Une semaine après le bras de Ricci, voici la main de Sulemana. Les comptes ne tombent pas juste, ni pour la polémique, ni pour le classement. En six jours, l'Inter ramène plus de cartons (Chivu expulsé pour un deuxième carton jaune) que de points (un seul). Il faut attendre quelques heures pour voir si le championnat va vraiment se relancer au profit du Milan ou même de Naples. Le destin reste encore entre les mains de l’Inter. Et pas celles de Ricci ou de Sulemana, pour être clair. Ce sont les mains, ou plutôt les jambes et la tête d’une équipe, l’Inter justement, qui semble objectivement fatiguée. Et cette fatigue a même été mise en évidence par l’Atalanta, qui sort d’une catastrophe en Ligue des champions. Bref, au-delà des polémiques, il y a plus. Et peut-être pire : l’Inter n’est pas en grande forme. Le Scudetto est encore clairement à sa portée, mais elle doit se remettre sur pied (les siens) sans penser aux mains (des autres).
Getty ImagesTraduit par
Sulemana suit l'exemple de Ricci, mais l'Inter est à bout de forces et Chivu se trompe dans ses remplacements : il y a autre chose que la polémique avec l'Atalanta
Quelques notes individuelles. Sommer s'est montré réactif en première mi-temps et n'y est pour rien sur le but égalisateur de l'Atalanta. Le trio défensif en trois adjectifs : Bisseck discret, Akanji solide, Carlo Augusto proactif. Le Brésilien, en particulier, a livré une performance pleine de fraîcheur vers l'avant et a effectué des récupérations cruciales derrière. Indépendamment de l’épisode contesté du but de l’Atalanta, l’homme en plus a été Dumfries, trop longtemps « en moins » à cause de sa blessure. Inutile de tourner autour du pot : le Néerlandais offre à Chivu un rendement nettement supérieur à celui de n’importe quel remplaçant. De l’autre côté du terrain, Dimarco, malgré une prestation globalement à la hauteur, a seulement péché par manque de précision sur quelques frappes. Le trio central était un peu (trop) lourd. Une mi-temps pour le discret Sucic et une pour le posé Mkhitaryan. Une légère amélioration pour Barella, même s’il est encore loin de ses meilleures performances, désormais perdues dans le temps. Zielinski a encore été une valeur sûre, meneur de jeu expert dans la gestion de ses efforts et intelligent dans ses lectures tactiques. En attaque, on a vu un Thuram en demi-teinte, dont les erreurs ont été injustement soulignées par le public. Dans l’ensemble, la prestation du Français a été suffisante. Celle de Pio Esposito a en revanche été excellente ; Chivu lui a épargné (pour des raisons compréhensibles ?) la dernière demi-heure, laissant la place à Bonny. L'attaquant central azzurro aura convaincu Gattuso dans les tribunes. Pio est le plus prêt de tous, y compris Scamacca et Kean, pour mener l'attaque azzurra lors des barrages de la Coupe du monde qui se profilent dans une dizaine de jours.
Au final, on a l'impression que, craignant la fatigue de ses joueurs, Chivu a un peu gaspillé ses remplacements. Surtout celui de Pio Esposito, il faut le dire et le redire. Mais ensuite, on parlera surtout de l'épisode crucial : la bousculade ou l'entrecroisement des pieds entre Dumfries et Sulemana. Mais ce seront des discussions complémentaires. Les incidents contestés sont bien là, tout comme le net déclin de l'Inter.



