Real Madrid - Titres, style, communication : Zinédine Zidane peut dresser un bilan presque parfait

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Zinédine Zidane a annoncé son départ du Real Madrid contre tout attente, ce jeudi. Il y laissera une trace éternelle.

Brutale. Inattendue. L'annonce a foudroyé l'Espagne et le reste du monde. Sur les coups de midi, un communiqué du Real Madrid a indiqué la tenue d'une conférence de presse imminente avec Zinédine Zidane. C'est à ce moment-là, peut-être, que tout le monde a compris. Deux ans et demi après son intronisation, le Français quitte le Real Madrid au sommet de sa gloire, quelques jours après avoir acquis une troisième Ligue des champions dans sa nouvelle vie d'entraîneur. L'histoire retiendra que la Maison Blanche aura été le point de jonction entre ses deux carrières. Un temple où il aura raccroché les crampons avant d'enfiler le costume. A tous les niveaux, son passage aura été une réussite immense.

Son bilan sportif

Tout est allé très vite, trop vite, pour que l'on mesure la prouesse réalisée par Zidane sur le banc du Real. En moins de trois ans, le technicien français est entré dans le Panthéon des entraîneurs. Il est devenu à jamais le premier - comme un clin d'oeil à sa ville natale - à remporter une deuxième Ligue des champions de rang, puis une troisième. Un total que seuls Carlo Ancelotti et Bob Paisley avaient atteint avant lui, mais sur un laps de temps infiniment supérieur. Un total que toutes les références du métier regardent avec respect et admiration, de Guardiola à Mourinho, en passant par Simeone ou le charismatique Jürgen Klopp, son dernier adversaire.

Zinedine Zidane & Pelatih Dengan Gelar Piala Eropa/ Liga Champions Terbanyak

Il y a moins d'un an, Zidane répétait pourtant souvent que la Liga avait été son plus bel accomplissement. Troisième du championnat espagnol cette année, son Real a coiffé le FC Barcelone et l'Atlético de Madrid, deux rivaux historiques, au terme d'une campagne 2016-17 quasiment parfaite. Car 2017 aura aussi vu le club madrilène s'adjuger la Coupe du Roi, la Supercoupe d'Espagne, la Supercoupe de l'UEFA et la Coupe du monde des Clubs. Une pluie de succès collectifs à laquelle s'ajoutent de multiples distinctions individuelles.

Son style de jeu

C'est à ce niveau-là que les plus perfectionnistes trouveront à redire. Car Zidane n'a pas (encore) montré son appartenance à un courant de pensée. Il avait fait ses gammes dans l'ombre de Carlo Ancelotti, et c'est peut-être ce qui le rapproche de l'un de ses mentors. Inclassable, inqualifiable, son style de jeu ne découle pas d'une école. Et c'est peut-être ce qui a fait sa force. Aussi à l'aise pour tenir le ballon que pour pour tuer ses adversaires sur des attaques rapides, son Real aura été une équipe-caméléon dont la faculté d'adaptation n'avait pas de limites. Dans l'imaginaire, le Real de Zidane ne laissera donc pas la même image que le Barça de Guardiola dans un sens, ou que l'Inter de Herrera dans un autre. Là se situe certainement sa marge pour rejoindre les Cruyff, Sacchi et autres Guardiola donc, tous révolutionnaires dans leur approche du jeu. Mais ce constat ne doit pas éclipser le fait que seul Johan Cruyff, avant lui, avait été un joueur exceptionnel avant d'épouser une carrière d'entraîneur à succès. Et ça, c'est une vraie victoire.

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Son management

L'aura naturelle de Zinédine Zidane est une matière première qu'il a su bonifier durant tout son passage au Real. Il faut dire que les doutes ne se concentraient pas vraiment sur cette dimension-là dans sa fonction. Propulsé sur le banc de l'équipe première pour succéder à Rafael Benitez, Zidane a rapidement imposé sa griffe. Et elle est un éveil constant à l'immense joueur qu'il a été. Moins professoral que son prédécesseur, le Français s'est toujours mis dans la peau de ses champions - son ancienne peau à lui - comme pour retrouver, même par instants, le plaisir et l'approche d'un joueur. Son tact et sa complicitité avec les cadres du vestiaire ont fait l'unanimité. Le capitaine Sergio Ramos, les soldats Luka Modric, Toni Kroos, Karim Benzema ou Marcelo, les jeunes Isco, Marco Asensio, Lucas Vazquez, et surtout l'omniprésent Cristiano Ronaldo ont tous montré une estime sans faille pour lui. Le coup de maître ayant été de faire accepter à CR7 d'oublier sa faim de matches pour terminer les saisons en boulet de canon...

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Sa communication

Pendant ses deux ans et demi aux commandes du Real, le Français n'a jamais émis l'once d'une critique envers un homologue. Sa communication a souvent été lisse, consensuelle, sobre voire neutre. Mais cette année compliquée l'a vu s'affirmer dans un contexte plus délicat. Plusieurs fois, il a ainsi rappelé que sa vitrine n'était pas le baromètre de sa réussite. Après la qualification du Real contre le PSG d'Unai Emery, Zidane avait ainsi exposé sa vision des choses avec une sincérité rare dans le milieu. "Là aujourd'hui je suis un meilleur tacticien qu'Emery ? Quelle connerie, en fait, quelle connerie... Pour moi c'est ça la plus grosse bêtise", avait-il lancé. "Mais bon, il faut accepter parce que peut-être dans quelques semaines, on dira que moi je suis idiot et que l'autre entraîneur, comme il a gagné le match, il est meilleur, et compagnie. Voilà, c'est la règle du jeu, en même temps. C'est pour ça que je ne regarde pas (les critiques), je regarde ce que je fais moi, la passion que j'y mets, le travail que j'y mets". Sa réponse aux interrogations sur l'arbitrage avait été tout aussi saillante, comme ses prises de position sur Karim Benzema. L'entraîneur est le même que le joueur. Doux, mais pas lisse. Libre. Un terme qui lui colle à la peau, à chaque fois qu'il ferme un chapitre. 

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