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Après la défaite concédée en Mozambique (2-0), dimanche, le sélectionneur belge du Maroc s’est retrouvé dans une position plus que précaire.

Depuis qu’il a entamé sa carrière de coach, en 1992, au RFC Liège, Eric Gerets a toujours, ou presque, quitté les différents clubs qu’il a dirigés par la grande porte. Le Lion de Rekem a été respecté partout et son passage à Marseille (2007-2009) est le meilleur des exemples. Mais, comme les habitudes sont faites pour être changées, il apprend depuis quelques semaines ce que c’est d’être un technicien critiqué, montré du doigt, voire même détesté par tout un peuple. C’est le lot de contraintes auquel il a droit du côté de Maroc, dont la sélection nationale est à sa charge. Et il n’est peut-être pas au bout de ses malheurs.

La presse marocaine ne l’épargne pas

Arraché à prix d’or à Al-Hilal il y a deux ans par la Fédération marocaine afin de remettre les Lions de l’Atlas sur la voie royale, Gerets ne semble rien maitriser depuis qu’il a déposé ses valises de l’autre côté de la Méditerranée. L’état de grâce a duré l’espace de quelques mois, le temps de glaner un succès historique sur l’Algérie (4-0), lequel n’était finalement qu’un feu de paille. Depuis cette victoire-là, soit un peu plus d’un an, le coach flamand voit son équipe accumuler les mauvaises performances sans qu’il soit en mesure de corriger quoi que ce soit. L’élimination dès le premier tour à la dernière Coupe d’Afrique des Nations a été suivie par une fâcheuse série de couacs, dont le plus alarmant est survenu ce dimanche à l’occasion du dernier tour préliminaire de la CAN 2013. A Maputo, ses poulains ont subi la loi du Mozambique (0-2), modeste 109e au classement FIFA.

Au fin fond du Continent Noir, Taarabt et consorts ont bu le calice jusqu’à la lie, mais ce matin c’est naturellement Gerets qui en a pris le plus pour son grade. Déjà sévèrement désigné à la vindicte avant cette sortie-là, il a été totalement laminé par la pesse locale. « Dégage ! » pouvait-on notamment lire à la une du quotidien As-Sabah, tandis que Al-Mountakhad lançait un message à l’égard des responsables de la Fédération : « Débarrassez-nous de lui ! ». Il n’est même pas la peine de lire entre les lignes pour comprendre que l’ancienne idole du Vélodrome est devenu persona non grata en terre marocaine et que ses jours comme sélectionneur sont plus que jamais comptés. Il n’est d’ailleurs même pas certain qu’il soit encore là le mois prochain pour le match retour de ces barrages.

Loué à Marseille pour ses résultats mais aussi pour son sens de management, Gerets n’a visiblement rien emporté avec lui pour ce séjour au Maghreb. S’il s’efforce en public à rester calme et à garder son optimisme, l’entraineur Belge ne peut nier la réalité et le fait que désormais il est tout seul dans ce combat. L’opinion publique est contre lui et à en croire ce qui se murmure, les joueurs l’auraient également lâché. Les Belhanda, Boussoufa, El-Arabi et autres auraient fait le choix de sacrifier une participation à la CAN pour le voir débarqué de ses fonctions. Cette thèse controversée est toujours compliqué à démontrer, mais, pour reprendre un célèbre proverbe, il n’y a pas de fumée sans feu. A moins d’un invraisemblable revirement de situation, Gerets est donc bien parti pour connaitre son premier grand échec comme coach.

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