ENTRETIEN - Patrice Lair : "Il faut un président délégué au PSG"

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EXCLU GOAL - Avant d'affronter le FC Barcelone en demi-finale de Ligue des champions, Patrice Lair revient sur sa première saison au PSG.

Aux portes d'une quatrième finale européenne dans sa carrière, Patrice Lair savoure une saison dont il n'espérait pas tant tirer au Paris Saint-Germain. Mais l'entraîneur français, qui se veut ambitieux, est très loin de se satisfaire d'un tel parcours en Ligue des champions. "Une coupe, ça se gagne, si tu perds en demi, ça ne sert à rien", explique-t-il.

Pendant 45 minutes, l'entraîneur des fillles au PSG a accepté de retracer une partie de son parcours, de parler de l'évolution du football chez les féminines et d'évoquer cette demi-finale face à Barcelone dont le match aller se jouera samedi en Catalogne.

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Son parcours 


Qui est Patrice Lair ?

Patrice Lair : Un breton qui tapait dans un ballon autour de l'église de son village. J'ai gravi les échelons tout doucement. Je pense que j'avais un bon petit niveau. J'ai longtemps joué en D3 à Saint-Brieuc. J'ai fait une petite carrière tranquille. Je n' m'imposais pas en tant que joueur ce que j'impose en tant qu'entraîneur maintenant. C'est à Saint-Malo que j'ai commencé ma carrière d'entraîneur. Je jouais en équipe première puis j'ai pris l'équipe réserve. J'ai longtemps été entraîneur-joueur. Puis ensuite je me suis lancé à Reims, Angoulême... avant d'atterir chez les filles à Montpellier grâce à Louis Nicollin, puis Lyon et le PSG. Avec Jean-Michel Aulas, l'entretien a duré 5 minutes. Je lui ai dit : "Je vais vous la gagner la Ligue des champions". Et c'était signé.

Patrice Lair

Il y a eu l'Afrique entre temps également...

Au Bénin, au Rwanda... c'était fabuleux humainement. J'en tire quelque chose de fort car j'ai vu la misère humainement. Il faut se débrouiller avec 10 ballons, avec deux jeux de chasubles. J'ai aussi vu des trucs ignobles en dehors du football dans ces pays là. 

Vous avez été consultant pour Eurosport, ça vous a apporté une autre vision ?

J'ai changé certaines choses dans mon comportement depuis. Dans mes relations, je suis différent depuis mon passage à la télévision. 

Pourquoi n'avez-vous jamais eu votre chance chez les garçons ?

J'ai eu des possibilités, mais le challenge parisien me plaisait bien. Puis je ne m'en cache pas, le contexte financier est important. Je ne veux pas faire n'importe quoi. Si c'est pour aller galérer à un certain niveau, cela ne m'intéresse pas. Avec 10 ans de moins, peut-être, mais je n'ai plus envie. Je veux être dans des clubs qui sont structurés.

Votre caractère a pu vous fermer des portes ?

Oui. On me le dit. Il y a des clubs qui ne m'ont pas pris pour ça. Olivier Létang me l'a dit, il y a des clubs de Ligue 1 chez les hommes qui ont pensé à moi. Mais je ne me ferai pas diriger. Je veux toujours me planter avec mes idées. Sans que l'on m'impose des choses. Je veux garder une identité.

Pensez-vous encore progresser là dessus ?

Oui, surtout dans la confiance avec mes joueuses. J'arrive à alterner entre les grandes gueulantes et les moments plus calmes. J'ai muri et je veux continuer à être comme ça. L'homme doit s'améliorer. J'accepte beaucoup plus qu'une fille vienne me parler aussi. Avant ce n'était pas le cas. Les filles me disent que j'ai changé et c'est un signe que j'ai progressé. Si un jour je veux entraîner en Ligue 1, c'est peut-être ça qui me prermettra d'avoir un contrat.


Son arrivée à Paris 


Comment s'est passée votre arrivée au PSG ?

Le plus normalement du monde. On a eu des contatcs et j'ai voulu tenter l'aventure. C'est quand même un grand club (il s'arrête) Bon, peut-être pas au niveau féminin encore. J'ai connu Lyon, mais ici on est dans la capitale, il y a le Parc des Princes... on ressent autre chose. Je ne pensais jamais venir entraîner à Paris un jour. Je ne regrette pas du tout. Je reste persuadé que c'est le seul club en France qui peut gagner la Ligue des champions chez les garçons. Il y a une force dans ce club de très grand. Comme la ville. 

Vous être proche de Nasser Al-Khelaifi, le président ?

J'ai eu la chance de connaître de grands présidents comme Louis Nicollin à Montpellier, qui est un ami ou Jean-Michel Aulas à Lyon, le visionnaire. Ici, ça se passe très très bien avec le président. Je suis dans  un grand club et j'ai envie de renvoyer l'ascenseur. C'est pour ça que je demande d'avoir une grosse exigence chez les filles. Il nous faut d'autres moyens. Mais le président m'a assuré qu'il y aurait une grande équipe fémininé à Paris quand je suis venu. 

Patrice Lair

On vous dit aussi très ami avec Olivier Létang, c'est vrai ?

C'est lui qui a décidé de me faire venir ici. Les gens me craignaient par rapport à mon caractère. C'est normal. J'ai connu Olivier comme joueur et dirigeant à Reims, je l'apprécie. Il connaît très bien le football et il a beaucoup apporté au PSG. Il a évolué grâce à Leonardo avec qui il s'entendait très bien. 

Que faut-il améliorer chez les filles à Paris ?

Il nous faut un président délégué. Un président ambitieux. Aujourd'hui, on n'a pas de référent. On a personne à qui parler. Du coup, il faut du temps pour faire bouger les lignes. Et on perd des joueuses. Cet hiver, on a perdu des joueuses à cause de ça. Et de grandes joueurs. On doit être plus réactif.


La Ligue des champions 


La Ligue des champions, c'est l'objectif ultime du club ?

Si on veut connaître Paris, ce sera grâce à la Ligue des champions, pas grâce au championnat. C'est comme ça que Lyon s'est construit. Il faut aller chercher un gros titre. On n'est peut-être pas assez mûre pour la gagner, mais il y a un petit espoir. 

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Jouer Barcelone, ça va forcement refaire parler du match des garçons ?

Si on avait perdu cette possibilité en quart de finale, ça aurait été insurmontable sur cette fin de saison. On va avoir un Parc des Princes bien rempli et forcément on veut venger les garçons. Je suis Parisien et entendre des "remontada" depuis début mars, je n'en peux plus. Si on fait un bon résultat à Barcelone, le Parc ça va être quelque chose. 

Quel est le rêve de Patrice Lair ?

Gagner une Ligue des champions avec les hommes. Avant ça, j'ai envie de jouer une quatrième finale de Ligue des champions féminines avec Paris. Je connais mon groupe et je sais qu'en finale, on est capable de la gagner. 

Shirley Cruz

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