Retour sur des années de rivalité entre l'Italie et l'Espagne

Choc entre l’Espagne et l’Italie, deux sélections historiques du football mondial, dans le cadre des éliminatoires pour la Coupe du monde 2018. Deux rivaux que tout oppose.

Le hasard fait souvent bien les choses. Le 25 juillet 2015 à Saint-Pétersbourg, Oliver Bierhoff a eu la main lourde en plaçant l’Espagne dans le groupe G en compagnie de l’Italie. Un sacré clin d’œil du destin puisqu’un de ces deux cadors du football mondial n’ira pas en Russie ou devra passer par la case barrage pour disputer la prochaine Coupe du monde.

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En plus de l’enjeu, cette double confrontation entre la Roja et la Squadra Azzurra aura un parfum historique. Après trente cinq confrontations directes, l’Italie mène aux points. La Nazionale l’a emporté onze fois contre dix pour l’Espagne et quatorze matches nuls. Mais ces deux rivaux, habitués à se croiser lors des compétitions majeures, s’affrontent pour la première fois lors d’une phase de qualification.

D’ailleurs la dernière rencontre entre la Nazionale et la Furia Roja remonte à trois petits mois. L’Espagne doit encore ruminer sa défaite en 8e de finale de l’Euro 2016 (2-0). Un résultat permettant à l’Italie de s’offrir le double tenant du titre mais aussi et surtout de stopper la série de quatre matches sans victoire en matches officiels contre le champion du monde 2010 et relancer une rivalité vieille de 82 ans.

1994, l’apogée

En effet, l’histoire d’amour entre les deux pays débute dans la belle ville de Florence lors de la Coupe du monde 1934. C’est certes déjà la onzième confrontation directe mais elle lance vraiment le début de la rivalité entre l’Italie et l’Espagne. Opposées en quart de finale, la Squadra Azzurra et la Roja font match nul et ne parviennent pas à se départager après les prolongations (1-1). Les deux équipes se retrouvent le lendemain pour un match d’appui et Giuseppe Meazza marque l’unique but de la rencontre mettant fin au rêve de la Roja (1-0). Cette rencontre coïncide avec le début d’une série en faveur de l’Italie qui neuf jours plus tard décroche son premier sacre mondial.

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Tenu en échec à l’Euro 1980 par la Nazionale (0-0), la Roja s’incline huit ans plus tard face à l’Italie de Carlo Ancelotti lors de l’Euro 1988 (1-0) et est éliminée dès la phase de poules. Mais c’est en 1994 que la rivalité entre l’Italie et l’Espagne atteint son apogée. À Boston, lors de la Coupe du monde, Roberto Baggio crucifie la Roja à deux minutes de la fin d’un quart de finale très disputé (2-1). Une nouvelle fois, l’Espagne est poussée vers la sortie par l’Italie. La fois de trop.

2012, l’affront italien

Néanmoins, ces vingt dernières années, la tendance s’est largement inversée. L’Italie a été l’une des principales victimes de l’hégémonie espagnole en Europe. La Squadra Azzurra a buté sur un Iker Casillas en état de grâce en 2008. L’Espagne a battu l’Italie en quart de finale de l’Euro aux tirs au but (0-0, 4-2 t.a.b), la première victoire depuis 74 ans en match officiel contre son rival. Mais la rencontre qui reste dans les mémoires italiennes comme la plus douloureuse a  lieu à Kiev en 2012. En finale de l’Euro, la Squadra Azzurra est humiliée par la Roja (4-0). Réduite à dix, la Nazionale vit un véritable cauchemar et voit son ennemi soulever le trophée Henri Delauney pour la seconde fois consécutive.

Plus qu’une rivalité sportive, le match entre l’Italie et l’Espagne est également une guerre culturelle. D’un côté, la Roja et son jeu basé sur la possession de balle largement inspirée par le tiki-taka et de l’autre côté la Nazionale réputée pour être une équipe défensive mais très habile en contre-attaque. Les deux équipes ont changé de sélectionneur cet été, mais pour le reste, tout est pareil. La rivalité entre l’Italie et l’Espagne n’est pas loin de son sommet. Ce jeudi un nouveau chapitre va s’ouvrir du côté de Turin et comme à chacune de leur confrontation, personne ne peut dire qui de ces deux mastodontes sortira vainqueur et prendra de nouveau l’ascendant sur l’autre.