Ballon d'Or 2018 - Un bilan un peu amer pour les Français

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Avec un seul champion du monde sur le podium, la France, pays le plus représenté dans cette édition, paie le phénomène de dispersion des voix.

Peut-être fallait-il s'y attendre, rappeler que la lucrative Ligue des champions phagocyte tout dans l'ère moderne. Rappeler que Cristiano Ronaldo, même bougon et boudeur, surgit tout le temps pour passer devant les joueurs qui le serrent de près. Mais quand même, la photographie pique un peu les yeux.

La France comptait 7 joueurs dans cette liste des 30 candidats pour le Ballon d'Or France Football 2018 : 6 champions du monde - Antoine Griezmann, Kylian Mbappé, Raphaël Varane, N'Golo Kanté, Paul Pogba, Hugo Lloris - auxquels Karim Benzema, champion d'Europe, est venu se greffer. C'est grâce à leur force collective que les héros Bleus sont grimpés sur le toit du monde, l'été dernier. Et c'est cette même force collective qui a engendré un phénomène de dispersion des voix fatal aux aspirations de chacun. Juste ou pas, le constat est clair. Messi ou Ronaldo hier, puis Modric aujourd'hui en ont profité. Alors la France pourra toujours se réconforter en rappelant qu'avant elle, l'Espagne et l'Allemagne, avec les mêmes vertus, avaient connu le même cheminement. Et que comme elle, sûrement, elles n'échangeraient pour rien au monde l'or de l'été pour celui de l'automne, aussi beau soit-il...
 

  1. Getty Images

    Antoine Griezmann (Atlético de Madrid) - 3ème

    Le numéro 7 des Bleus est donc le seul champion du monde à accrocher le podium. Et comme il y a deux ans, il se contente de la troisième marche, malgré deux titres qui changent tout dans sa carrière. Décisif et brillant dans les deux finales majeures qu'il a disputées cette année (Coupe du monde, Europa League), Antoine Griezmann n'a pas autant imprimé les rétines que le foudroyant Kylian Mbappé, mais la subtilité de son jeu a touché une catégorie des votants. Ses chiffrent parlent aussi. Le Mâconnais est le Français le plus décisif de l'année (36 buts et 17 passes décisives toutes compétitions confondues). 
  2. Getty

    Kylian Mbappé (Paris Saint-Germain) - 4ème

    La planète entière a été subjuguée par la tornade Kylian Mbappé, un après-midi de juin, où le prodige français a tout fait plus vite que les autres pour terrasser l'Argentine de Lionel Messi. Ça ressemblait à une passation de pouvoir, c'est comme cela que le monde l'a perçu. La planète entière a vu le gamin de Bondy marquer pour sa première finale, aussi, comme Pelé, et se faire adouber par le Roi. Et puis la planète entière est unanime sur une chose : Kylian Mbappé remportera le Ballon d'Or, un jour. Paradoxalement, ce dernier point l'a peut-être desservi. Comme quelques copies moins abouties en Ligue des champions, sûrement, et un début d'année civile moins scintillant. Septième l'an passé, quatrième cette année, Kylian Mbappé monte, malgré tout. Il est une évidence qui prend forme.
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    Raphaël Varane (Real Madrid) - 7ème

    En gagnant les deux compétitions reines, Raphaël Varane a réussi une prouesse que seuls quatre joueurs avaient réalisé jusqu'alors dans l'histoire du football : le Français Christian Karembeu en 1998, le Brésilien Roberto Carlos  en 2002 et l'Allemand Sami Khedira en 2014. Pour lui aussi, son palmarès n'a pas suffi. Le patron de la défense des Bleus doit se contenter d'une septième place. Parce qu'il est défenseur, déjà, forcément. Et parce son immense Mondial et ses prestations pleine de caractère au printemps avec le Real ont été un peu atténués par un début de saison chaotique. "Difficile de faire mieux", répète-t-il pourtant depuis l'été dernier. On ne peut pas lui donner tort.
  4. Gettyimages

    N'Golo Kanté (Chelsea) - 11ème

    Dans le panorama de cette année, N'Golo Kanté est encore monté en altitude puisqu'il est devenu champion du monde, et que son image de pile électrique à tout faire au milieu l'accompagne toujours. Mais malgré cela, et en dépit d'un début de saison un peu moins impactant avec un nouveau rôle à Chelsea, le Français paye l’homogénéité du haut du tableau, qui le fait reculer de trois rangs.
  5. Getty Images

    Paul Pogba (Manchester United) - 15ème

    Persuasif, actif, sobre et décisif, Paul Pogba a montré en Russie tout ce que les observateurs attendent de lui. Sa Coupe du monde marque un tournant dans sa carrière, mais le champion du monde est aussi victime de la confusion qui se dégage de sa situation en club. Sa relation très fraîche avec José Mourinho n'a pas favorisé son épanouissement, au même titre que le style de jeu très rudimentaire de United. Malgré des stats tout à fait honorables pour un milieu, le Français doit se contenter de la 15ème place.
  6. Catherine Ivill

    Karim Benzema (Real Madrid) - 17ème

    Entre période fastes et moments de disettes, la lecture de l'année de Karim Benzema n'est pas évidente. Toujours plus joueur que buteur, l'ancien Lyonnais a néanmoins marqué quelques pions cruciaux dans la conquête européenne du Real Madrid, en demi-finale et en finale, où sa roublardise l'a autant aidé que sa finesse. Absent de la grande aventure en Russie, le numéro 9 du Real mène une carrière parallèle remarquable, notamment pour sa longévité. Mais elle ne peut pas combler ce manque pour rafler un Ballon d'Or. Le champion d'Europe se place au 17ème rang.
  7. Getty

    Hugo Lloris (Tottenham) - 29ème

    Bien qu'elle se soit terminée par une bourde sans suite, la parenthèse enchantée du Mondial a permis à Hugo Lloris d'intégrer la liste des 30 nommés, mais le gardien ferme ce classement avec Isco. Capitaine de la nation sacrée, le gardien de Tottenham a multiplié les arrêts de grande classe pour emmener les Bleus tout en haut. Il est aussi devenu le portier le plus capé de toute l'histoire du foot français. Ses quelques trous d'air alimentent aussi une drôle d'année. Si elle n'est pas illogique, sa 29ème place peut être perçue comme une petite déception.