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En février dernier, la Zambie s’adjugeait son premier titre de champion d’Afrique. Un triomphe aussi inattendu que rafraichissant.

Moment foot de l’année
Par Naïm Beneddra
Lauréat : La Zambie
Date : Le 12 février 2012
Lieu : Libreville (Gabon)
Description : Au bout d’un parcours héroïque, la sélection d’Hervé Renard est montée pour la première fois sur le toit du Continent, en disposant en finale de la CAN de la Côte d’Ivoire (0-0 a.p.t.b. 8-7).

Lorsqu’en 2010, Hervé Renard quittait Lusaka pour rallier Luanda, il ne se doutait certainement pas une seconde qu’une poignée d’années après, il allait retrouver la Zambie pour ensuite l’emmener vers le titre de champion d’Afrique. C’est pourtant, le destin qu’a connu ce technicien natif d’Aix-les-Bains. Pensant avoir fait le tour de la question avec les Chipolopolo, cet ancien joueur modeste de D1 française avait rejoint l’Angola avec comme ambition de franchir un palier. Mais, et à sa grande surprise, c’est avec l’équipe qui a fait sa renommée, la première qu’il ait eu à diriger sur le Continent Noir, qu’il a connu la gloire. Revenu dans le Sud-Est de l’Afrique, il a réussi à imiter certains de ses compères hexagonaux comme Claude Le Roy et Roger Lemerre, en s’adjugeant le si convoité trophée de la CAN.

Pour un coup d’essai, ce fut un coup de grâce

Les mauvaises langues ne manqueront certainement pas de souligner que plusieurs sélections de renom manquaient à l’appel à l’occasion de la dernière CAN et que, de fait, celle-ci n’était pas assez relevée, mais cela n’enlève en rien à la grandeur de l’exploit réussi par Renard et ses poulains. Ces derniers sont montés sur la plus haute marche du podium, chose que leurs illustres devanciers ont manqué de peu 18 ans auparavant en Tunisie (défaite en finale contre le Nigeria). Sans faire de bruit, mais avec beaucoup de conviction, ils ont franchi les étapes une par une, jusqu’à surmonter la plus redoutable d’entre elles qui avait pour nom la Côte d’Ivoire. A Libreville, le 12 février dernier, peu étaient ceux qui donnaient cher de la peau des Zambiens, en dépit notamment de leur succès en demi-finale contre le Ghana (1-0), mais ils ont réussi à aller au bout de leurs rêves en s’offrant le scalp des Eléphants. Au bout de 120 minutes de jeu sans but mais particulièrement intenses, ils faisaient chuter le grand ogre du Continent dans la fatidique épreuve des tirs au but.



Sous une pluie battante, il fallait voir la joie d’Hervé Renard lorsque Gervinho manquait le dernier essai de la séance pour comprendre à quel point l’ancien adjoint de Claude Le Roy était aux anges. D’habitude si calme et sobre, il n’hésitait pas à faire éclater sa joie et courir dans tous les sens, histoire de savourer pleinement ce moment. Un moment inédit, et c’est le cas de le dire. Depuis qu’elle a été affilée à la CAF, en 1964, la Zambie a, au mieux, atteint les places d’honneur, essuyant, par ailleurs, cinq éliminations au premier tour dans cette compétition lors des sept précédentes éditions. Alors, bien sûr, le scénario aurait certainement été tout autre si la star ivoirienne, Didier Drogba, avait transformé le pénalty qu’il a eu à frapper durant le temps réglementaire du match, mais on ne peut pas refaire l’histoire. Au contraire, en ce raté de l’ancien goleador de Chelsea, on peut plutôt y avoir un coup de pouce tangible du destin. Le sort a fini par sourire à la Zambie et ce n’est que justice pourront se dire les familles de ces internationaux qui avaient péri dans un tragique accident d’avion en 1993. Un accident survenu aux larges de…Libreville.

Que Mr Renard nous excuse, et il le fera certainement, mais les premiers honneurs de cette consécration reviennent avant tout à ses joueurs. Ce groupe de footballeurs, dépourvu de vedette, qui ont su bousculer les montagnes en faisant avant tout appel à leur solidarité collective. Guidés par Chris Katongo et Emmnauel Mayuka, respectivement meilleur joueur et meilleur buteur de cette CAN, les Chipolopolo ont déjoué les pronostiques dans des proportions inimaginables, d’autant plus qu’il s’agissait d’une compétition qui fait rarement la part belle aux « petits ». Les trois précédentes éditions avaient toutes été remportées par le puissant cador qu'est l’Egypte. En cette passation de pouvoir on peut donc y déceler une petite révolution qui a de quoi motiver tous les outsiders appelés à participer à la CAN 2013. Passés, cette fois, dans la peau du favori, la Zambie ne cédera cependant pas son trône facilement. Maintenant qu’elle sait que rien n’est impossible, elle nourrit même l’ambition de s’offrir un prestigieux doublé.  Et ce même si les miracles ne se produisent qu’une seule fois. N’est-ce pas Mr Renard ?

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