Benjamin Pavard, le héros inattendu qui a imité Lilian Thuram

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20 ans après Thuram, un latéral droit a remis en selle les Bleus lors d'un match couperet du Mondial en marquant un joli but. Ce héros, c'est Pavard.

La célébration du but n'était pas la même et ne restera peut-être pas dans les annales. Mais, pour tout le reste, à savoir le scénario, l'effet surprise, la beauté du but et l'immense délivrance provoquée dans le camp tricolore, tout était semblable. C'est comme si les plus vieux d'entre nous avaient fait un voyage dans le temps pour revivre le moment mythique qui a vu Lilian Thuram devenir le héros de toute une nation en remettant en selle l'Equipe de France lors d'un match à élimination directe de la Coupe du Monde. L'ancien défenseur guadeloupéen a trouvé ce samedi un héritier et il s'appelle Benjamin Pavard.

Avant le match du jour, il n'y avait pas beaucoup de points communs susceptibles d'être mis en avant entre le recordman en sélections avec les Bleus et celui du natif de Maubegue. Tant par rapport à leurs parcours qu'à leur vécu sur la scène internationale. À l'exception de leur poste, il n'y avait même aucune similitude pouvant amener à faire des comparaisons. Mais, à présent, ces deux-là se retrouvent liés à jamais en raison du destin à part qui leur a été réservé.

Une volée phénoménale qui a soulagé toute la France

Il y a vingt ans, et alors que la France était menée par la Croatie en demi-finale de la Coupe du Monde, Thuram s'autorisait une surprenante montée qui débouchait sur son tout premier but en sélection. Un second s'en est suivi, donnant à sa performance un caractère quasi mystique, en même temps qu'il offrait aux siens une victoire des plus savoureuses. Pavard, pour sa part, s'est contenté d'un seul but, et ce n'est pas à lui qu'est revenu l'honneur d'assurer le succès tricolore contre l'Argentine en 8es de finale du Mondial russe. Cependant, comment ne pas faire la parallèle avec 1998 en voyant le but de l'arrière de Stuttgart ? Le geste qu'il exécute et le contexte dans lequel il intervient.

On jouait la 57e minute de cette rencontre face à Albiceleste, et l'Equipe de France, sans être vraiment bousculée, traversait sa période la plus compliquée depuis le début du tournoi. Menée 2-1, elle voyait peut-être même poindre une sortie de route et un retour prématuré à la maison. C'était donc sans compter sur l'inspiration de son numéro 2. Comme Thuram, il s'est permis une montée aux avant-postes quelques minutes après avoir été impliqué sur un but adverse. Et libre de tout marquage, il s'est retrouvé en position de frappe sur un centre de son pendant à gauche, Lucas Hernandez. Le geste qui a suivi fut aussi limpide qu'inattendu : une remarquable reprise de volée du droit de 20 mètres. L'équilibre, la précision et la puissance, tout était parfait et cela ne pouvait que finir au fond. 

Dans ce match exceptionnel et riche en temps forts, ce n'était pas la seule étincelle et les supporters tricolores ont eu ensuite d'autres occasions de bondir de leur banc et de s'extasier. Mais, l'histoire retiendra que ce chef d'œuvre était bien le tournant de la rencontre. Celui qui a permis aux Bleus de refaire surface ou, pour reprendre l'expression utilisée par son auteur, "d'avoir une bouffée d'oxygène" . Qui sait à quoi aurait ressemblé la dernière demi-heure de la partie si le jeune défenseur n'avait pas trouvé la faille.

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Au final, et après que Kylian Mbappé a signé un doublé, les Bleus l'ont emporté 4-3. Après la rencontre, l'attaquant du PSG s'est d'ailleurs accaparé tous les éloges et l'essentiel de la lumière. Mais, le héros inattendu du jour a également eu droit à une pluie de compliments. Le capitaine Hugo Lloris l'a notamment applaudi, tout en soulignant que cette réalisation venue d'ailleurs n'était pas le fruit du hasard : "on n'a jamais eu de doute sur l'expression de sa personnalité. Déjà c'est quelqu'un de très costaud défensivement, toujours impliqué et qui est aussi bon techniquement pour apporter offensivement".

Pavard veut aussi son "happy end"

Le principal intéressé a bien sûr eu besoin de temps pour descendre de son nuage. Au micro de TF1, il a reconnu avoir vécu quelque chose d'unique, que même dans ses rêves, il lui aurait été difficile d'imaginer. "Je suis encore ému, je ne vais pas vous le cacher. Je suis content de mon but, et aussi pour l'équipe (…) Je suis heureux pour moi, le collectif et tout le peuple français (…) Après le match, j'ai couru partout, je ne savais pas quoi faire. Ma copine était là et elle pleurait. J'ai appelé mes parents, mon agent. C'est une belle récompense pour moi et pour ceux qui ont toujours cru en moi. Et je remercie mes coéquipiers pour la confiance qu'ils me donnent".

En 1998, Pavard avait deux ans. Il était trop jeune pour voir et se rappeler de l'exploit de Thuram. Mais que les plus anciens se rassurent, Didier Deschamps, témoin privilégié en tant que joueur en 1998 et comme sélectionneur aujourd'hui, a bien joué son rôle en racontant à son poulain ce qui s'était passé au Stade de France. L'ex-Lillois espère à présent que la fin de l'histoire sera aussi belle pour lui que pour que son illustre prédécesseur dans le couloir droit des Bleus. 

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