thumbnail Bonjour,

Depuis que le Borussia est redevenu compétitif, la rivalité avec le Bayern a été ravivée, en même temps que les piques entre les deux clubs par presse interposée.

Par Daniel Buse & Enis Koylu

Le duel entre le Borussia Dortmund et le Bayern Munich, prévu en finale de la Ligue des Champions ce samedi, est la cinquième confrontation entre les deux formations en 2012/2013. Néanmoins, la bataille dans les coulisses a déjà débuté depuis plusieurs mois maintenant.

Il y a de cela seize ans, le BVB avait tenté de mettre fin à l'hégémonie nationale du Bayern et il en a été récompensé avec deux titres de Bundesliga de suite. Le club de la Ruhr a même réussi là où son ennemi juré a échoué et ce pendant 20 ans en matérialisant cette montée aux sommets par la conquête de la prestigieuse Ligue des Champions.
"Je m'en fous du Bayern - je n'ai plus aucune relation avec ce club"


Pour accéder au toit de l'Europe, Dortmund a su relancer bon nombre de joueurs chevronnés tels que Andreas Moller, Jurgen Koller ou encore Stefan Reuter, et ce tout en faisant venir quelques joueurs étrangers de qualité, à l'instar de Paulo Sousa, Julio Cesar et Marcio Amoroso. Le mélange a porté ses fruits et l'équipe, emmenée par l'excellent Ottmar Hitzfeld, a su traverser tous les écueils rencontrés dans son ascension.

Jusqu'à 2003, le plan en question a parfaitement fonctionné. Mais, petit à petit, le club est rentré dans le rang. La faute à une masse salariale devenue trop importante. Le trou financier était tel que les dirigeants ont été contraints d'emprunter la somme de 2M€ à leur rival bavarois. Une démarche qui a surpris dans la mesure où deux ans plus tôt, Michael Meier, le manager général, avait déclaré : "Le Borussia Dortmund est dans une bien meilleure santé financière que le Bayern". Des déclarations qui ont été donc vite décrédibilisées.

A cette période là, le BVB était au bord de la banqueroute et il n'a été sauvé de la faillite que grâce à cette aide du Bayern. Heureusement, les responsables du club ont su tirer les leçons nécessaires de cet épisode et ce en travaillant dur pour la suite afin d'assainir et améliorer leurs finances.

La rivalité entre Dortmund et le Bayern n'est pas seulement une opposition entre le Sud et l'Ouest d'Allemagne ou entre un géant et le petit poucet. C'est aussi un conflit d'ordre idéologique. Un concept qui a été pérénnisé par le président du FCB, Uli Hoeness, qui, en septembre 2012, s'était amusé à comparer les deux clubs.
"Dortmund est une affaire régionale - le Bayern est une multinationale"

“Dortmund est une affaire relativement régionale, tandis que le Bayern est un club multinational” s'est-il moqué. Bien sûr, la réplique a vite trouvé écho dans le camp rival. L'administrateur délégué du Borussia, un certain Hans-Joachim Watzke, avait rétorqué : “J'aurai aimé qu'on nous manifeste un peu de respect pour tout ce qu'on a réalisé ces dernières années. A l'évidence, c'est trop demandé".

Puis, quelques mois plus tard, l'“affaire régionale” a pris le pas sur la “multi-nationale" et ce à travers un reglement de compte sur le terrain. L'un des éléments clés de ce changement de rapport de forces fut Mats Hummels, un joueur qui a grandi à la Sabener Strasse, et qui a dit "qu'il s'en foutait” à propos de son ancien club, précisant avoir perdu “toute relation" avec eux.

Tandis que le Bayern est assurément à des années lumière devant le Borussia sur le plan financier, le BVB a tout de même remporté deux des trois derniers titres de champion d'Allemagne. Une mainmise qui s'est aussi vérifiée lors des confrontations directes ou les Jaune et Noir ont surpris tout le monde.

La victoire acquise en quart de finale de la DFB-Pokal (1-0) en février dernier a été tout simplement la première glanée par l'équipe de Heynckes depuis que Jurgen Klopp dirige le Borussia. C'est à dire depuis trois ans. Avant ce match là, l'ancien entraineur de Mayence avait toujours su déjouer les plans de ses rivaux et ce en pratiquant un football très séduisant. C'était le comble de l'humiliation pour une équipe telle que le Bayern.

“Le Bayern est comme une industrie chinoise – ils regardent ce que les autres font, les copient, puis font plus d'argent de la même façon” a-t-il osé lancer.


"Le Bayern est comme une industrie chinoise – ils regardent ce que les autres font, les copient, et font plus d'argent de la même façon"

- Jurgen Klopp

La comparaison avec la Chine était une sorte de tacle à ce qu'a dit Hoeness avec sa “multinationale”. Ce dernier n'a cependant pas manqué de répondre en confiant: “Si vous marchez dans les rues de Pékin et que vous demandez aux gens de nommer un club allemand, ils diront tous le Bayern et non Dortmund.”

Face à cette énième pique, Klopp a déclaré sobrement: “Je ne pense pas que les gens en Chine pensent immédiatement au Borussia Dortmund comme club de football. Je ne crois pas que ça soit important.”

On se demande quelle sera l'ambiance dans l'Extrême-Orient quand viendra l'heure de la finale de la Ligue des Champions. Le milieu du Bayern, Kevin Grosskreutz, estime que ça ne sera pas aussi chaud qu'à l'Allianz Arena. "C'est différent par rapport à l'atmosphère qu'il y a là-bas. Le Bayern a beaucoup de fans de victoire, comme je les appelle” a-t-il dit en 2012.

La présence de Grosskreutz à Wembley dépend en grande partie de la forme de Mario Gotze, le futur sociétaire du Bayern, et dont le transfert vers la Bavière a fait couler beaucoup d'encre ces derniers temps.  D'autant plus qu'il est survenu avant même l'épilogue de la saison.
"Si vous marchez dans les rues de Pékin et que vous demandez aux gens de nommer un club allemand, ils vous répondront tous le Bayern et non Dortmund"

“Pour Gotze, tout est légitime. Mais je n'ai pas forcément aimé la manière dont ça s'est produit” a déploré Watzke juste après l'officialisation du transfert, en faisant référence au fait que les Bavarois ont approché le joueur avant d'accepter de payer la clause libératoire de ce dernier. “Le Bayern continue de suivre et ce depuis longtemps la même politique pour obtenir les résultats et affaiblir ses rivaux fait partie de sa stratégie.”

Klopp, pour sa part, a été un peu abasourdi par ce transfert, mais il a quand même pris la peine de le commenter : “Quelqu'un ne veut pas qu'on soit un club à succès. Mais, on fera tout pour que cela n'arrive pas.”

De fait, pour le BVB, le match de samedi est un moyen de prendre sa revanche après le départ de Gotze. Pour le Bayern, il s'agira de réaffirmer sa domination sur l'Allemagne. “Nous sommes meilleurs qu'eux. Mais il est difficile de le dire lorsqu'on perd 5-2” avait reconnu Philipp Lahm après la défaite en finale de la précédente Coupe d'Allemagne.

Le Bayern continue, par ailleurs, d'irriter Klopp, qui a récemment “parié son cul” que les dirigeants munichois ont demandé l'aide de leur futur coach Pep Guardiola lorsqu'ils sont tombés sur Barcelone en demi-finale de la Ligue des Champions. Ce à quoi Karl-Heinz Rummenigge a répondu: “Le cul de Klopp va finir dans notre musée.”

Une chose est sûr c'est que quoi qu'il se passe samedi, la guerre des mots entre les deux clubs n'est encore pas prête de s'achever.

Relatifs

From the web