Roma-Real Madrid : Francesco Totti, le rêve raté de Florentino Perez

Ce mercredi, Francesco Totti retrouve le Real Madrid qu’il aurait pu rejoindre à de nombreuses reprises s’il n’avait pas juré fidélité à la Roma.

Par son histoire, ses nombreux trophées européens et ses moyens financiers illimités, le Real Madrid a toujours fait rêver. Une tenue blanche immaculée, des perspectives élevées de grandes joutes européennes et des espoirs de Ballon d’Or, voilà ce qui a attiré les plus grands joueurs dans le club de la capitale espagnole. Zidane, Ronaldo et Figo ont tous fini par céder à l’appel des Merengue et ont tous les trois remporté le Ballon d’Or.

D’Or, Francesco Totti n’en a vu que le Soulier récompensant le meilleur buteur européen, et décroché en 2007 au nez et à la barbe de Ruud van Nistelrooy, alors attaquant du Real. Pas de Ballon doré pour le gamin en or (Il bimbo de Oro), mais une belle et longue carrière entamée il y a 24 saisons  et une fidélité jurée depuis toujours à son club, l’ AS Roma . Il en a fait des sacrifices pour respecter cette parole. Ils ont été financiers (la Roma ne pouvant s'aligner sur les plus grandes écuries européennes), sportifs (un seul scudetto, deux coupes d’Italie) et même culturels avec un enfermement dans la Cité éternelle pour toujours. C’était le prix à payer pour pouvoir évoluer avec son club de cœur, dans son stade, partout en Italie et à travers toute l’Europe. Être un symbole, représenter sa ville, son club, être adulé des siens, vivre son rêve plutôt que rêver sa vie. Tel était le destin du gladiateur romain.

Un destin qui aurait pu prendre une tournure bien différente si le capitaine de la Roma avait répondu favorablement aux sirènes madrilènes lors des multiples approches réalisées par Florentino Perez. Tombé amoureux du joueur un soir d’automne 2001, à la suite d’une superbe performance du joueur sur la pelouse d’un Bernabeu conquis (1-1), le président madrilène n’a cessé de voir en ce joueur une future star capable de décrocher le Ballon d’Or et aider son Real à étoffer son armoire à trophées. Un an plus tard, Francesco Totti remettait ça dans l’antre des Merengue pour une victoire (0-1) des Giallorossi, devant un Florentino Perez certain de faire vaciller le capitaine romain. Les années ont passé et le cacique espagnol s’est résolu à abandonner ce doux rêve devant les multiples preuves de fidélité de Totti envers la Roma.

De nombreuses années plus tard, en 2013, Perez expliquait dans Marca que son plus "grand regret était de ne pas avoir été capable de faire signer Francesco Totti au Real Madrid." Il a été tour à tour le rêve de Florentino Perez, de Roman Abramovich et de Silvio Berlusconi, trois des hommes les plus puissants dans le monde du foot, mais il a toujours refusé les trophées et l’argent pour vivre sa passion et l’amour d’une vie. "Être champion avec la Roma, c’est comme gagner dix titres ailleurs", avait-il déclaré à ceux qui ne comprenaient pas sa fidélité à toute épreuve. De fait, il n’a gagné qu’un Scudetto mais il s’en accommode. Il n’en gagnera probablement pas d’autres, mais il saura s’en accommoder.

Refuser le Real Madrid n’est ni anodin ni fréquent. Seule une bandiera (porte-drapeau) de la trempe de Totti, Maldini ou Gerrard en est capable. Des joueurs pour qui les trophées individuels et collectifs n’ont pas la  valeur affective que fait ressentir l’entrée dans son stade, avec son équipe de toujours, son maillot fétiche et devant des milliers de supporters vivant un rêve par procuration.

À l’occasion du 1/8e de finale aller de la Ligue des champions , Francesco Totti retrouve pour la septième fois le Real Madrid. Avec 3 victoires, 3 buts marqués, un nul et deux défaites, Il Capitano a fait plus que refuser le Real, il lui a parfois mis un genou à terre. Avant la finale de la Coupe du Monde 2006, il avait rappelé que si Zidane était le meilleur joueur du monde, il connaissait les ingrédients pour le battre, l’ayant déjà fait quatre ans auparavant avec la Roma. Le résultat, tout le monde le connait aujourd’hui. Le peuple Giallorosso espère connaitre le même dénouement ce mercredi au Stadio Olimpico. Ce match aura l’odeur des grands soirs et des grands combats. Cela tombe bien, le gladiateur se tient prêt pour rentrer en cours de match et piquer son adversaire au cœur. Histoire de briser une seconde fois celui de Florentino Perez.

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