OM-Atlético, les leçons à retenir de la finale perdue de 2004

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Mercredi, face à l'Atlético, l'OM tentera de faire mieux que lors de sa dernière finale européenne en 2004. Comment les Phocéens devront s'y prendre ?

Mercredi soir, l'Olympique de Marseille joue une finale de Coupe d'Europe. La dernière fois que ça a été le cas c'était en 2004 du côté de Stockholm. À l'époque, et en dépit d'un remarquable parcours réalisé par Didier Drogba et ses coéquipiers à partir des 16es de finale, il n'y a pas vraiment eu match contre le FC Valence de Rafael Benitez. Les Ché l'avaient emporté logiquement 2 à 0, en profitant notamment d'un scénario très favorable, avec une supériorité numérique pendant plus d'une mi-temps. Que reste-t-il aujourd'hui de ce rendez-vous manqué ? Des regrets et de la déception, bien sûr, mais aussi quelques leçons tirées. Et qui ne sont pas sans utilité pour la bande à Garcia en vue de son choc contre les Rojiblancos.

Le contexte, les joueurs, les lieux sont différents entre le match d'il y a quatorze ans et celui de mercredi. Néanmoins, il existe aussi quelques similitudes. Comme le fait de voir l'OM se frotter à une équipe espagnole qui lui est supérieure sur le papier. La présence des Olympiens à cette finale est, par ailleurs, autant une surprise qu'à l'époque. En raison de tous ces points communs, il ne serait donc pas inapproprié pour Thauvin et ses coéquipiers de penser à ce qu'ont fait (ou n'ont pas fait) leurs prédécesseurs afin de se donner encore plus de chances de réussir l'exploit. 

Pour se replonger dans cette triste soirée suédoise et en tirer une synthèse, Goal a sollicité le Suisse Fabio Celestini. L'avis de ce dernier est doublement intéressant. D'abord parce que c'était l'un des protagonistes de la finale perdue et aussi parce qu'il se remémore aujourd'hui ce match avec un œil nouveau, celui d'un coach professionnel et qui a fait ses preuves lors des trois dernières saisons du côté de Lausanne (D1 helvétique). 

Ne pas subir les événements

"Je ne crois pas qu'on s'est trompé d'approche tactique en 2004. On n'a eu ni une approche défensive, ni extrêmement offensive. Je crois qu'on a essayé de jouer le match qu'on devait jouer. Après, je crois qu'on a eu Didier (Drogba) qui a été un peu blessé. Il est incertain jusqu'à la dernière minute pour ce match. On savait aussi qu'on n'allait pas avoir le Drogba des dernières semaines. Mais on comptait faire un match comme on l'a toujours fait face à ces équipes-là. On a connu une belle épopée européenne et on a abordé cette rencontre de la même manière. Pas pour défendre ou attaquer, mais pour jouer. Mais après, on avait quand même Valence en face. Une grosse équipe. On a peut-être subi un peu plus que d'habitude. Le but n'était cependant pas de défendre. Mais, comme je l'ai dit, on savait que Drogba n'était pas très bien et on connaissait l'importance qu'il avait pour nous. Fondamentalement, c'était le joueur clé qui nous débloquait les matches. Peut-être qu'on s'est dit qu'on va essayer de bien défendre et que Didier allait nous allumer la lumière devant. Mais c'était plutôt de manière inconsciente. Ce n'était pas le plan de jeu prévu".

Profiter de l'expérience des anciens et de l'insouciance des jeunes

"On avait des joueurs comme Steve Marlet et Fabien Barthez, qui avaient une certaine expérience. Après, il y avait un groupe assez jeune, qui n'avait pas l'habitude de jouer ces matches-là comme Mathieu Flamini, Sylvain N'Diaye, Camel Meriem, Laurent Battles, etc…On ne devait pas forcément être là. Mais, on venait aussi de sortir trois gros d'Europe et cela ne nous avait pas empêchés donc d'aligner les gros matches et de passer. On vivait sur l'euphorie, avec un groupe magnifique. Et sur un état d'esprit exceptionnel et des joueurs exceptionnels comme pouvait l'être Drogba ou certains autres. Je crois franchement que cette année, on aurait pu la gagner. Malheureusement, et comme beaucoup de fois dans le foot, ça se joue à des petits détails. Et ce pénalty fait donc tout basculer. Après on savait qu'effectivement, à 0-1, un homme en moins et un Drogba à 70% de ses moyens, que ça allait être très dur pour nous. Mais je pense qu'avec ce groupe-là, il n'y avait rien qui nous faisait peur."

Eviter les erreurs irréversibles

"Il me semble qu'il y avait pénalty sur l'intervention de Fabien Barthez. Mais à cette époque-là, il y avait la double peine. Si on reste à 11, on peut encore, en deuxième mi-temps, essayer quelque chose. Il y avait pénalty, but et expulsion, donc c'est une triple peine même. Ça a été un énorme tournant, surtout que c'est juste avant la mi-temps. Ça nous met la tête dans le sac. Et ça a été dur par la suite de revenir."

Exploiter le talent des joueurs clés et la bonne dynamique collective

"Pour avoir regardé quasiment tous les matches de l'OM en Ligue Europa cette saison, j'ai l'impression qu'ils jouent bien. Et que, comme nous, ils s'éclatent ensemble. Et ils n'ont peur de rien. En plus, ils font un parcours en championnat qui est nettement meilleur que le nôtre. Donc, ils n'ont pas joué que l'Europa League. Ça c'est vraiment admirable, et il faut leur tirer un vrai coup de chapeau. Je crois que c'est surtout cet état d'esprit-là (qui a fait la différence). Les joueurs, effectivement, ils sont différents. Ils ont Payet et Thauvin notamment, nous on avait Drogba et Meriem. Ce sont des joueurs qui vous font la différence. Et surtout, il y a un état d'esprit fantastique. Et je crois que sans ça, on ne peut rien faire. On ne peut pas aller au bout d'une Europa League sans ça, car l'OM aujourd'hui ce n'est ni le PSG, ni le Bayern, ni Liverpool. Et l'OM a cet ADN-là. Il faut un groupe qui aille avec le club, qui n'a peur de rien et qui vit bien ensemble. Parce qu'à Marseille, c'est dur. C'est ce qu'on voit aujourd'hui, et c'est ce qu'on a vu en 2004. Je ne parle pas forcément de ceux qui jouent, mais de ceux qui ne jouent pas. Il y a des blessés, y a plein de contraintes mais l'équipe reste là. Tant en championnat qu'en C3. Cela veut dire que tout le monde tire dans le même sens. Il y a un groupe soudé, avec le staff technique et tout le monde. Et aussi un club qui est aujourd'hui plus stable. Et ça, ça aide à créer un climat propice pour ce genre d'exploits."

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Jouer le match à fond et ne pas penser à l'enjeu

"Je n'ai pas vraiment de conseils à leur donner. La seule chose que je dis toujours, et en étant entraineur aujourd'hui, c'est de jouer. Indépendamment de celui qu'on a en face de nous, ça va être un match extrêmement très difficile. Il ne faut pas avoir de regrets, il faut la jouer comme ils ont joué cette Europa League et comme ils jouent en championnat. En sachant qu'il n'y aura pas de repêchage. Il faut la jouer à 200% et ne pas penser à ce qui se passera à la fin. Ne pas penser au résultat, à soulever la Coupe ou ne pas la soulever. La jouer donc et faire les comptes à la fin du match."

Se concentrer sur ses propres qualités

"L'Atlético, c'est toujours très dur de jouer contre eux. Fondamentalement, le plan est toujours le même. Et il est très bon. Et il est difficile à contrecarrer, parce qu'ils n'ont aucun problème à laisser le ballon face aux plus forts qu'eux. Ils vous le laissent. Mais le problème c'est que si vous avez la balle vous vous exposez à des contre-attaques dangereuses. Et s'ils sont supérieurs à vous, ils ont le ballon, même si ce n'est pas ce qu'ils préfèrent le plus. Il y a alors plein de joueurs qui peuvent faire la différence aussi. Et des joueurs qui sont très importants. Car si vous laissez le ballon à des Griezmann, Koke et Diego Costa, vous êtes punis. Face à ces grosses équipes, il est important de se focaliser sur ses propres qualités. Les qualités de l'OM. Evidemment, il faudra faire attention à ce qui se passe chez l'Atlético, mais c'est compliqué de faire l'un et l'autre. Souvent, il y a des équipes qui ont du mal à défendre, avec des offensifs qui ne défendent pas beaucoup, là cela vous permet de planifier certaines choses. Là, le problème c'est que tout le monde défend. Les 11 joueurs. Et à partir du moment où il y en a 11 qui défendent, c'est extrêmement difficile à passer, à fortiori s'ils ont la caractéristique d'être bons en contres. Donc, il faut jouer le match, et voir si on arrive à provoquer les petits détails de notre côté pour pouvoir gagner le match."

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