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Avec six représentants pour la première Coupe du monde sur son sol, l'Afrique espérait franchir un cap et atteindre (enfin) les demi-finales. Seul le Ghana s'est extirpé des poules et a vraiment existé en Afrique du Sud, ratant d'un rien ou plutôt d'une main d'entrer un peu plus dans l'histoire.

Une franche réussite... sauf sportif. Pour cette XIXe Coupe du monde, la première sur le continent noir, tous les regards étaient fixés sur l'Afrique du Sud. Et force est de reconnaître que la nation de Neslon Mandela ne s'est pas trompé et s'est montrée digne d'accueillir un tel événement avec une organisation quasi parfaite. En revanche, dans le domaine purement sportif, on ne peut pas dire que les Africains aient enflammé les leurs. Loin s'en faut. Hormis évidemment les Black Stars. Comme le Cameroun en 1990, et le Sénégal en 2002, les Black Stars se sont arrêtés aux portes du dernier carré. La faute à l'Uruguay lors de la séance de tirs au but, mais aussi et surtout à Luis Suarez pour sa main décisive à la fin de la prolongation. Pour les cinq autres représentants, la soupe à la grimace fut de rigueur avec une élimination dès le premier tour. Si la Côte d'Ivoire a sauvé les apparences, tombant une nouvelle fois dans le groupe de la mort et les armes à la main, l'Afrique du Sud, le Nigéria, l'Algérie et le Cameroun ont montré les limites d'un football qui ne cesse de s'améliorer, mais qui reste encore en retard.

Le Cameroun se saborde de l'intérieur

De toutes les équipes africaines en lice, le Cameroun présentait l'effectif le plus cohérent. Des joueurs de classe internationale dans chaque ligne, notamment Stéphane Mbia, Alexandre Song ou Samuel Eto'o, un entraîneur qui avait bien mené sa barque jusque-là. Et tout s`est effondré. Les choix de Paul Le Guen ont été discutables (Mbia à droite, Song et Emana sur le banc, Eto`o relégué sur un côté) et discutés par ses joueurs. La première des trois défaites contre le Japon (0-1) a fait très mal au groupe qui, à l'instar des Français, a explosé. Les luttes internes sont apparus au grand jour comme entre Achille Emana et Samuel Eto'o alors que Rigobert Song et Geremi, qui avaient accepté de participer au Mondial comme remplaçants, ont fait en sorte que l'ancien entraîneur du paris Saint-Germain soit mis au banc des accuses. Résultat des courses, les Lions Indomptables terminent fanny comme la Corée du Nord. Impensable dans un groupe où derrière les Pays-Bas, le Japon, mais surtout le Danemark étaient largement prenables.

Ce n'est pas la même musique pour l'Algérie, le Nigéria et l'Afrique du Sud. Ce dernier est certes le premier pays hôte à ne pas s'extirper des poules, mais les Bafana Bafana ont perdu leurs espoirs en coinçant contre l'Uruguay de Diego Forlan (0-3), qui on l'a vu à réussi de très belles choses lors de ce mondial. Auparavant, ils avaient tenu l'Uruguay (1-1) et ont terminé par une victoire historique contre la France (2-1). Les Super Eagles avaient eu aussi un bon coup à jouer derrière l'Argentine, mais un manque de rigueur et de réussite contre la Grèce (1-2), puis la Corée du Sud (2-2), ont été fatales. Enfin, les Fennecs, pour leurs retrouvailles avec le rendez-vous planétaire, ont fait avec les moyens du bord. Autour d'un bloc défensif certain avec Bougherra ou Yahia, l'Algérie s'est montrès très solide défensivement pour contre l'Angleterre (0-0), mais a peiné dans le secteur offensif, se créeant au maximum deux à trois occasions par match. Trop peu pour faire la différence.

Les regrets ivoiriens et ghanéens

La Côte d'Ivoire, comme en 2006, a eu la malchance de tomber sur un groupe très difficile et peut s'en vouloir de ne pas avoir plus insisté lors de son entrée en piste contre le Portugal (0-0), car il y avait la place. Il faut dire que Didier Drogba, miraculé après sa blessure au coude, n'était pas à 100% de ses moyens et n'est d'ailleurs entré qu'en fin de match face à la Selecçao. Face aux Brésiliens, les partenaires de Gervinho, l'une des bonnes surprises de ce Mondial, n'ont rien pu faire (3-1) avant de sauver les apaprences contre la Corée du Nord (3-0). Mais le mal était déjà fait. Malgré une génération dorée, la Côte d'Ivoire n'a pas réussi à s'imposer comme le fer de lance du continent africain.

Ce droit est revenu fort logiquement au Ghana,
le baobab qui cache la forêt. Les Blacks Stars sont passés à un penalty sur la barre près (face à l'Uruguay) d'une première demi-finale pour le continent noir. Rageant quand l'on se souvient que c'est Luis Suarez, qui a sauvé la Celeste de l'élimination en sortant le ballon de la main sur sa ligne. La suite, on la connaît. Hormis le piteux match nul face à l'Australie (1-1), l'équipe handicapée par l'absence de Michaël Essien, en 4-2-3-1, a pu se reposer sur un front offensif très actif à défaut d'être toujours décisif. Si la défense a montré quelques signes de fébrilité, elle a prouvé qu'elle était capable d'assurer les arrières du collectif lors des phases offensives. Volontaires, quoique parfois maladroits, les partenaires d'un Kévin-Prince Boateng au top de sa forme durant ce Mondial font du Ghana une équipe à suivre ces prochaines années. A la prochaine Coupe d'Afrique des nations, déjà, mais surtout au Brésil lors de la Coupe du monde 2014. Rendez-vous est pris.

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