Pourquoi le renouveau de Toulouse passe par Max-Alain Gradel

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Par son talent et son tempérament, Max-Alain Gradel, qui retrouve Saint-Etienne, concentre tous les espoirs d'une équipe de Toulouse en danger.

Max-Alain Gradel est connu pour ses coups de rein. Moins pour ses coups de gueule. Cette semaine, pourtant, il a associé les deux. L'objet du litige ? Un penalty évident non sifflé par M. Millot après avoir demandé l'utilisation de l'assistance vidéo. "L’arbitre central ne servait plus à rien. J’ai regardé les images dix fois, il y avait penalty. Si c’est pour prendre des décisions qui ne sont pas bonnes, ça ne sert à rien". Parce que Toulouse a perdu à Rennes (4-2), cette colère saine et spontanée était lourde de sens, mais bien au-delà de l'incident du jour, elle rappellait aussi toute l'importance de l'Ivoirien dans une équipe de Toulouse moribonde. 

Saint-Etienne ne l'a pas oublié

Dimanche, Max-Alain Gradel va remettre les pieds dans ce Chaudron qui a appris à l'aimer. Car ce baroudeur élevé dans le dix-huitième arrondissement de Paris et formé dans le moule du football britannique avait conquis les cœurs de ce peuple vert. C'est à Saint-Etienne, il y a trois ans, qu'il a signé la plus belle saison de sa carrière. Et il y a fort à parier que les amoureux du club aient coché cette année-là dans le désert de spectacle qu'ils traversent depuis bien longtemps.

Saint-Etienne forward Max Gradel

Saint-Etienne va mal. Très mal. Mais Toulouse ne va pas beaucoup mieux. Avec une seule victoire sur ses neuf derniers matches en Ligue 1 et pire, deux petits succès sur ses 25 derniers déplacements, l'équipe de Pascal Dupraz est appelée à réagir. Gradel est peut-être le joueur le plus attendu pour ça. Avec quatre buts inscrits en dix titularisations, il est le meilleur buteur du Téfécé aux côtés de l'avant-centre Andy Delort. Sa trajectoire est ascendante, aussi, puisqu'il a marqué les 3 derniers buts de son équipe en Ligue 1. Et sa phase aller aurait certainement été beaucoup plus riche si elle n'avait pas été plombée par des pépins physiques.

Le plaisir de jouer

Prêté par Bournemouth sans option d'achat, l'Ivoirien a rapidement répondu aux sceptiques. C'est lui, à la fin de l'été, qui avait ouvert le score au Parc des Princes avant la révolte violente de la bande à Neymar pour le premier match de la star brésilienne Porte de Saint-Cloud (6-2). Avec Andy Delort, Yaya Sanogo, Corentin Jean, Ola Toivonen ou Jimmy Durmaz, le secteur offensif de Toulouse a de l'allure, mais Gradel présente la meilleure copie à la mi-saison. Pascal Dupraz en est parfaitement conscient. Victime d'un malaise cette semaine, l'entraîneur de Toulouse ne sera pas du déplacement dans le Forez, mais ses hommes seront avec lui par la pensée. Avec Max-Alain Gradel, la connexion a bien pris. "Je suis très heureux que nous ayons recruté Max-Alain, car il est enthousiaste et il aime le football", avait expliqué le technicien fin décembre. "Il a un très bon comportement sur le terrain. C'est un garçon qui assume, qui ne se prend pas pour un autre. Il sert les intérêts du TFC avec son comportement de grand frère auprès des jeunes joueurs".

Dans la lecture de cette deuxième partie de saison, Pascal Dupraz n'a d'ailleurs pas manqué de rappeler un ressort qui a son importance : l'Ivoirien est revanchard. Après l'échec des Eléphants pour une qualification à la Coupe du monde, l'ancien Stéphanois n'a d'autre choix que de se focaliser sur la mission maintien du Téfécé. "Je suis déçu pour lui qu'il n'ait pas pu se qualifier pour la Coupe du Monde avec la Côte d'Ivoire (...) Je suis également content, car il va se concentrer sur le TFC pour nous aider à redresser la situation". 

L'intéressé, lui, ne clame qu'une seule chose : jouer. Pour se montrer, aussi. Même si son humilité prend le dessus, toujours. "Je suis revenu déjà pour avoir plus de temps de jeu, retrouver le plaisir de jouer surtout", a-t-il expliqué dans des propos accordés au site foot-express. "J’ai passé des moments difficiles, je suis notamment revenu d’une grave blessure et après ça, j’ai eu moins de temps de jeu. Donc il fallait prendre plus de recul et repartir de l’arrière. C’est ce que j’ai voulu faire en revenant dans un club pour avoir plus de temps jeu, et pourquoi pas essayer de faire une bonne saison er avoir des objectifs plus élevés". Les prochains mois conditionneront aussi le prochain chapitre de sa carrière. À trente ans, cet attaquant déroutant capable d'évoluer à gauche ou de tourner autour d'un avant-centre a toutes les cartes en main pour enfiler le costume du héros. Les amoureux du Téfécé pourront alors le remercier. Comme ceux de Saint-Etienne. 

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