Polémique - Fousseni Diawara et le Mali soutiennent Serge Aurier

Depuis samedi et la rencontre entre la Côte d'Ivoire et le Mali, Serge Aurier est au coeur d'une nouvelle polémique après une célébration jugée "provocante".

Deux semaines seulement après être passé devant le tribunal correctionnel de Paris suite à une altercation avec des policiers, Serge Aurier se retrouve de nouveau au coeur d'une polémique depuis ce week-end. Le défenseur ivoirien est critiqué cette-fois ci pour sa célébration avec sa sélection lors de la victoire face au Mali samedi (3-1) pour le compte des éliminatoires à la Coupe du monde 2018. Pouce sur la gorge, le Parisien a mimé un égorgement, sans que personne ne puisse donner avec précision la signification de ce geste. Alors que la polémique grossit en France, Fousseni Diawara, coordinateur et manager des équipes nationales maliennes, présent lors de la rencontre, a tenu à défendre le joueur et à rappeler que Serge Aurier a également sauvé Moussa Doumbia sur le pelouse.

L'avocate de Serge Aurier avait une ligne de défense "suicidaire"

Qu'avez-vous vu et pensé du geste de Serge Aurier ?

Fousseni Diawara : Pour etre honnête, du côté du Mali on n'a même pas prêté attention à ce geste. En Afrique, tous les pays on leur façon de célébrer des buts. C'est joyeux, c'est festif et personne n'a parlé d'insulte, de provocation, ou quoi que ce soit de négatif ici. Ce geste peut être interprêté comme une danse, un rituel d'un village, ou juste peut-être une façon de célébrer des jeunes... Je n'ai pas l'habitude de commenter les choses mais là, ça va très loin. Je me suis dit qu'on était en train de créer une polémique alors que nous les Maliens on n'y pense même pas. J'ai lu que ça nous avait blessé, qu'on était touché par ce geste, mais pas du tout.  Les Ivoiriens font ce qu'ils veulent pour célébrer leurs buts. On peut faire référence aussi aux gestes de Cavani aussi avec le fusil ou ceux du Congo en Afrique, des All Blacks en rugby... ça signifie des choses, mais c'est rien de polémique. J'ai entendu des choses graves. C'est petit, Serge Aurier n'a pas besoin de ça.

Comment avez-vous trouvé Serge Aurier sur le terrain ?

Il y a une chose dont personne ne parle, c'est la manière dont il a aidé un Malien sur la pelouse. Moussa Doumbia, est tombé, il était en train d'avaler sa langue, Serge est arrivé l'un des premiers pour l'aider. Hier soir (dimanche) Serge Aurier était à notre hôtel, il a pris des nouvelles de notre joueur. Il a salué toutes les personnes de la délégation une par une. Ce matin (lundi), on a pris l'avion ensemble pour revenir sur Paris, on n'a même pas parlé de ça. Il a même fait des éloges sur notre équipe. Côte d'Ivoire-Mali, c'est pourtant un derby très chaud entre les supporters car les Maliens et les Ivoiriens sont un peu des cousins. 

Trouvez-vous que le traitement réservé en France à Serge Aurier est injuste ?

Serge Aurier a dû prendre conscience de ce qu'il n'avait pas fait de bien. Il a une famille, il a un entourage, des coéquipiers... tous lui ont dit ce qu'il n'avait pas fait de bien. Personne ne va lui dire le contraire. Après, je suis de Seine-Saint-Denis, je sais ce que c'est que les contrôles de police. Ca ne m'étonne même pas ce qui lui est arrivé. On est des footballeurs, on a de belles voitures et ça attire l'oeil et la jalousie. Je me reconnais totalement derrière ce qu'il a dit, ça arrive fréquemment chez les jeunes la provocation policière. Serge Aurier est encore jeune, il a fait des bétises, il a présenté ses excuses... il faut arrêter de lui rajouter des polémiques. Je pense que la presse est en train de délirer, je pense que beaucoup de journalistes se trompent. Aujourd'hui c'est Serge Aurier, hier c'était Karim Benzema, demain ce sera quelqu'un d'autre... 

Propos recueillis par Loïc Tanzi