Marco Verratti fait sa chronique : "Je ne suis ni égoïste, ni vicieux"

Dans sa deuxième chronique pour Goal, Marco Verratti revient sur la polémique qui a suivi sa sortie face à l'OM. En répondant aux critiques.

Chers supporters, chers amoureux du football,

Cette semaine, il s'est dit beaucoup de choses qui ne sont pas vraies à mon sujet. Des choses qui ne se sont pas passées. Face à Marseille dimanche dernier, j'ai pris pas mal de coups en première mi-temps. On avait décidé à la mi-temps avec Unai Emery de faire un point après 15 minutes en deuxième période. On ne voulait surtout pas prendre de risque car je reviens d'une période très difficile et le staff médical fait très attention à moi.

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Après 15 minutes donc, Unai Emery a décidé de me faire sortir... et à partir de ce moment, j'ai tout entendu, tout lu, tout vu à mon sujet. On a dit que je m'étais énervé avec le coach car je ne voulais pas sortir. Ce n'est pas vrai. J'étais énervé contre moi, déjà, car je voulais aider l'équipe et sortir à cause d'un problème physique était impensable. Je me suis énervé car à chaque fois que je prends un coup, je dois sortir et c'est difficile à accepter. 

Avec le coach, on s'est vu le lendemain et on ne comprenait pas ce qu'il se passait. On ne comprenait pas comment on avait pu créer une polémique à partir de ça. Quand je suis sorti, j'ai mis la main devant la bouche pour dire : "Coach, je pouvais continuer, je me sentais bien encore." Le coach me répond alors qu'il sentait que ça allait moins bien. Ensuite j'enlève ma main et je dis : "Il dit que je suis mal". Sur le coup, j'explique juste que ce n'est pas le cas, que je n'ai pas mal. En réalité, il avait raison. Parfois, même à l'entraînement, je ne dis pas que j'ai des douleurs pour pouvoir continuer à jouer. Parce que je veux jouer simplement. Rien de plus.

Je n'aime pas quand les journalistes créent des polémiques quand il n'y en a pas. Je respecte l'avis des journalistes et je suis souvent d'accord avec eux sur les critiques qu'ils font sur mes prestations. Je n'accepte cependant pas qu'on me fasse dire ce que je n'ai pas dit. J'entends et je lis que je n'ai pas de bonnes relations avec le coach, comme l'équipe d'ailleurs. Encore une fois, ce n'est pas vrai. On peut ne pas être d'accord avec son entraîneur, mais j'ai toujours respecté ses choix. Et je le ferai toujours. 

Quand les résultats ne sont pas là, on commence à trouver des problèmes à l'équipe... Tout le monde respecte le coach, on l'a déjà assez montré je pense. Unai Emery travaille beaucoup et ce n'est pas de sa faute si on fait un mauvais début de saison. Ce sont nous, les joueurs, qui sommes sur le terrain. On doit prendre nos responsabilités ! Il y a des matches que l'on n'a pas gagnés car on n'était pas concentrés à 100%. Et pour gagner on doit être à 110%. 

Créer des polémiques, c'est facile. Ça fait vendre, ça fait regarder la télévision, ça fait écouter la radio. Mais vraiment, je ne comprends pas pourquoi on doit en arriver là. Les journalistes attendent qu'il se passe quelque chose pour en parler ensuite toute la semaine. Nous joueurs, on est habitués à ça, mais on n'aime pas ça. C'est normal qu'on ait des discussions entre nous. On est là pour gagner, on n'est pas là pour venir passer la journée et rentrer chez nous. Si on était là pour ça, on accepterait tout. Mais ce n'est pas le cas.

C'est allé un peu loin cette semaine et même mon agent a un peu exagéré en disant que je pourrais quitter le club. Je ne suis pas ici pour convaincre les journalistes, je suis ici pour faire du bien au Paris Saint-Germain. Je n'ai jamais eu de problème ici depuis cinq ans, donc ça me fait mal quand je commence à lire que je suis un garçon égoïste, que je suis vicieux, que je manque de respect aux gens... J'aime le club, j'aime mes coéquipiers et vous pouvez demander à tout le monde ici, personne ne dira du mal de moi.

J'ai un autre exemple : une fois on jouait à 17h00 et nous avions deux jours de repos après la rencontre. Je suis sorti avec ma femme et des amis le soir. À partir de ça, on a réussi à créer une polémique en expliquant que je ne devais pas aller en boite, alors que c'est très rare pour moi ! Je suis une personne comme les autres, j'ai une vie privée aussi. Et ce n'est qu'un exemple personnel. Je pense que l'on doit avant tout être jugé pour ce que l'on fait sur le terrain et pas en dehors. On travaille dur toute la semaine pour être bon pendant 90 minutes. Ce n'est pas parce qu'on est bien payés qu'on n'est pas professionnels. Je ne serais jamais sorti si j'avais entraînement le lendemain. Si je perds un match, je peux être déçu une semaine entière ! 

J'ai toujours eu de bonnes relations avec mes entraîneurs et c'est le cas avec Unai Emery. Il aime nous parler individuellement et c'est important pour moi. Il te fait toujours sentir que tu es important, que tu joues ou que tu ne joues pas. J'ai eu la chance d'avoir eu de grands entraîneurs qui ont fait l'histoire du football comme Ancelotti. Tous les joueurs l'aiment et c'est un ami pour moi car il m'a beaucoup aidé en dehors du football également. Laurent Blanc également, qui est très tranquille. Quand on a beaucoup de pression et qu'on voit son entraîneur tranquille, c'est vraiment très important. Unai Emery met plus de sentiments dans son management et on aime ça. Encore une fois, il ne s'est rien passé. Arrêtons de parler de ça et concentrons-nous sur le terrain.

Marco Verratti