Motta, Poker, Agüero : les 6 choses à retenir de la défaite parisienne à Manchester City

Comme lors des trois dernières années, l'aventure du PSG en Ligue des champions s'arrête en quart de finale après la défaite à City (1-0, 3-2 sur l'ensemble des deux matches).

Encore une fois, l'aventure s'arrête en quart de finale. Et sur le match retour disputé par le PSG mardi à l'Etihad Stadium face à Manchester City, il n'y a rien à dire. Les Parisiens n'ont pas livré le match qu'on était en droit d'attendre de leur part et se sont inclinés logiquement sur la pelouse anglaise (1-0), synomyne d'élimination après le match nul à l'aller (2-2). Kevin De Bruyne, meilleur citizen sur le terrain, a inscrit le seul but de la rencontre sur une superbe frappe enroulée à ras de terre (77e). Le Belge a fait toutes les misères du monde aux Français. Sur chacune de ses prises de balles, la foule d'un Etihad Stadium électrique rugissait en attendant l'exploit de son protégé.

Ce sont pourtant les hommes de Laurent Blanc qui devaient marquer et ce sont au contraire ceux de Manuel Pellegrini qui ont poussé de bout en bout pour faire sauter un PSG qui a débuté la rencontre dans un 3-5-2 inédit. Avant que la blessure de Thiago Motta (43e) n'oblige Laurent Blanc a revenir à un 4-3-3 traditionnel.

Jusqu'à cette ouverture du score, on persistait à dire qu'un coup de génie était possible. Surtout que Sergio Agüero a loupé quatre grosses occasions (23e, 24e, 29e, 78e), dont un penalty non cadré face à Kevin Trapp. Très rare pour un attaquant de son niveau. Côté parisien, rien... ou presque. Seul Ibrahimovic sur coup-franc a réussi à faire trembler Joe Hart (48e), avant que Cavani ne manque un face à face en fin de rencontre (80e). Le Suédois a bien marqué, avant que son but ne soit refusé pour une position de hors-jeu (85e), tout comme Lucas quelques minutes plus tôt. Trop peu, trop juste pour un club qui ambitionne d'aller remporter la compétition. La fin de saison va paraître longue. Encore une fois.

Ce que vous n’avez peut-être pas vu : le coup de poker de Laurent Blanc 

Alors que Laurent Blanc est un adepte du 4-3-3 et qu'il ne déroge - quasiment - jamais à sa règle, il a décidé mardi de tenter un énorme coup de poker en alignant un 3-5-2 censé apporter plus d'animation sur les côtés. Tantôt piston gauche, tantôt piston droit en défense centrale, Serge Aurier et Marquinhos étaient chargés d'épauler Thiago Silva pendant que Maxwell à gauche et Van der Wiel à droite prenaient les ailes. 

Une mise en place qui a perturbé les joueurs, incapables de mettre le pied sur le ballon, enchaînant comme à l'aller les pertes de balle très bas sur le terrain. A ce petit jeu, Serge Aurier a probablement été le plus mauvais. L'Ivoirien a perdu trois ballons dangereux lors des 45 premières minutes (3e, 29e, 45e) dont un qui amène le penalty manqué par Sergio Agüero. En tout début de rencontre, les Parisiens ont réussi à prendre le dessus sur leurs adversaires après 5 minutes très compliquées. Mais là encore, les limites du système sont apparues énormes. Edinson Cavani et Zlatan Ibrahimovic associés en pointe n'ont jamais eu le soutien nécessaire qu'apportent les ailiers habituellement. 

Symbole des difficultés des joueurs de Laurent Blanc dans ce système, les joueurs sont venus parler au bout de 2 minutes de jeu à leur entraîneur, expliquant qu'il y avait des incompréhensions sur le rôle à tenir sur le terrain. La blessure de Thiago Motta (41e) a ensuite poussé le Français a revenir à sa tactique habituelle. 

Le joueur : Sergio Agüero

Il était avec Kevin De Bruyne l'arme offensive numéro 1 de Manchester City mardi. L'attaquant très attendu par les fans du club anglais. L'Argentin a cependant vécu 45 premières minutes très difficiles malgré une débauche d'énergie importante. L'ancien buteur de l'Atlético Madrid a eu deux grosses occasions (23e, 24e) avant de manquer un penalty qu'il avait lui même provoqué. Comme souvent quand les choses tournent mal à sa faveur, Sergio Agüero s'est éteint peu à peu au fil du temps. Il faut dire qu'il avait devant lui un Thiago Silva très important et toujours aussi fort dans la lecture du jeu.

La blessure de Thiago Motta a changé les choses... pas suffisamment

Après 43 minutes très délicates, Laurent Blanc a été obligé de revenir à son 4-3-3 avec la blessure de Thiago Motta derrière la cuisse. Lors des deux minutes de fin en première période, les Parisiens se sont retrouvés tout d'un coup plus équilibrés, retrouvant la possession de balle et une animation plus conforme à ce que l'on pouvait attendre. Les attaques mancuniennes se sont également retrouvés plus cadenassées, avec Lucas et Cavani faisant les efforts défensifs pour venir aider leurs latéraux. Enfin, l'entrée de Javier Pastore pour disputer la dernière demi-heure a apporté la technique qu'il manquait au milieu de terrain parisien. Encore trop juste pour dévérouiller une défense des Skyblues performante. 

La statistique à retenir : 4

Pour la quatrième année consécutive, le PSG s'arrête en quart de finale de la Ligue des champions. Seule l'équipe 1994/1995 a donc encore pour le moment emmené Paris en demi-finale de la plus grande compétition européenne. 

Le plus : 2700 pour supporter le PSG

Les Anglais étaient venus à 2200 pour supporter Manchester City à l'aller, les Parisiens leur ont rendu la pareille en venant à 2700 mardi pour ce quart de finale retour. De toute la France et de quelques grandes villes européennes, les fans français ont fait le chemin jusqu'à l'Etihad Stadium. Ils se sont montrés toute l'après-midi dans le centre de la ville anglaise avant d'arriver dans l'enceinte de l'est de Manchester. Il y avait en tout 53 039 spectateurs dans l'écrin des Citizens, record pour un match européen.

Le top 5 : Thiago Silva avait tout repoussé, De Bruyne a été exceptionnel

Loïc Tanzi, à l'Etihad Stadium