à buts. Trois d’entre eux ont dépassé les 30 réalisations en une seule saison de championnat. Depuis le début des années 2000, seul un club fait aussi bien : l’Ajax. Les deux clubs se sont d’ailleurs partagés Huntelaar pendant une saison, lors de l’édition 2005-2006, conclue avec 33 buts.

Alignés depuis des années dans le traditionnel 4-3-3 batave – un club néerlandais qui ne joue pas en 4-3-3 est un club belge flamand – devenu une doctrine, Heerenveen a toujours pu compter sur un trio offensif remarquable, avec des ailiers rapides, percutants et techniques, et des attaquants surdoués dans la surface. Bas Dost, l’homme qui talonne désormais Cristiano Ronaldo (1 but toutes les 68 minutes pour le Portugais, contre une minute de plus pour le Néerlandais) était parfaitement entouré lors de ses deux saisons dans la Frise. Avec Assaidi et Narsingh, il bénéficiait de deux pourvoyeurs de ballons exceptionnels, qu’il se faisait un malin plaisir de déposer au fond des filets adverses.

Avec 32 buts en 34 matches lors de la saison 2011-2012, Bas Dost a su se faire remarquer pour son sens du but et ses bonnes performances. Le richissime Wolfsburg a sauté sur l’occasion et lui a fait signer un contrat de cinq ans. Deux ans plus tard, l’été dernier, le Néerlandais était finalement qualifié de flop avec douze petits buts en Bundesliga en deux saisons. Jusqu’à l’explosion, que finalement peu de personnes parviennent à expliquer, Bas Dost le premier. Quand on lui pose la question, le premier élément qu’il invoque est … la chance. « Il arrive parfois que quand vous courrez, la balle arrive pile là où vous êtes, a-t-il expliqué après son doublé contre le Hertha Berlin. Il y a une part de qualité, mais la chance joue un rôle. »

Encore une fois bien entouré chez les Loups , notamment grâce aux passes décisives de De Bruyne, enfin mis en confiance par son entraîneur Dieter Hecking qui a dégagé l’horizon de son attaquant (départ d’Olic, Bendtner en difficultés), Bas Dost reste sur une série impressionnante de 13 buts en 13 matches de championnat allemand. Il est aussi l’homme décisif de la double confrontation contre le Sporting Portugal au tour précédent. Il a en effet inscrit les deux seuls buts du match aller, alors que le retour s’est soldé par un 0-0.

Son gabarit longiligne - il mesure 1m96 - est fait pour gêner les défenseurs centraux adverses, prendre les ballons dans la surface et créer des espaces pour ses coéquipiers en jouant dos au but. C’est à peu près tout ce que ne sait pas gérer la défense de l’Inter, en grande difficulté depuis le début de la saison en Serie A. Si les Nerazzurri veulent continuer leur route en Europa League, ils devront savoir contrer le phénomène Dost. Sous peine de « Friser » le ridicule, comme bon nombre de défenseurs néerlandais et allemands lorsqu’ils l’ont affronté…

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