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Voici la présentation des équipes en lice pour les phases finales de la Coupe d'Afrique des Nations 2013 qui se déroulera en Afrique du Sud du 19 janvier au 10 février prochain.

La CAN 2013 devait avoir lieu en Libye. Cependant "en raison de l’instabilité libyenne" (notamment la guerre civile) qui touche le pays depuis le début de l'année 2011, la CAF a dû improviser et confier cette compétition à un pays accoutumé en la matière. C’est ainsi que le plan B nommé Afrique du Sud, sortant d’une Coupe du Monde 2010 réussie, a pu accueillir cette compétition dans un délai limité et à moindre coût. Celle-ci a donc été choisie pour remplacer la Libye, qui pourra se rattraper en 2017 lors de la 31e édition du tournoi. Et oui, vous ne rêvez pas 2013, 2015 au Maroc et 2017 en Libye. La CAN aura lieu dorénavant durant les années impaires afin d'éviter qu’elle se dispute la même année que la Coupe du monde de football. Les grands esprits se rencontrent, enfin !

Un changement de calendrier qui a eu une conséquence directe sur les qualifications pour la CAN 2013. En effet, le système fut différent par rapport aux années précédentes. Les sélections se sont affrontées sur deux tours par élimination directe selon le principe des matchs aller-retours. Les équipes non qualifiées pour la CAN 2012 se sont disputées les 15 places du premier tour. Pour le second, il y eut un tirage au sort entre les pays qui se sont qualifiés durant le 1er tour et ceux ayant participés à la CAN 2012. A la sortie de ces promptes qualifications, le bilan fut dramatique pour les «Grands » d’Afrique.

Comme chaque année, on nous martèle qu’il y a des grandes équipes absentes au rendez-vous comme l’Egypte (7 fois vainqueur), le Cameroun (4 fois vainqueur) ou encore le Sénégal (0 fois vainqueur). A elles seules, elles totalisent onze des 28 trophées décernés depuis la création du tournoi. Ces pays seront des « Grands absents » jusqu’à quand ? Si pendant deux années consécutives ils n’ont pas pu se qualifier, cela signifierait peut-être qu’ils ne sont plus si grands que ça. Le palmarès est certes éternel mais le présent seul est réel. Le passage de témoin, du moins de Coupes entre générations camerounaises et égyptiennes ne s’est toujours pas fait. Imparfait, comme le temps avec lequel on conjugue désormais l’exploit mondial des Lions de la Térenga. Des lions avec une frappe offensive hors du commun écrasés par le pachyderme du continent durant les qualifications. Faire du neuf avec du vieux, du vieux avec des nouveaux ou faire table rase ; telles sont les questions que doivent se poser ces diverses fédérations. Parlons des présesnts !



Le groupe A 

Le Cap-Vert de Ryan Mendes s’est qualifié pour la première phase finale de son histoire, après avoir éliminé les Lions Indomptables de Samuel Eto’o (2-0, 1-2). C’est dire la qualité de ces nouveaux venus qui ouvriront le bal face au pays hôte. L’équipe sud-africaine est en reconstruction. Les Bafana Bafana affichent une liste d’absents pétris de qualités Steven Pienaar, Benni Mc McCarthy ou encore Teko Modise. Affaibli peut-on penser ? Il en n’est rien de cela. Le pays organisateur acclamé par son public reste un des favoris pour les deux places qualificatives du groupe A. Les hommes d’Igesund comptent bien figurer dans son deuxième tournoi international à domicile en l’espace de trois ans. La fierté de tout un continent devra briller cette fois-ci sur la pelouse et viser au moins le carré d’as.

Tout comme les autres ultra-favoris du groupe, les Lions de l’Atlas. La sélection marocaine possède en son sein des pépites brutes, polies et poussiéreuses. Pour n’en citer qu’eux, on décèle le talent crû d’El Hamdaoui, la technique raffinée de Belhanda et l’esprit revanchard d’Assaidi peu en vue du côté de l’Angleterre. Un collectif en devenir mais son pis-aller, des individualités peuvent dès maintenant produire des feux d’artifices dans les défenses. Enfin la dernière équipe du groupe A est l’Angola de Manucho. Les Antilopes noires occupe la place de l’outsider du groupe et peut jouer de vilains tours aux favoris.  

 

Le groupe C

L’Éthiopie
fait son retour dans un tournoi continental après 31 ans d’absence. Un retour discret comme son effectif d’ailleurs. Un véritable collectif composé pour la plupart, de joueurs locaux avec seulement trois expatriés dont Saladin Said (Wadi Degla, Egypte). Des ingrédients qui nous font penser à l’armada d’Hervé Renard vainqueur de l’édition antérieure. D’autres équipes naissent, étonnent et jouent, d’autres nations confirment comme la Zambie qui sera présente pour défendre son bien ou encore le Burkina Faso qui se bonifie chaque année avec des joueurs qui arrivent enfin à maturité. Jonathan Pitroipa, Alain Traoré et Charles Kaboré auront un coup à jouer dans ce groupe.

Il ne suffit pas d’avoir une génération dorée pour happer l’or, il faut de l’homogénéité, de la solidarité et de la chance. Malchanceux les Super Eagles l’ont été ! L’équipe du «Big Boss» deux fois médaillée d’or et quatre fois argentée, s’est construit une réputation pérenne de troisième de la classe durant ces dix dernières années. Remodelée, rajeunie et remotivée, la nouvelle génération nigériane retrouve des couleurs. Les Vert et Blanc avec Obi Mikel et Victor Moses comme stars, souhaiteront autre chose qu’un huitième trophée cuivré. Surtout que le chef d’Etat nigérian a chargé ses joueurs de ramener la Coupe, un impératif « non négociable » selon lui. « Les Super Eagles y vont pour gagner. Comment ils le feront je ne sais pas, mais ils doivent juste y aller et la gagner » signé Mr.Goodluck Jonathan.

Le groupe B

La pression est la même chez leur voisin anglophone de l’Afrique de l’Ouest. Le Ghana n’a plus gagné la CAN depuis 35 ans. Le peuple Ghanéen attend un trophée depuis cette malheureuse finale perdue en 2010 contre l’Egypte. Les Blacks Stars sans André Ayew mais avec le prodige Christian Atsu sentiront le poids des prières de tout un peuple sur leur épaule. Et ça, Moussa Maazou connait ! Le principal atout offensif du Mena devra enfiler son costume de buteur imprévisible  et non celui de l’attaquant fantôme pendant la CAN. Vedette au pays, ballon de plomb en France, muet lors de la précédente édition, dire que l’avant-centre de l’Etoile du Sahel est sans rancune serait une antiphrase. Gare à l’orgueil du buteur fou qui retrouvera des têtes familières lors de son match contre les Aigles du Mali.

Rapace à l’ADN de la Ligue 1 et demi-finaliste il y a un an, les hommes de Patrice Carteron feront figure de favoris du groupe. Une ossature à fière allure avec probablement l’un des meilleurs milieux de terrain de la compétition composé de Seydou Keita, Mahamadou Diarra et Mohamed Sissoko sans oublier Samba Diakité et Mahamane Traoré. La maturité au service du collectif, les Aigles du Mali n’omettent pas la possibilité de remporter la compétition après cinq présences consécutives. La dernière équipe du groupe B est la République Démocratique du Congo. Les Léopards du « Sorcier Blanc » renouent avec la résonance des tam-tams et l’atmosphère unique de la rivalité des frontières africaines. Quand le Tout-Puissant Mazembe fusionne avec quelques talents éparses venus d’Europe cela donne une mixture explosive et technique. Dieumerci et Trésor peuvent rivaliser avec les plus grands en tout cas c’est ce que pense Claude Le Roy. « Mbokani, comme Ibrahimovic est l’un des rares joueurs à pouvoir jouer en pivot et en profondeur avec une facilité déconcertante » et « Mputu est meilleur qu’Eto’o». La confiance est à son paroxysme, il manque juste quelques preuves à l’appui.     


Le groupe D

One, two, three… c’est le retour de l’Algérie. Les héritiers de Taoufik Makhloufi et Belloumi, finalistes en 2010 et deuxième dans le classement FIFA de la zone Afrique, rêvent de remporter leur deuxième coupe d’Afrique. Sofiane Feghouli, le Ballon d’Or algérien 2012 et une des pièces maîtresses de l’effectif valencien déclarait : «Gagner la Coupe d’Afrique des nations avec l’Algérie est mon plus grand rêve». Ryad Boudebouze et les Fennecs songent en toute prudence tandis que le peuple cède à l’euphorie. Comment ne pas espérer aller loin avec un tel effectif ?  Bien que le coach Vahid Hahilhodzic avoue avoir « des incertitudes sur la compétitivité de l’équipe », la qualité et le talent de la bande à Kadir est certain. Poussé par un milliard de supporters, le plus petit des canidés pourra même faire frémir les imposants pachydermes. « Des Eléphants plus prenables » à en croire Sami Trabelsi, le sélectionneur des Aigles de Carthage. L’heure est à la désacralisation, meilleure équipe d’Afrique ou pas la Côte d’Ivoire aura affaire à des prétendants décomplexés. La Tunisie du prometteur attaquant Youssef Msakni et du roc toulousain Aymen Abdennour jouera crânement sa chance dans ce groupe de la mort. La mitoyenneté entre l’adversité et l’équipe de Côté d’Ivoire n’est plus qu’une simple coïncidence. Lorsqu’on parle de groupe de la mort, les partenaires de Yaya Touré y sont pour quelque chose.

Leur statut de favori épinglé sur leur maillot orange à chaque compétition continentale, ne suffit guère pour décrocher le sacre final qui leur fuit depuis vingt ans. Sabri Lamouchi dispose de l’effectif le plus européen de la compétition, des individualités les plus cotées dans le milieu mais plus récemment d’un groupe arrivé à maturité. Le capitaine des Eléphants, Didier Drogba s’enthousiasmait : « Avant, il y avait plus d’individualités qui pouvaient faire la différence à tout moment. Aujourd’hui, nous avons une équipe, un état d’esprit qui est extraordinaire. » Quatorzième du classement mondial de la FIFA, la génération Didier Drogba pourrait enfin rentrer dans le patrimoine du football africain en tant que collectif. Ils affronteront l’Egypte en amical avant de croiser le fer avec les Eperviers du Togo lors de leur premier match à Rustenburg. Des togolais qui comptent frelater la hiérarchie préétablie. Jacques-Alaixys Romao affirmait «ne pas y aller en victime expiatoire» et qu’il comptait viser le plus haut possible. C’est ce qu’espère d’ailleurs tout le peuple Togo qui réclame à l’unisson la présence de la vedette nationale Emmanuel Adébayor, en palabre avec la fédération Togolaise de football. Une réelle affaire d’Etat puisque le président togolais, Faure Gnassingbé, aurait décidé de convoquer Emmanuel Adebayor à Lomé afin de le convaincre de disputer la CAN 2013 avec les Vert et Jaune. Outsiders, sans pression et avec Adé, le Togo ne va pas à la CAN «dans un cadre touristique mais pour travailler et faire honneur à notre pays» disait le président de la Fédération. Le groupe de Didier Six ne fait pas office de petite équipe dans ce groupe copieusement difficile.

Que les vuvuzelas harmonisent cette 29e édition de la Coupe d’Afrique des Nations !

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